Nous vous souhaitons une bonne année 2018

Veille en cours ......

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent

22-12-2014 SOCIETE LIBRE
Elle a 23 ans, est en cinquième année de droit pénal et elle entend devenir avocate. Qui est-elle ? Elle se nomme Mathilde Robert. C'est la présidente en exercice de l'association le Genepi. Cette association a été créée en 1976 par Lionel Stoléru, alors ministre de Valéry Giscard-d'Estaing.

A l'origine, des jeunes gens de bonnes familles, un peu boy-scouts, un peu "chrétiens de gauche" venaient dans les prisons visiter les malheureux détenus. Aujourd'hui, cette association a changé en profondeur, fini le temps des "gentils jeunes gens bien élevés", place à une vision infiniment plus politique de leur mission.

Nous vous livrons, ci-dessous, le remarquable discours que sa présidente a prononcé le samedi 6 décembre 2014 dans les locaux de l'Ecole polytechnique, à Palaiseau. Un discours de choc, sans concession, à la fois adulte et radical.

Nous vous l'offrons comme un conte de Noël. Cette jeunesse qui se tend la main des deux côtés des murs...

Bonjour à toutes et tous,

Je tiens en premier lieu à adresser de sincères remerciements à l'ensemble de l'équipe des permanents, salariés et administrateurs du Genepi, sans les efforts de qui cette journée n'aurait pas pu voir le jour. Parmi eux, le travail d'Aurélie Dutour et d'Olivier Striffler est particulièrement remarquable.

Madame la Ministre (Christiane Taubira ministre de la justice NLDR), merci d'avoir cette année encore répondu positivement à notre invitation. M. l'Ingénieur général, merci de nous accueillir cette année encore à l'École Polytechnique. [.. / ..]

La Journée prison-justice, c'est aussi la cinquantaine d'intervenants qui ont accepté de se joindre à nous pour cette journée d'échanges et de réflexion. Merci à eux de venir partager avec nous leurs connaissances et leurs expériences des questions carcérales. Je vous remercie enfin, vous, les quelques 700 Génépistes qui vous êtes déplacés de toute la France pour nous rejoindre aujourd'hui.

Une forme de pèlerinage répété chaque année depuis 1981, et dont la magie l'excitation se renouvellent toujours.

Que reste-t-il du Genepi ?

L'association a fêté cette année ses 38 ans. Elle a, depuis sa création, profondément évolué, et certains, de l'extérieur, nous disent qu'ils ont du mal à la reconnaître. Alors, par delà les années, que reste-t-il du Genepi ?

Les militants du Genepi sont mus par une idée commune : on ne peut laisser enfermer des concitoyens trop loin du reste de la société. C'est pourquoi depuis 1976, ils franchissent les portes des institutions carcérales pour y faire entrer un regard critique. Un regard que beaucoup préfèrent pourtant détourner de ces lieux terribles. Une démarche inédite, donc, qui a immédiatement conféré un caractère politique à notre action.

Celui-ci s'est rapidement exprimé par la critique publique, énoncée en 1981, après cinq ans d'existence de l'association, à l'occasion de l'adoption de la loi dite « Sécurité et Liberté », de l'hypocrisie des politiques publiques de réinsertion. C'était en la matière le début d'une longue histoire. En 2011, le Genepi a changé d'objet social, abandonnant alors la « collaboration à l'effort public en faveur de la réinsertion ». Cette reconfiguration des buts assignés à l'association et de sa philosophie n'est pas un mouvement d'humeur, c'est au contraire le fruit d'une longue réflexion et d'une prise de conscience du milieu spécifique dans lequel nous évoluons : la prison.

De la prison à l'usine

Au fil des années, le vocable de « réinsertion » est devenu de plus en plus problématique, car à nos yeux de plus en plus vidé de son sens. D'une notion englobant pour nous l'ensemble des aspects de la vie en société, on ne retrouve plus dans les politiques publiques qu'une obsession pour le travail, le logement. On oublie l'humain, le citoyen, pour ne plus qu'entr'apercevoir l'agent économique. De la prison à l'usine, en somme.

La réinsertion apparaît également aujourd'hui comme profondément normalisatrice : le dispositif pénitentiaire cherche à faire intégrer, bon gré mal gré, les référentiels sociaux et moraux de la société aux personnes qu'il a sous sa garde. Un processus de formatage infantilisant, et non une démarche d'émancipation de la personne. L'ambition pénitentiaire est donc, en sus de la punition, la fabrique de corps « dociles et utiles », selon l'expression de Michel Foucault. En 2011, le Genepi a estimé que ce n'était pas un mouvement auquel il souhaitait participer. Nous écrivions alors « Le Genepi ne peut se considérer comme collaborateur d'un effort public dont il désapprouve les orientations fondamentales ».

M. Jean-Marie Delarue, alors Contrôleur général des lieux de privation de liberté, définissait la réinsertion comme le fait de mener une vie responsable, c'est-à-dire celle qui consiste à décider soi-même des orientations qu'on entend donner à son existence, et des modalités pour y parvenir. C'est une perspective dans laquelle nous nous reconnaissons, et c'est dans ce sens que souhaitons inscrire nos actions. Le nouvel objet social de l'association, nous l'avons nommé « décloisonnement des institutions carcérales ». Derrière ce terme, il y a la volonté de redonner aux personnes privées de liberté leur pleine place dans la vie collective. Alors que leur parole est déconsidérée, et leurs avis dédaignés, le Genepi réaffirme l'importance du dialogue constant de la collectivité avec ceux qui la rejoindront bientôt ou même un peu plus tard.

L'idée ridicule d'un Genepiste missionnaire

Nous avons constaté que les personnes détenues ont déjà souvent bien plus appris de la vie, et de la société dans laquelle nous vivons que nous en savons nous-mêmes. Dès lors, l'idée d'un Genepiste missionnaire apportant le savoir aux âmes déshéritées semble bien ridicule. Il est regrettable que certains continuent pourtant à nous inscrire dans cette perspective dépassée. Les ateliers du Genepi menés en détention sont des lieux de circulation du savoir, formation mutuelle et réciproque de l'ensemble des participants.

Cette prise de conscience, explique le dernier mouvement de transformation du Genepi, à savoir l'abandon, lors de l'AG dernière, de l'appellation du « Groupement étudiant national d'enseignement aux personnes incarcérées », pour ne plus conserver que celle de « Genepi ». Ce vocable d' « enseignement aux personnes incarcérées » ne nous semblait en effet ne plus correspondre à l'horizontalité que nous souhaitons dans les rapports établis en détention.

Alors, à ceux qui nous ont déclaré que le Genepi se « fourvoyait », qu'il « tournait le dos à sa grandeur », nous répondons que ces évolutions sont au contraire un témoin de bonne santé intellectuelle et de vigueur politique de l'association, et que nous nous en réjouissons. Ce renouvellement récent du Genepi est le signe d'une réflexion permanente sur nos buts et les moyens d'y parvenir. La continuité du Genepi se trouve dans le refus répété depuis 1976 du désintérêt collectif pour la chose carcérale. La société regarde avec une défiance mêlée de dégoût ces parias passés par la prison. Et pourtant, comme le rappelait la dernière campagne de l'Observatoire international des prisons : « Ils sont nous ».

Bac +5 et Fleury-Merogis +5

Beaucoup saluent la jeunesse des militants de notre association. Ils sont moins nombreux à s'attendrir de la jeunesse des personnes incarcérées. 45% d'entre elles ont moins de 30 ans, et 75 % moins de 40. D'un côté et de l'autre des barreaux, il s'agit pourtant d'une même génération, du même avenir en promesse. Et nous refusons d'être perçus comme deux faces de la jeunesse que l'on opposerait, l'une bonne élève, sage, policée et citoyenne, et l'autre méprisante de la loi, antisociale. Une telle opposition, qui se baserait sur le mérite respectif de celui qui achève son bac +5 et de celui qui entame son Fleury-Merogis +5, procède d'une vision parcellaire de la réalité, d'un aveuglement coupable.

Coupable, il faut l'être, car à tours de bras et sans complexe, la France incarcère les éléments les plus vulnérables de sa population. Tout le monde peut aller en prison, ou enfin presque. A une délinquance souvent déjà dictée par les conditions socio-économiques, il faut en effet rajouter une gestion différentielle de la délinquance selon la catégorie sociale des personnes qui se mettent en difficulté avec la loi. « L'amende est bourgeoise et petite-bourgeoise, l'emprisonnement avec sursis est populaire, l'emprisonnement ferme est sous-prolétarien », constate Bruno Aubusson de Cavarlay, cité par Loic Waquant dans les Prisons de la misère. Le résultat de ces deux biais cumulés, c'est la surreprésentation des franges laborieuses de la population au sein des personnes détenues. Cela s'appelle une justice de classe.

Pour des collectifs de détenus

Il n'est pas question ici de misérabilisme, car chacun reste en dernier lieu libre des choix qu'il effectue, et libre de s'astreindre des déterminismes. Nous sommes simplement conscients qu'au delà des responsabilités et choix individuels, nous ne sommes pas tous nés sous la même étoile. Ainsi, on loue régulièrement l'engagement des jeunes. Des jeunes comme nous. Citoyens. Militants. Désireux de changer la société. Un brin idéalistes, souvent fougueux, un peu rebelles. Vous même, Madame la Ministre, vous nous félicitiez l'an dernier en ces lieux de notre « impatience », de notre intransigeance.

Cette impatience et cette intransigeance sont pourtant perçues différemment dès lors que celui qui les exprime est incarcéré – et sont alors sévèrement réprimées. Nous l'avons dit, nous ne concevons la réinsertion que comme une participation pleine et active à la vie publique et collective de la société. Il convient donc, si la prison doit réinsérer, de s'interroger sur l'état des libertés politiques derrière les murs.

La voix de nos concitoyens incarcérés devrait être aussi audible que celle de ceux de l'extérieur, et notamment dans les débats qui les concernent directement. Faire société, cela passe parle développement de conscience d'appartenance à la collectivité. Le Genepi revendique donc la possibilité pour les personnes privées de liberté, mais non de leurs droits sociaux, de s'ériger en collectif, par le biais de modalités satisfaisantes d'expression collective (ce que le décret d'application de l'article 29 [de la loi pénitentiaire de 2009] n'est pas), et par l'entrée en détention de la liberté d'association.

« Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ». Dans l'univers carcéral, les vers de Victor Hugo prennent leur pleine mesure. Au sein de ce dispositif, chaque jour, lutter pour rester fier, digne, homme. Cette réalité de la prison comme zone de non-droit, et notamment de non-droit politique, elle est notre fait à tous, en tant que société. Elle est le fruit de la construction minutieuse d'une image monstrueuse des personnes incarcérées, dont les pulsions prédites violentes doivent impérativement être réprimées. Elle est le fait de décennies de politiques sécuritaires contre lesquelles trop peu de gens se sont élevés, d'un monde pénitentiaire délaissé du débat public.

Madame la Ministre, votre prise de poste a cependant marqué une rupture dans ce discours sécuritaire, et le Genepi l'a salué. C'est la troisième Journée prison-justice à laquelle vous nous faites l'honneur de participer, et nous tenons à vous remercier de l'empressement avec lequel vous répondez toujours aux sollicitations d'échange et de discussion que vous adresse la société civile. Vous êtes comme toujours ici accueillie avec chaleur, un signe de votre image inoxydable de défenseuse des droits et libertés dans le paysage politique actuel.

Les timides avancées de la réforme pénale

Le 1er octobre dernier, la réforme pénale, fruit de deux ans d'efforts, est entrée en vigueur. Les timides avancées qu'elle contient ne répondent pas pleinement aux espoirs que nous y placions, et ne permettent pas d'y voir ce rendez-vous attendu des forces progressistes et de la politique pénale. Personne ici ne remet en cause l'énergie et la conviction que vous avez pourtant mis dans cette entreprise, et nous le savons, ce résultat en demi-teinte ne vous est principalement pas imputable. Alors plutôt que de répéter ici ces nombreux regrets, que d'autres ont déjà longuement exprimé avant nous, nous souhaitons aujourd'hui, à mi-mandat, nous intéresser aux projets futurs en matière de politique pénale et pénitentiaire, et j'aurais à ce titre deux questions à vous adresser au nom du Genepi.

La première concerne les laissés pour compte de la réforme pénale :
celle-ci concernait les courtes peines, la délinquance du quotidien – la plus nombreuse il est vrai. Si l'abolition de la peine de mort a marqué un indéniable progrès, elle s'est aussi accompagnée d'un contrecoup terrible : l'extrême allongement des peines de privatives de liberté. Cette abolition, elle signifiait que tout homme, en dépit de ce qu'il a pu commettre, a justement vocation à retrouver cette liberté. Dans cette perspective, quel est le sens d'enfermer un homme quinze, vingt, trente ans ? Comment espérer qu'un jour, à l'issue de cette période, il puisse retrouver sa place apaisée au sein de la société ? Ces longues peines, certains les nomment « peine de mort sociale », car elle traduisent une vocation principalement éliminatrice de la prison, et réduisent à néant la vocation ré-intégratrice.

Crever à petit feu

Le 16 janvier 2006, dix « longues peines » de Clairvaux rédigeaient l'appel suivant : « Nous, les emmurés vivants à perpétuité du centre pénitentiaire le plus sécuritaire de France, nous en appelons au rétablissement effectif de la peine de mort pour nous. Nous préférons encore en finir une bonne fois pour toutes que de nous voir crever à petit feu ». Cet écrit glaçant doit nous rappeler l'urgence de se saisir de cette question. Vous y êtes attendue.

Notre seconde question, Madame la ministre, concerne une promesse. Il y a deux ans, interpellée sur cette même scène, vous nous promettiez l'abolition prochaine de la rétention de sûreté. Cette mesure qui, rappelons-le, permet de l'enfermement de personnes à l'issue de l'exécution de leur peine en raison de leur dangerosité - concept flou que personne, encore aujourd'hui, ne sait définir avec précision ni encore moins évaluer.

Cette privation de liberté hors de toute infraction marque une rupture fondamentale avec les principes directeurs de notre droit pénal. L'ancien garde des Sceaux, Robert Badinter, avait ainsi dénoncé lors de son adoption le 25 février 2008 « une période sombre » pour la justice, estimant que ses fondements en étaient atteints. Vous même jugiez cette disposition, le 8 décembre 2012, « non concevable ».

Cette suppression était un engagement de campagne du candidat Hollande. Lors de la réforme pénale, vous avez estimez que puisque celle-ci concernait les courtes peines, il était inapproprié d'y joindre la suppression de la rétention de sûreté. Soit. Mais alors quand ?

Mes derniers mots s'adresseront aux 700 bénévoles présents aujourd'hui, et qui pour beaucoup connaissent leurs premiers moments au Genepi. Je vous souhaite à tous, au nom de l'équipe, une journée pleine d'apprentissages, de découvertes, de questionnements. Plus largement, je vous souhaite une belle et heureuse année militante au sein de l'association. Des deux côtés des murs, ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent.


En savoir plus
Le GENEPI : un exemple inédit d'évolution de l'engagement associatif étudiant

Le site de l'association Le Génépi

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La garantie jeunes est un dispositif mis en place le 21 janvier 2013. Il a été généralisé sur l'ensemble du territoire, le 1er janvier 2017, après une période d'expérimentation

Le flou artistique de la mise en place du Pass Culture

Le Pass Culture est une proposition de campagne phare de l'actuel président de la République et a été réaffirmée depuis par le Premier ministre et la ministre de la Culture. Il

Les associations d'aide aux victimes d'attentats sont inquiètes

Créé en février 2016, le secrétariat général à l'aide aux victimes visait à assurer la prise en charge des victimes d'actes de terrorisme mais aussi d'accidents collectifs et de

La vie associative a un avenir selon le Premier ministre

Autant les coupes sévères dans les différents budgets de subventions à nos structures sont des actes concrets, autant le communiqué du Premier ministre du 6 novembre 2017, sur sa

Après les contrats aidés, les associations de consommateurs sont touchées

La paire de ciseaux est rutilante. Notre barbier président a le geste sûr. Sa main ne tremblera pas. L'Etat nouveau ne reculera devant aucun sacrifice, même de baisse de

Mobilisation associative contre l'arrêt des contrats aidés

Un plan social silencieux se met gentiment en place dans l'indifférence générale. Il faut dire qu'il y en a beaucoup en ce moment. Et rendre le licenciement plus facile ne devrait

Le bilan 2016 du Dispositif Local d'Accompagnement des associations

Hasard du calendrier ou geste intentionnel ? Au moment où est publié le bilan 2016 du DLA, l'Etat boucle son budget 2018. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne sera pas

Le Conseil d'Etat a tranché : la reconduction d'un contrat aidé n'est pas un droit

Bien sûr, on le pressentait. Mais, ne pas le faire aurait été une faute. Et le collectif animé de plusieurs associations représentatives (1) dont Pouvoir citoyen et le Collectif

Harcèlement sexuel au travail : comment se défendre

Le secteur associatif n'est pas exempt de cas de harcèlements sexuels, hélas... Si le mot dièse #balancetonporc a fait réagir, c'est que son écho frappe au-delà des cercles

Une application pour lutter contre le gaspillage alimentaire

Le nom de cette application est tarte : "The Food Life", pourquoi utiliser l'anglais pour la nommer ? Pour faire moderne ? On ne le sera sans doute jamais. Cette "Vie de la

Comment expliquer ce qu'est le droit aux enfants et aux adolescents

En 2011, une institution indépendante de l'Etat a été créée : Le Défenseur des droits. Elle est inscrite dans la Constitution (article 71-1), ce qui lui donne un poids certain, et

Quand les agriculteurs contribuent à l'aide alimentaire

Devant l'augmentation catastrophique des personnes les plus démunies, plusieurs attitudes se confrontent. Il y a ceux qui dénoncent l'assistanat social en le comparant à un cancer

La cuvée 2018 du guide du bénévolat vous attend

En France, pays reconnu pour l'individualisme et l'arrogance de ses habitants, le bénévolat est pratiqué par 25% de la population, soit plus de 13 millions de français. Ce qui

Le service civique au secours du manque généré par la suppression des contrats aidés

Contrats aidés suite... Depuis le début du mois de septembre, certaines municipalités nous remontaient des situations alarmantes sur le devenir du service civique. En effet, il

Avenir des contrats aidés : un rétropédalage hasardeux

Le 21 septembre dernier, alors que les polémiques enflaient autour des récentes annonces du gouvernement (ISF, Code du travail, APL, etc.) il devenait urgent d'allumer un

Convention d'assurance chômage : du changement pour octobre 2017

La convention d'assurance chômage, agréée par l'arrêté du 4 mai 2017 (1), a modifié (entre autres) le régime des cotisations des employeurs. Une légère augmentation de la