Le CIDJ en grande difficulté financière : comme presque toutes les associations

26-03-2013  LIBRE
Le Centre d'information et de documentation jeunesse est une association. Elle a été créée en 1968 pour accueillir et informer les jeunes franciliens dans ses locaux du quai Branly à Paris et produire des outils pour le réseau information jeunesse composé de Centres régionaux, de Bureaux information jeunesse et de Points information jeunesse. Cette association est en grande difficulté, cela n'a rien d'original.

Ce qui l'est plus, ce sont les raisons avancées de part et d'autre par les responsables de cette situation. Situation connue par un très grand nombre d'associations...

Voici les faits :
L'Etat est accusé de désengagement et ce dernier accuse la direction de mauvaise gestion. Le 5 février 2013, près de 70 % des salariés du CIDJ manifestaient et lançaient une pétition en ligne (1) contre l'annonce imminente d'un possible plan social au sein du Centre.

Le même jour, Jean-Luc Laurent, député SRC du Val-de-Marne (2), interpellait à l'Assemblée Nationale, l'autorité de tutelle du CIDJ, Valérie Fourneyron, ministre de la Jeunesse et des Sports sur la situation du Centre, de ses collaborateurs et du devenir du service public de l'information jeunesse.

La ministre, dans sa réponse, se défend d'abandonner le CIDJ en expliquant que l'association connait des difficultés économiques récurrentes depuis plusieurs années, ce qui laisse supposer une mauvaise gestion. Elle précise que : "l'Etat, via le ministère des sports, de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative, accompagne cette structure par une subvention annuelle d'environ 2,5 millions d'euros. Un effort supplémentaire de 1,3 million d'euros d'aides exceptionnelles a même été effectué en 2010 (0,97 M€) et 2011 (0,35M€). Pour 2013, dans un contexte budgétaire contraint, une subvention de 2,36 M€ sera versée".

Devant ces chiffres, on peut rester perplexe. Dans quel état se retrouve donc le CIDJ et pourquoi un tel déficit accumulé ? L'Etat, autorité de tutelle, n'a t'il pas fait son travail de contrôleur de gestion ? Les faits semblent être un peu différents que ceux avancés par la ministre....

C'est en novembre 2012 que le Conseil d'administration du CIDJ a annoncé un déficit prévisionnel pour 2013 estimé à 600 000 euros.

Selon son président Patrice Colasse, ce déficit est le résultat de cinq années d'un lent pourrissement de la situation financière du Centre :
"Nos recettes proviennent de deux sources :
- une subvention publique de 2,7 millions d'euros pour 2013,
- la vente de nos classeurs thématiques ''Actuel CIDJ'', qui représente 2,9 millions.
"

Or, les "clients" du CIDJ qui achètent les classeurs thématiques sont à 90 % des institutions publiques. Celles-ci, victimes de la réduction de leurs propres budgets achètent beaucoup moins.

Le budget 2013 du CIDJ est évalué à 6,5 millions d'euros dont 5,4 millions de frais de personnel. Et malgré les dires de la ministre, il semble bien que "le ministère a refusé de revaloriser sa subvention pour permettre au CIDJ d'y faire face" toujours selon le président Patrice Colasse.

Bref, cette situation prouve que l'obligation faite aux services publics (et les associations subventionnées en sont) de trouver des fonds propres pour fonctionner est une erreur... Nous l'avons expliqué dans l'article du 12-03-2013 : "La prestation de services : unique avenir des associations en 2014, la situation du CIDJ démontre l'urgence de changer de politique...

Mais nous n'y croyons pas.

En savoir plus
(1) CIDJ en danger : soutenez-nous - La pétition en ligne

(2) La question de Jean-Luc Laurent à Valérie Fourneyron, ministre de la Jeunesse et des Sports

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