Attention danger : la casse des instituts universitaires de technologie

22-03-2011  LIBRE
Nous avons reçu beaucoup de courrier après la parution, le 15 mars 2011, de notre article : Economies nécessaires ou casse idéologique du service public de l'éducation. Nous ne pensions pas qu'il pouvait susciter autant de réactions... positives. Pour nous, la casse systématique du service public entraîne des répercutions dramatiques dans toutes les couches de la société, et bientôt sur le terrain, il n'y aura plus que les associations pour ramasser les blessés d'une politique économique qui a pourtant montré ses limites lors de la dernière crise de 2008.

Pour poursuivre le débat, nous publions aujourd'hui un article qui démontre comment la privatisation rampante de l'éducation nationale est bien l'objectif final de la loi LRU.

La loi LRU : l'art de privatiser sans le dire (1)
Comment privatiser sans le dire ? C'est simple. Sous le pretexte d'amélioration du service public, vous restructurez tout ce qui fonctionne bien (sans toucher à ce qui pose problème), et vous répartissez les financements de cette nouvelle usine à gaz entre différents services qui n'ont pas vocation à travailler ensemble, tout cela dans une "saine" mise en concurrence qui n'a pas d'autre objet que d'empêcher toute dynamique. Devant les résultats attendus, il est alors facile d'ouvrir le marché au privé arguant avec raison, que décidément, ce n'est pas à l'Etat d'assurer ce que le privé, de toute évidence sait mieux faire...

Connaissez-vous les IUT ?
En France, un institut universitaire de technologie (IUT) est un institut interne d'une université qui, selon le décret du 12 novembre 1984, dispense en formation initiale et continue un enseignement supérieur destiné à préparer aux fonctions d'encadrement technique et professionnel dans certains secteurs de la production, de la recherche appliquée et des services. Les instituts universitaires de technologie ont été créés en 1966 en application de la première tranche du plan Fouchet. Il existe 116 IUT sur tout le territoire français.

La vocation première des IUT est de préparer en 2 ans les étudiants au diplôme universitaire de technologie
Les IUT proposent également la préparation de licence professionnelles ou, pour un petit nombre d'entre eux, de masters professionnels. Ils offrent aussi la possibilité de poursuivre des études longues (Ecoles de Commerce ou d'Ingénieurs, licences générales, IUP, classes préparatoires ATS...). En effet, la poursuite d'études après les DUT est de plus en plus encouragée depuis la réforme LMD, qui a conduit à mettre en place des filières différenciées au sein de la deuxième année à l'IUT.

Selon l'enquête nationale de 2004, 68% ont poursuivi leurs études après leur DUT. Selon un sondage IFOP de décembre 2005, les IUT sont perçus comme la deuxième meilleure voie de formation professionnelle pour les jeunes, derrière les écoles de commerce ou d'ingénieur. Les détenteurs de DUT peuvent d'ailleurs se présenter aux concours des grandes écoles de commerce et d'ingénieurs, dans lesquelles des places leur sont généralement réservées.

Logique : les IUT sont confrontés à de très sérieuses difficultés budgétaire
Depuis l'application de la loi LRU, les directeurs et présidents de conseils d'instituts universitaires de technologies sont confrontés à de très sérieuses difficultés budgétaire qui cassent la dynamique fondée sur l'autonomie financière dont ils bénéficiaient jusqu'à lors.

En effet, au sein de nombreuses universités, les représentants des IUT dénoncent une dégradation des conditions de fonctionnement des IUT et de travail de leurs personnels (paiement des heures supplémentaires, recrutement de personnels).

Aussi, la réduction de dotation pour 2011, contraire à tous les engagements pris par le ministère, ne permettrait pas aux IUT de réaliser les enseignements prévus jusqu'à la fin de l'année universitaire. Cela remettrait donc en question l'existence même de certaines formations l'année suivante.

En outre, les présidents et directeurs dénoncent l'absence de prise en compte des IUT dans les projets d'établissement proposés pour les dix prochaines années par les universités.

Réponse du ministère publiée au JO le : 01/03/2011 (2)
La ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche a réaffirmé à de nombreuses reprises la spécificité des IUT et le rôle majeur que jouent ces instituts dans la stratégie des universités, particulièrement en ce qui concerne la professionnalisation des formations et la réussite des étudiants.

Les règles qui doivent présider à la bonne intégration des IUT au sein des universités ont été rappelées à plusieurs reprises.

Ainsi, la circulaire ministérielle du 20 mars 2009 s'est attachée à préciser les principes qui régissent les composantes relevant de l'article L. 713-9 du code de l'éducation et à organiser les relations entre les universités et leurs IUT.

La ministre a également demandé que des contrats d'objectifs et de moyens soient signés entre les différentes parties afin de fixer des références communes permettant un véritable dialogue de gestion dans le cadre d'une stratégie d'établissement.

Un comité de suivi des relations université-IUT associant la direction générale pour l'enseignement supérieur et l'insertion professionnelle (DGESIP), la conférence des présidents d'université (CPU), l'assemblée des directeurs d'IUT (ADIUT) et l'Union nationale des présidents d'IUT (UNPIUT) a été mis en place afin de suivre l'évolution des relations entre les universités et les IUT.

Par ailleurs, afin d'éviter d'éventuelles interprétations divergentes dans la mise en oeuvre de la note budgétaire M 9-3, une circulaire complémentaire a été adressée récemment aux présidents d'université et aux directeurs d'IUT, sous couvert des recteurs d'académie.

À ce titre, une réunion de travail a été organisée à la DGESIP avec les directeurs généraux des services et les agents comptables des universités ayant un IUT afin de leur rappeler les règles applicables au budget de cette composante.

Enfin, il a été demandé aux recteurs d'académie, chanceliers des universités, d'intervenir lorsque des situations de blocage étaient constatées.

C'est dans ce contexte que le recteur de l'académie de Toulouse a organisé deux réunions associant, en présence d'un représentant de la DGESIP, l'université Paul-Sabatier et les directeurs des deux IUT (Tarbes et Toulouse-III) qui lui sont rattachés.

Ces réunions ont permis de restaurer le dialogue entre l'université et ses deux IUT et de procéder à des réajustements budgétaires en faveur des deux instituts, qui ont eux-mêmes accepté de reporter des programmes d'investissement afin de marquer leur solidarité vis-à-vis des problèmes budgétaires de l'université.

En savoir plus
www.iut.fr

(1) La loi relative aux libertés et responsabilités des universités poursuit trois objectifs :
1. rendre l'université attractive,
2. sortir de la paralysie de la gouvernance actuelle,
3. rendre la recherche universitaire visible à l'échelle internationale.

Le premier de ces objectifs est mis en relation avec le taux d'échec en premier cycle, le nombre de sorties sans qualification, et le temps de recherche d'emploi après l'obtention d'un diplôme. Le deuxième avec le rôle de médiation précédemment dévolu aux présidents d'université. Le troisième avec les positions des établissements français dans les classements internationaux, comme le très controversé classement de Shangaï.
On achève bien les chevaux - Lettrasso du 14-04-2009

(2) Question posée par Mme Martine Martinel à Mme la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.

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