La france a dit non

30-05-2005  LIBRE
La France a dit non. Avec 54,87% et 30% d'abstention, la France a apporté un Non franc et massif à la Constitution européenne. Cette victoire du non en France semble avoir semé la consternation dimanche parmi les responsables des 25, qui ont tenté tant bien que mal de dédramatiser la crise et plaidé pour la poursuite de la ratification du traité dans les autres pays de l'UE. ”Nous sommes déçus (...) mais le processus de ratification continue et ce résultat donne une raison de plus aux Néerlandais de voter oui”, a déclaré le Premier ministre ministre néerlandais Jan Peter Balkenende. Rien n'est moins sûr au vu des derniers sondages (près de 60% pour le non).

Réaction du Président en exercice de l'UE
Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker Président en exercice de l'UE, a affirmé sans surprise à Bruxelles que ”la ratification de la Constitution européenne doit se poursuivre”, mot d'ordre repris un peu partout parmi les 25. ”La France a voté et la France a dit non... Nous en avons, je dois le dire, le coeur gros mais nous en prenons acte”, a dit M. Juncker. ”Nous regrettons ce choix venant de la part d'un Etat membre qui est depuis 50 ans l'un des moteurs essentiels de la construction de notre avenir commun”, a-t-il ajouté.

La rédaction de LETTRASSO s'explique :
Notre rédaction était comme l'ensemble des français très partagée même si le oui l'emportait (d'une voix). Nous n'allons pas nous lancer dans une analyse à chaud de ce résultat, juste nous faire le relais des inquiétudes (le mot est faible) que nous remontent de très nombreuses associations qui oeuvrent dans le secteur social (des chiffres alarmistes en matière de paupérisation d'une partie de plus en plus importante de la population qui touche pourtant un salaire - on n'ose pas imaginer la situation des chomeurs et RMIstes).

L'impossibilité dans laquelle se trouvent nos représentants de comprendre et de mettre en oeuvre une politique de répartition de la richesse plus harmonieuse au niveau aussi bien européen que national nous fait craindre le pire.

Nous sommes persuadés que l'immense majorité des français qui ont voté ”non” sont européens.

Mais, à force de rendre l'Europe responsable de tous nos maux, de tenir un double langage (critique à Paris et signataire des directives à Bruxelle), de laisser la banque centrale européenne libre de toute contingence politique, de parler de réformes nécessaires qui ne sont en fait que des coupes budgétaires sombres sur tous les services qui maintiennent la cohésion social, les hommes politiques de gauche comme de droite français et européens ont rendu le non possible.

Ils sont à nos yeux les seuls responsables d'une situation qui est devenue aujourd'hui GRAVISSIME. Et rien ne laisse présager qu'ils en aient conscience.

C'est bien là le signe le plus alarmant d'une déliquescence européenne annoncée.



Depuis 1999 au service des associations

Abonnez-vous à LettrassoPlus

Abonnez-vous au Forum Juridique

Le pack Lettrasso + et Forum Juridique