La recherche en France : et on tuera tous les chercheurs

25-03-2014 SOCIETE LIBRE
Tous nos hommes politiques le martèlent à longueur de discours : la recherche française est l'avenir du pays. Et ils ont raison. Et pourtant, une fois au pouvoir, s'envolent les promesses et la recherche française reste le parent pauvre des budgets.

On croyait la chasse aux subventions être un sport réservé aux associations, la réalité de la recherche française impose un autre constat.

Budgets et effectifs en baisse, course aux financements, tyrannie du Publier ou périr… L'évolution des métiers de la recherche entraîne un climat de détresse psychologique de plus en plus important.

Le 7 février 2014, le Syndicat national des travailleurs de la recherche scientifique (SNTRS-CGT) s'inquiétait dans un communiqué "de la survenue, pour le seul mois de janvier 2014, de trois suicides de personnes travaillant dans des laboratoires et l'administration du CNRS". Soumis à de profondes réformes depuis 10 ans, le monde de la recherche est en proie à un mal-être certes encore diffus, mais hélas bien réel.

Selon le site sauvonsluniversite.com, "Antidépresseurs à la pelle, comportements suicidaires, brusques variations de poids, bouffées délirantes, addictions féroces…" tels sont les maux dont souffrent les patients de Jeannie Trépos, directrice du Service médical universitaire du travail (SMUT) de Rennes.

Sur les 5 000 personnes suivies par son équipe – dont 600 chercheurs du CNRS, 300 doctorants, et 1 500 chercheurs et enseignants-chercheurs –, un cinquième "souffre beaucoup", estime-t-elle.

L'une des croix du chercheur contemporain : la nécessité de décrocher soi-même des financements, les subventions toujours plus réduites des laboratoires n'y suffisant plus. Toute ressemblance avec le monde associatif serait purement fortuite...

Toujours selon le site sauvonsluniversite.com, chaque année, un chercheur passe plusieurs mois à remplir des formulaires ultraprécis d'organismes européens ou de l'Agence nationale de recherche (ANR) avec, à chaque fois, neuf chances sur dix de voir son projet retoqué.

"Pour chaque projet échelonné sur trois-quatre ans, il faut développer, mois par mois, le temps consacré par chaque membre à chaque activité", explique Anne Atlan, chargée de recherche CNRS en biologie évolutive à Rennes. "Comme s'il était possible d'anticiper à ce degré de précision ! En recherche, par définition, on ne sait jamais ce qu'on va trouver…"

En 2011-2012, la direction des ressources humaines du CNRS avait chargé le doctorant en psychologie Marc Guyon d'une "Etude qualitative des relations entre souffrance, plaisir et organisation du travail de la recherche". Basée sur les témoignages de chercheurs volontaires, recueillis en commun, l'étude révélait un ressenti partagé de déclassement, de manque de reconnaissance, de pression liée à l'évaluation et à une culture accrue de l'excellence, dans un contexte de compétition scientifique mondialisée.

Bref, la recherche française est au bord de l'implosion. Transformer un chercheur en comptable ne fera pas avancer ce secteur d'un iota. Tout juste, assister impuissant au départ de ces cerveaux très bien faits vers des cieux plus cléments. Un cerveau qui coûte pourtant fort cher à la collectivité...

En savoir plus
Le site www.sauvonsluniversite.com

Mais qui donc cherche à détruire la recherche française ?
La recherche française n'était pas encore assez malmenée par les réformes à jet continu, ni l'activité des chercheurs assez entravée par la multiplication des tâches bureaucratiques. Voici que, s'emparant d'une possibilité encore inexploitée du code pénal, et sous couleur de protéger le « potentiel scientifique et technique » de la nation, des militaires du secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale ont entrepris de placer sous leur surveillance directe l'ensemble de la recherche scientifique publique.

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