Enquête nationale sur les artistes du spectacle vivant

12-04-2011  LIBRE
Il n'y a pas que le sport dans la vie... La pratique d'un art est aussi une composante non négligeable de la vie associative en France. L'association Opale, dans le cadre de sa mission de Centre d'appui et de ressources aux DLA sur la filière culture - CNAR Culture, a lancé, entre janvier et avril 2010, une enquête par questionnaire auprès des artistes du spectacle vivant.

En complément des études déjà existantes, cette enquête avait pour but, d'une part de dresser un état des lieux de leurs pratiques et situations économiques, d'autre part d'identifier les stratégies qu'ils adoptent pour faire face à la crise que connaît leur secteur.

Cette enquête est passionnante
Sur les 858 personnes qui ont répondu à l'enquête, 62% sont des hommes. Ce sont essentiellement des musiciens (45%) et des comédiens (32%). A noter qu'un musicien sur cinq est une femme et qu'un comédien sur deux est une femme. Dans une proportion moindre, on trouve aussi des metteurs en scène (8%) et des danseurs (6%), les autres répondants étant artistes de cirque ou de rue, chorégraphes ou autres.

Ces personnes tirent essentiellement leurs revenus de leur activité artistique puisqu'ils sont 62% à déclarer que leurs revenus artistiques représentent plus de 90% de leurs revenus totaux (et même 100% pour 52% d'entre eux). Les situations paraissent néanmoins précaires pour 30% des répondants dont les revenus totaux déclarés n'excèdent pas 1 SMIC. Sur les 701 personnes ayant renseigné la rubrique « revenus », 62% déclarent que leurs revenus liés à l'artistique représentent plus de 90% de leurs revenus globaux (et même 100% pour 52% d'entre eux). Sont considérés ici comme revenus liés à l'artistique, les revenus artistiques proprement dits, auxquels s'ajoutent les revenus issus de l'assurance chômage (intermittence).

Le critère du montant et de la composition des revenus amène à répartir les répondants en 4 profils :
– Les Précaires (29%) : moins de 1 SMIC de revenus annuels (204 cas),
– Les Entre-deux (11%) : plus de 1 SMIC de revenus annuels mais moins de 1 SMIC de revenus liés à l'activité artistique (76 cas),
– Les Stables (45%) : plus de 1 SMIC de revenus annuels et entre 1 et 2 SMIC de revenus liés à l'activité artistique (319 cas),
– Les Confirmés (15%) : plus de 2 SMIC de revenus annuels et plus de 2 SMIC de revenus liés à l'activité artistique (102 cas).

Niveaux de diplômes
Plus des 2/3 des répondants (68,2%) sont détenteurs d'un diplôme d'un niveau au moins Bac +2 ; plus d'un quart (26%) a un niveau Bac +4 et plus.

Parcours artistiques, histoires personnelles
Pratiquement tous les artistes interrogés ont connu des phases ascendantes ou descendantes, sachant qu'un incident de parcours (maladie, rupture momentanée de droits Assedic nécessitant de travailler provisoirement dans un autre secteur pour assurer des moyens de subsistance…) ou un heureux événement (maternité) peut suffire, parfois rapidement, à faire basculer une carrière.

Finalement, excepté une petite minorité de personnes plutôt bien « installées » au sein de circuits de production et de diffusion particuliers, être artiste professionnel n'est jamais acquis.

Femme, metteur en scène, 34 ans :
"J'ai, durant deux ans, eu une activité de création intense, tant sur mes propres projets que sur ceux des autres. Ce que j'en retiens est que le travail amène le travail. C'est-à-dire que plus on travaille, plus on est vu, plus on a de propositions. Mais les employeurs potentiels imaginent très vite, si on refuse un ou deux projets faute de temps, que l'on ne sera plus jamais disponible. C'est ce qui m'arrive aujourd'hui et mon activité a très fortement diminué."

Femme, comédienne, 61 ans :
"Démarrage en trombe en 1996 (Grand prix des conteurs de Chevilly-Larue). Bonne tenue de route pendant une dizaine d'années, jusqu'à il y a environ trois ou quatre ans. Actuellement, quasiment plus rien. Je suis loin d'être la seule : si ça ne me console pas, ça me rassure car ni mon talent ni mes compétences ne sont la cause de cette désaffection".

Homme, musicien, 44 ans :
"Mon début remonte d'une manière significative en 1993 avec la formation d'un groupe de musique celtique. Je travaillais (comme les autres musiciens) en parallèle. La notoriété et notre assurance allant bon train je suis devenu professionnel de la musique à part entière en 2000. A cette époque, un groupe de cinq musiciens pouvait encore trouver des prestations et vivre normalement de la musique. A partir de 2002, il a fallu se rendre à l'évidence qu'il était de plus en plus dur de trouver des engagements pour un groupe de cinq musiciens (+1 technicien). J'ai donc créé mon premier duo pour continuer à vivre de la musique. Ensuite, à partir de 2007, la concurrence étant rude, j'ai créé des animations médiévales et, à partir de fin 2008, il a fallu que je crée un personnage travaillant en solo, pour passer outre la concurrence déloyale des associations en tous genres, mais aussi les diminutions des budgets "animation". En gros, je constate une dégradation du contexte économique."

En savoir plus
L'association Opale a pour but d'accompagner la consolidation et le développement des structures artistiques et culturelles, principalement associatives et employeurs : conception et diffusion d'outils d'appui, valorisation des pratiques d'économie solidaire, observation et enquêtes, aide à la structuration de réseaux professionnels, contribution à la mise en œuvre de politiques publiques (Les DLA, mission CNAR Culture).
Lire l'enquête complète sur le site de l'association Opale



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