9 millions de pauvres et moi et moi et moi

12-12-2016 SOCIETE LIBRE
9 millions de personnes, dont 3 millions d'enfants, vivent dans la pauvreté en France. Etre pauvre chez nous, c'est vivre avec moins de 840 euros par mois. On peut bien sûr avoir un travail et être pauvre. C'est même ce qui est affolant dans les statistiques : l'augmentation du nombre de travailleurs pauvres avec un emploi précaire à temps partiel. Cette situation dure depuis plus de 20 ans. C'est même la date anniversaire des Restos du coeur.

Ils avaient lancé leur première campagne le 21 décembre 1985. 60 000 repas furent distribués dans quelques lieux en France dont une tente plantée dans un terrain vague du XIXème arrondissement. 20 ans plus tard, ce sont 132 millions de repas servis sur 2112 antennes à travers la France.

Et s'il n'y avait que les Restos... Mais il faut rajouter à ce décompte de la charité les 84 banques alimentaires, le réseau ANDES des épiceries sociales et solidaires, le Secours populaire, le Secours catholique, la Croix Rouge, etc. 9 millions de pauvres...

La charité est donc une industrie d'avenir. Dommage qu'elle ne repose que sur le bénévolat, cela donnerait du travail... Logiquement, une situation pareille devrait ulcérer les gouvernants, travailler les consciences, torturer même les plus rétifs, mobiliser toute l'intelligentsia, nous faire tous descendre dans la rue en hurlant... Ben pas du tout.

Quel candidat à l'élection présidentielle de 2017 en parle ? Vous avez un nom ? Lors des primaires de la droite, c'était à celui qui allait augmenter le plus la TVA (l'impôt le plus injuste), virer le plus grand nombre de fonctionnaires possible, arrêter l'ISF, augmenter l'âge de partir à la retraite, et travailler plus pour gagner moins, c'est même celui-là qui a gagné, c'est vous dire.

Et à gauche ? Rien non plus. "Les pauvres ont faim et les riches ont de l'appétit" pourrait dire Macron, le révolutionnaire à l'envers. La gauche représentée par Macron et Valls... Ces deux jumeaux de l'embrouille qui pensent fermement qu'il faut permettre aux privilégiés de l'être un peu plus ce qui diminuerait la pauvreté par effet de ruissellement.

Il y a 9 millions de pauvres en France parce que notre pays a fait des choix économiques. Appliquer depuis 1983 (et le célèbre tournant de la rigueur) une politique d'austérité, puis celle du franc fort pour préparer l'arrivée de l'euro puis enfin celle de l'Europe pour respecter des critères de "convergence" a conduit nos gouvernants à mener une seule et même politique à la virgule près.

Politique qui consiste à raboter les investissements publics, à soigner les actionnaires au détriment de la production, à laisser les banques spéculer à tout-va, à asphyxier les petites entreprises, à liquider le budget de la recherche et au bout du compte à creuser deux gouffres sans fond : celui de la dette et celui du chômage.

Et les rares qui s'aventurent sur le chemin de la contestation de cette politique de la débâcle annoncée, sont aussitôt traités de "populistes" par une police de la pensée qui protège les marchands du temple à grands coups de matraques idéologiques.

Mieux répartir la richesse ? Populiste ! Frapper les hauts salaires et les dividendes afin de les faire participer à l'effort collectif ? Populiste ! Lutter contre les délocalisations ? Populiste ! Jouer la carte d'un certain protectionnisme comme le font les américains et les chinois ? Populiste ! Ainsi, cette police de la "pensée juste" pousse dans le même panier le Front National et la France insoumise, histoire d'anticiper un deuxième tour et de pousser le bon peuple à faire le bon choix.

Victor Hugo, à la fin de sa vie, avait écrit une phrase qui devrait être gravée sur le fronton de tous nos monuments : "Il y a charité quand on a pas réussi à imposer la justice". Bien avant lui, Montesquieu en rédigeant l'Esprit des lois, proposait en exergue cette phrase : "Une chose n'est pas juste parce qu'elle est loi. Mais elle doit être loi parce qu'elle est juste." Enfin, l'essayiste Joseph Joubert avait conclu un article par : "Il y a des indulgences qui sont un déni de justice". C'était en mai 1789. Il écoutait au café Le Procope une noblesse ne vouloir rien lâcher...



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