En 2015, les handicapés devront encore rester chez eux

01-07-2014 SOCIETE LIBRE
La loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées avait fixé un objectif sociétal des plus pertinents : la mise en accessibilité de la cité dans un délai maximal de dix ans. Après la publication du baromètre de l'accessibilité par l'Association des paralysés de France, le bilan des efforts produits n'est pas satisfaisant.

Ce bilan, publié en 2014, démontre que, malgré une hausse de la moyenne générale des 96 chefs-lieux départementaux, à peine plus de la moitié des écoles et seulement 42 % des réseaux de bus sont accessibles aux personnes en situation de handicap.

Pire, trouver un cabinet médical ou paramédical accessible est un parcours du combattant. Inutile de parler des lieux de spectacles et des petits musées et l'accession d'un handicapé dans un train n'est pas une partie de plaisir.

Bien sûr, des efforts très importants ont été faits et cela est indéniable. Mais l'opération "Réussir 2015" a surtout révélée que l'échéance du 1er janvier 2015 ne sera pas respectée, faute d'un soutien politique et d'un accompagnement des acteurs locaux suffisants.

Face à cet échec annoncé, l'Etat a réuni entre octobre 2013 et février 2014 toutes les parties prenantes de l'accessibilité, à savoir les associations de personnes handicapées, les associations d'élus, les acteurs du commerce et du tourisme, les architectes et autres maîtres d'oeuvre. Il y a eu plus de 140 heures d'échanges et 41 réunions.

Deux axes majeurs de réforme ont été retenus :
1. la création d'un nouvel instrument de politique publique, l'agenda d'accessibilité programmée (Ad'AP).
Il s'agit d'un dispositif d'exception au droit commun, d'application volontaire, qui pourra être mobilisé par les propriétaires et exploitants des établissements recevant du public (ERP), et les autorités organisatrices de transport pour poursuivre après le 1er janvier 2015 leurs démarches d'accessibilité ;

2. l'ajustement de prescriptions réglementaires d'accessibilité, prenant en compte tout à la fois les contraintes des acteurs locaux et la diversité des situations de handicap.

Les associations seront mises également à contribution. Mille ambassadeurs de l'accessibilité, des jeunes en service civique, seront recrutés pour intervenir auprès des acteurs locaux pour les sensibiliser, les informer et les orienter.

La signature d'une convention est prévue entre la banque publique d'investissement de France (BPI), et la Caisse des dépôts et consignations pour accompagner les acteurs publics et privés dans le financement de leurs opérations d'accessibilité.

Et bien sûr, une indispensable campagne de communication sera menée en 2014 et en 2015 pour gagner à la cause de l'accessibilité tous les citoyens. Espérons que ce ne sera pas l'agence Bygmalion qui aura la charge de mettre en place cette campagne...

En savoir plus
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