2011 une année de plus ou une année de moins ?

04-01-2011  LIBRE
L'année 2011 sera-t-elle aussi difficile que celle de 2010 ? Les associations encore une fois seront en première ligne. Est-ce une solution durable ? Faisons un rêve. Dépassons nos différences pour commencer cette nouvelle année avec une idée fixe, l'indignation. Selon le dictionnaire : colère provoquée par une action injuste, de ce qui n'est pas digne...

La dette des Etats : le mot clé de 2011
L'Irlande et ses 4.5 millions d'habitants devront rembourser 85 milliards d'euros aux banques prêteuses pour "payer la crise", qu'elles ont pour la plupart d'entre elles, provoquée. Osons une comparaison. En France, les déficits cumulés pour équilibrer les budgets de la retraite et de la sécu sont de 31 milliards en 2010. 31 milliards pour 60 millions d'habitants. Comment les Irlandais vont-ils s'y prendre pour rembourser ?

A nos calculettes :
- Irlande : 85 milliards divisés par 4,5 millions d'habitants = 18 889 euros à rembourser par habitant.
- France : 31 milliards divisés par 60 millions d'habitants = 517 euros à rembourser par habitant.

Selon que vous serez une banque ou un citoyen, ce qui est possible devient impossible... Une seule solution pour l'Irlande : faire comme l'Argentine qui a refusé le diktat de la dette.

Et pour la France ? Refuser que l'on stigmatise les assurés, les fonctionnaires, les salariés, les retraités, les jeunes... pour 517 malheureux euros par tête de pipe ! On se moque de qui avec la note triple A : des andouillettes ???

Indignez-vous !
D'origine juive, Stéphane Hessel est né à Berlin en 1917. Arrêté par la Gestapo pour ses activités dans la Résistance, il a été déporté à Buchenwald. Après la guerre, il a occupé divers postes diplomatiques. Il a été le co-rédacteur de la Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée par l'ONU en 1948 et ambassadeur de France en Israël.

C'est un grand esprit, subtil et modeste, un homme de culture, engagé pour les droits des palestiniens et pour la paix, tout en respectant la légitimité d'Israël. Cet homme de 93 ans a écrit un petit livre de 28 pages "Indignez-vous(1)" qui connait un étonnant succès de librairie, sans pub, sans télé, sans plan média. Est-ce un signe ?

Délocaliser pour entrer de plein pied dans la mondialisation
Délocalisons donc. Commençons par les diverses organisations internationales. Rêvons un peu... Le siège de l'ONU au Burkina Faso, celui de l'UNICEF en Inde, celui de l'UNESCO au Guatemala, celui du FMI à Madagascar...

Et puis, poursuivons avec la France. L'ENA à Bobigny, l'Elysée à Trappes, la HALDE à Montfermeil et la chambre des députés à Pau.

Je trouve que ces délocalisations auraient au moins le mérite de rapprocher toutes ces organisations des problèmes sur lesquels elles travaillent...

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?
Entendu sur France Inter un reportage sur le samu social et le DAL. Un couple, ils travaillent tous les 2 (1450 euros par mois à eux deux...), ils ne possèdent pas de logement. Ils courent tous les soirs avec 2 enfants après le 115 afin de savoir où dormir.. Enfants scolarisés, habillés très correctement, ultime façon de tenir dignement la tête hors de l'eau. A 22 heures, heure où les enfants d'habitude doivent dormir, on leur trouve une chambre d'hôtel très éloignée du lieu de travail et de l'école et pour une seule nuit. Cela se passe en France en 2010. Et en 2011 ?

Pour en finir avec les Restos du Coeur...
Ne vous méprenez pas, je respecte infiniment le travail des bénévoles de cette association hors du commun. Donner aux Restos du Coeur est un formidable élan de générosité et en même temps une nécessité absolue. Elan louable, respectable mais... regrettable.

Donner ne peut plus suffire aujourd'hui. Palier à l'urgence, oui. La péréniser, non !

Chômage, baisse du pouvoir d'achat, précarité, incertitude du lendemain, surendettement, hausse des loyers, consumérisme, inégalité, pauvreté, exclusion sont autant de faits et de réalités qui ont amené Coluche, il y a 25 ans, à lancer les Restos du Coeur, mais avec l'idée toujours clairement exprimée que les politiques devaient par la suite et très vite prendre le relais. Il s'agissait pour lui, avec la création des Restos du Coeur, de faire honte aux politiques.

25 ans après : il y a encore plus de pauvres, plus d'exclus, plus de laissés pour compte avec des ridicules SMIC ou RSA.

Car l'immense majorité des gens qui ont besoin aujourd'hui des Restos du Coeur sont des travailleurs pauvres. Donner aux Restos du Coeur, c'est encourager l'inacceptable : ne plus pouvoir vivre de son travail !

Donner aux Restos du coeur, c'est accepter que l'Etat se désengage de son rôle de répartiteur, de redistributeur, de régulateur. Rôle que le Conseil National de la Résistance avait défendu en 1945 au nom d'une république rassemblée sur 3 mots : Liberté, Egalité, Fraternité.

En 2011, que reste-t-il de ce programme ambitieux ? Combien de temps encore, allons nous accepter le "détricotage" systématique de ce que nos grands-parents ont gagné avec le sang et les larmes ?

En 1940, un certain Stéphane Hessel s'indignait déjà. On ne peut pas continuer à ne pas regarder, à ne pas entendre, à ne pas comprendre... Indignons-nous !

En savoir plus
(1) Indignez-vous ! de Stéphane Hessel chez Indigène Edition - 3 euros.
Le site de l'éditeur



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