La générosité n'est pas monnayable

17-07-2012  LIBRE
Même les chercheurs nous viennent en aide... Nous avons longuement parlé dans ces colonnes de notre opposition à la défiscalisation des dons et autre mécénat. Le privé ne doit pas se substituer à l'Etat.

Nous sommes donc totalement opposés au système mis en place en 2003 qui précise que le mécénat et les dons bénéficient d'une défiscalisation. Car ne l'oublions pas, la défiscalisation se fait avec nos impôts, au même titre que la subvention. La différence entre les deux, c'est le contrôle que l'Etat peut faire de l'argent qui circule. Dans le cas du mécénat, en dehors de quelques déclarations de bonne "gouvernance" qui n'engagent personne (1), il n'y a aucun contrôle véritable.

Or cette semaine, un article des deux chercheurs américains (George Newman et Jeremy Shen - Université de Yale) est paru dans le "Journal of Economic Psychology". Que dit cet article ? En voici quelques extraits :

Qu'est-ce qui pousse une personne à verser des dons à une organisation caritative ?
D'après les deux psychologues, c'est le sentiment de générosité qu'elle éprouve en donnant.

Pour le démontrer, ils ont sollicité des internautes pour qu'ils versent des sommes d'argent en faveur de personnes défavorisées, soit en faisant appel à leur élan spontané, soit en ajoutant qu'au-delà d'une certaine somme versée, ils recevraient un cadeau (T-shirt, stylo, etc.).

Ils ont constaté que la promesse d'un cadeau réduisait la somme que les donateurs versaient, au lieu de l'augmenter.

Les psychologues pensent que le fait de recevoir un dédommagement déprécie le geste, et que la personne a l'impression d'avoir agi de façon moins généreuse.

Or le sentiment de générosité peut être gratifiant, et les stratégies de réciprocité empêcheraient les donateurs de le ressentir.

En outre, un acte réalisé avec une contrepartie est peu engageant, car son auteur pourrait justifier son acte par l'avantage qu'il en retire.

En revanche, un acte sans contrepartie conduit à adhérer plus durablement à la cause qui l'a motivé : si l'on a versé de l'argent sans contrepartie à une organisation caritative, c'est que l'on croit aux idéaux qu'elle défend.

Notre avis :
Nous partageons totalement les conclusions des chercheurs George Newman et Jeremy Shen. Nous y rajouterons également cette explication supplémentaire qui n'a d'autre intérêt que de prolonger la réflexion suscitée par le travail des deux chercheurs.

1. La dépréciation de la valeur du don peut aussi s'expliquer, non pas par des processus de bénéfices strictement internes au sujet, mais aussi liés à l'altérité. Le don est déprécié en cas de contre-don parce que ne favorisant pas l'engagement initial du donneur, c'est à dire la volonté de faire avancer la "cause" du don.

2. La remise en question de la valeur sociale de la structure chargée de recevoir le don, c'est à dire la perception par le donateur d'une stratégie de "manipulation" visant à attirer les dons au-delà de ce que la cause suscite en elle-même. En effet, pour attirer les dons, il y a nécessité de contre-dons.

En savoir plus
(1) Les associations coûtent trop cher ? - Lettrasso du 03-07-2012

Faut-il sauver le mécénat ? - Lettrasso du 26-06-2012

Source : Sébastien Bohler journaliste à Cerveau & Psycho

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