Faut-il avoir peur des paratonnerres radioactifs ?

04-02-2014 SOCIETE LIBRE
Les paratonnerres protègent les maisons et les bâtiments des effets destructeurs de la foudre en drainant son énergie vers la terre. C'est l'américain Benjamin Franklin qui en est l'inventeur en 1752. Conçu à l'origine pour permettre l'écoulement à la terre du fluide électrique contenu dans un nuage orageux afin d'empêcher la foudre de tomber, il a permis, par la suite, de mettre au point la célèbre cage de Faraday.

Avec le temps, les ingénieurs se sont rendu compte qu'ils seraient plus efficaces lorsque l'air qui environne leur pointe est fortement ionisé. C'est ainsi qu'est née la technique d'ionisation avec pour objectif d'augmenter la conductivité électrique de l'air.

Pour cela, les ingénieurs ont simplement rajouté aux paratonnerres, des éléments radioactifs tels que le radium-226 puis l'américium-241 à partir des années 1970. Il a fallu attendre la fin des années 80 pour que l'électronique remplace les éléments radioactifs dans la nouvelle génération de paratonnerres et que l'on admit la dangerosité du procédé initial, interdit depuis 1987.

Sauf que... les paratonnerres radioactifs sont restés en place sur un grand nombre de toits.

Un fabriquant français de paratonnerres aurait fabriqué (entre 1936 et 1986) plus de 230.000 parads (le petit nom de l'engin) qui ont été vendus dans le monde entier, notamment aux ex colonies françaises.

Selon des sources très discutables (car il n'y a aucune statistique officielle), il en resterait environ 40.000 dans l'Hexagone. Certains parads ayant près de 80 ans, on imagine sans peine dans quel état ils se trouvent. Autre sujet d'inquiétude, on ne sait absolument pas les localiser sauf à arpenter les toits avec un compteur Geiger en main.

C'est d'autant plus inquiétant que les fabricants, sans doute inspirés par le dieu Zeus, proposaient des parads artistiquement travaillés avec coqs et girouettes... Bref, ils ont une allure totalement inoffensive.

Or, en se dégradant, les parads perdent trop souvent la petite boite qui contient les éléments hautement radioactifs (les radionucléides qu'ils contiennent sont cancérigènes et mutagènes) et celle-ci tombe à terre. Et comme l'objet est lourd et d'allure intrigante, les enfants adorent tenter de découvrir ce qu'il y a à l'intérieur. En Belgique, on en a retrouvé un dans un cartable d'écolier. En France, un boitier servait de presse-papiers sur le bureau d'un maire, etc.

Bref, il y a urgence à réagir car le danger est bien réel. C'est ce qu'a décidé Jean-Christian Tirat, le concepteur, rédacteur et administrateur du site de l'Inventaire national des paratonnerres radioactifs (INAPARAD).

Devenir Chasseurs volontaires...
Plus de 200 bénévoles participent déjà à cette opération d'intérêt collectif depuis le 15 juillet 2013. L'idée est simple : il suffit de s'inscrire sur le site de l'INAPARAD et lors d'une promenade, de prendre le temps de photographier les toits et d'envoyer les photos réalisées à Jean-Christian Tirat à des fins d'inventaire sans oublier d'en informer les autorités et les propriétaires.

En savoir plus
Le site de l'INAPARAD

www.criirad.org - Des risques radiologiques non négligeables pour les agents de FRANCE TELECOM - Améliorer l'information et la protection des agents.

Document de synthèse relatif aux parafoudres radioactifs - association Henri Pezerat

Qui était Henri Pezerat - Discours de Jean-François Voguet, maire de Fontenay-sous-Bois lors de la création de l'association Henri Pezerat

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