36 rue Botzaris

28-06-2011  LIBRE
Nous avons reçu de la part de deux associations, un témoignage intéressant sur une situation qui ne l'est pas moins. La rue Botzaris se trouve dans le 19ème arrondissement de Paris. Rue sans histoire particulière. Elle est ouverte en 1862 sous le nom de Vera-Cruz. Depuis 1880, elle porte le nom de Markos Botzaris héros de l'indépendance grecque mort en 1823. Le tronçon septentrional de la rue longe le réservoir du parc des Buttes-Chaumont, édifié par Diet en 1887, et qui contient 8 800 mètres cubes d'eau du canal de l'Ourcq.

Au numéro 36 de cette rue se trouvait officiellement un centre culturel Tunisien, propriété de l'Etat tunisien. En fait, cette adresse abritait le siège français du RCD, parti de l'ancien Président tunisien Ben Ali. Occupé depuis le 31 mai par une centaine de réfugiés tunisiens passés par Lampedusa, le lieu a été vidé de ses occupants par la police le 16 juin 2011.

Simple mesure ordinaire, comme à chaque occupation illégale de locaux par des squatters. Jusqu'à là, rien à dire.

Or il se trouve, comme souvent, que la situation se révèle beaucoup plus complexe que ne le laissent penser les médias.

Au 36 rue Botzaris, les occupants ont trouvé sur place, une masse colossale de documents potentiellement compromettants : fiches politiques, fichiers de journalistes, beaucoup de photos, des relevés de banques, des documents, factures au nom du RCD, mais aussi des chèques, des articles, des listes de journalistes opposés au régime de Ben Ali, les membres du RCD classés par région française et beaucoup de noms de politiques français.

Voici le calendrier précis des faits depuis le 7 juin 2011
- D'abord il y a eu une expulsion à la demande de l'ambassade le 7 juin, mais le soir même les réfugiés réintégraient les locaux.

- Le 14 juin, deux associations, Sherpa et Transparence International déposent plainte.

- Le 15 juin des archives du RCD entreposées au 36 rue Botzaris ont disparues (environ un tiers), déplacées vers un endroit tenu secret.

- Le 16 juin à la première heure, les réfugiés sont expulsés du 36 rue de Botzaris par la police.

- Le 17 juin, la justice française ouvre une information judiciaire contre X pour "blanchiment en bande organisée", plainte visant Ben Ali (à la suite de la plainte du 14 juin).

- Le 17 juin également, l'ambassade de Tunisie a annexé le bâtiment, coupant ainsi la voie à toute mesure d'instruction judiciaire française. D'après nos informations, le juge d'instruction avait l'intention de venir perquisitionner rue Botzaris dans le cadre de son enquête. Le 17 au soir, les locaux ne peuvent plus être perquisitionnés du fait du placement des lieux en extra-territorialité…

A cet enchaînement troublant d'événements, ajoutons la présence à Paris de Monsieur Habib Essid, nouveau ministre de l'Intérieur tunisien, le 15 juin la veille de l'expulsion des réfugiés. Il ne semble pas que cette visite ait été planifiée de longue date... Aujourd'hui c'est une société privée mandatée par l'ambassade de Tunisie, soit le représentant en France du gouvernement de transition tunisien, qui surveille les locaux.

Maintenant il faut assumer la partie humanitaire de ce dossier, c'est à dire s'occuper en priorité des tunisiens expulsés du 36 rue Botzaris.

En savoir plus
Vous trouverez ci-dessous, le récit précis avec vidéos et photos d'un témoin qui s'est retrouvé au beau milieu d'une histoire que le dépasse...
Cliquez-ici

Une soirée presque ordinaire au 36 rue Botzaris, Paris

Réaction de Roger Madec, Maire du 19e arrondissement (Communiqué de presse du 21 juin 2011)
L'intervention (comprendre l'expulsion NLDR) s'est effectuée à la demande de l'Ambassade de Tunisie, qui a saisi la Préfecture de Police de Paris au motif de dégradation des locaux. Il semble cependant que les dégradations n'étaient que légères.

Il est regrettable que les migrants aient été expulsés à la demande de leur propre ambassade, et pour un motif aussi minime. Ils auraient dû pouvoir trouver refuge dans des locaux appartenant à leur Etat. Il est donc certain que ce traitement sur le territoire français de migrants ayant fui leur pays suite à la révolution n'est pas acceptable.

La priorité doit aller à une solution de long terme pour ces migrants qui ne trouvent nul appui auprès de leur Ambassade, et une étude des situations individuelles s'impose.




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