Facebook et Edvige même combat ?

02-03-2010 ACTUASSO LIBRE
Nous avions dans Lettrasso traité du cas du fichier Edvige. Nous n'étions pas les seuls. Les informations récoltées dans ce fichier laissaient supposer une utilisation pour le moins contraire aux usages d'une démocratie. Ce fichier n'a pas été abandonné, loin de là. Il a subit un léger lifting.

Depuis septembre 2008 en effet, les données collectées ne concernent que les personnes dont l'activité individuelle ou collective indique qu'elles peuvent porter atteinte à la sécurité publique (ainsi que les personnes entretenant ou ayant entretenu des relations non fortuites avec elles), ou encore les personnes travaillant dans des secteurs ou des domaines sensibles (et faisant à ce titre l'objet d'enquêtes administratives).

Mais, si la mise en fiche des citoyens est une pratique de plus en plus courante, on sait que ce fichage est tout de même encadré et que le droit à l'oubli (suppression des données collectées) est une possibilité juridique pleine et entière.

Que dire de Facebook ? Le réseau social le plus utilisé de la planète est un fichier Edvige autrement plus puissant et dangereusement plus exploitable, car n'importe qui peut avoir accès aux données collectées ce qui n'est pas le cas des fichiers de police comme Edvige.

Ce n'est plus un secret pour personne : les données collectées volontairement sont beaucoup plus précises (et de ce fait mises à jour) que tous les "Edviges" de la terre. Pour retrouver une personne, rien de plus simple : il suffit de saisir son nom sur un moteur de recherche et Facebook vous dit tout ! Et, cerise sur le gateau, le droit à l'oubli est presqu'impossible car le fait de supprimer votre profil ne supprime pas son référencement sur les moteurs de recherche...

Le nombre d'inscrits sur Facebook au mois de septembre 2009 était de plus de 450 millions de personnes. Avec un rythme minimum de 450 000 nouveaux membres chaque jour, ce chiffre doit être largement doublé aujourd'hui.

Mais ce n'est pas tout. Twitter est un site aujourd'hui très connu. Créer son profil sur Twitter est aussi simple que de trouver un profil sur le même site... Il y a mieux, il est possible de publier son statut sur Twitter (au travail, en week end, en vacances, etc..).

Un site américain Pleaserobme.com recense les profils Twitter des utilisateurs absents de leur domicile. Ce sont les cambrioleurs qui sont contents. Mieux, le site Foursquare.com permet de suivre à la trace des individus sur Google map.

Selon le Figaro en 2008, certaines entreprises utiliseraient Facebook pour collecter des informations sur leurs employés tandis que des recruteurs s'en serviraient pour leur sélection de candidats : "Les recruteurs appuyaient parfois un refus d'embauche sur des détails privés ainsi collectés".

Enfin, il faut bien comprendre que Facebook n'est pas gratuit. Le contrat passé avec les utilisateurs de Facebook spécifie que toutes les données entrées sur le site (messages, éléments de profils, photos etc.) ont leurs droits concédés sous licence à Facebook qui a le droit de les utiliser pour ses publicités, de les revendre à des tiers, de les sous-licencier, etc.

De plus Facebook se réserve le droit de les conserver archivées sans limite de durée.

Il nous apparait important de mettre en garde les associations (grandes utilisatrices de Facebook avec pour certaines, des listes d'adhérents à la disposition de tous...) sur les effets pervers des réseaux sociaux. Georges Orwell en écrivant 1984 n'avait pas prévu que Big Brother pourrait un jour, s'appuyer sur les citoyens eux-mêmes, pour les mettre en fiches...

En savoir plus
Article du Figaro de Cécilia Gabizon le 25/08/2008



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