Le combat indispensable que l'on ne veut pas mener

20-03-2012  LIBRE
On pourchasse l'usage de la drogue et c'est juste, mais cela coûte fort cher pour des résultats plus qu'incertains. On met en place des contrôles d'alcoolémie à la sortie des boites de nuit et c'est bien. Or, la principale cause de mortalité chez les 15 24 ans, ce n'est ni la drogue, ni les accidents de la route, c'est le suicide. En 50 ans, le suicide des jeunes a triplé !

Or, si la lutte contre la toxicomanie est payante électoralement, celle contre le suicide ne l'est pas. C'est la raison pour laquelle la diminution des crédits que subissent les points accueil-écoute jeunes, les espaces santé-jeunes, les boutiques de solidarité se poursuit : de 9,7 millions d'euros en 2010, leur budget est annoncé à 5 millions d'euros pour 2012.

Cette situation a déjà eu pour conséquence la fermeture d'au moins 50 dispositifs en contact avec la jeunesse en mal être, les structures qui subsistent remplissent leurs missions avec de faibles moyens et dans une forte disparité géographique.

La menace qui pèse sur la pérennité du maillage territorial actuel a pour corollaire l'abandon de plus d'un million de jeunes en situation de mal être, de décrochage ou de rupture avec l'organisation sociale. C'est la cohésion sociale qui est en jeu, ajoutée aux inégalités d'accès aux soins sur le territoire.

Il s'agit simplement d'un abandon en rase campagne, c'est un message terrible : le suicide, on s'en moque !

Elle lui demande donc de maintenir l'intervention de l'État à hauteur de celle de 2012, aide minimum au regard des missions accomplies par ces structures auprès de la jeunesse.

Réponse du ministère publiée au JO le 13/03/2012 (1)
Il est exact que le dispositif des points d'accueil et d'écoute jeunes (PAEJ), qui comprend également les espaces santé jeunes (ESJ), a subi une baisse des moyens qui lui sont accordés par l'Etat.

Cette baisse résulte des contraintes pesant sur le programme 177 « Prévention de l'exclusion et insertion des personnes vulnérables » qui devait faire face, au même moment, à d'autres priorités et notamment à l'amélioration de la qualité de la prise en charge des personnes sans abris et à leur accès au logement (2).

Dans ce contexte tendu, les préfets de région, qui déterminent la répartition d'une enveloppe fongible entre les actions, ont effectivement diminué les sommes consacrées en exécution au PAEJ, qui sont passées de 9,7 millions d'euros en 2009 à 8 millions d'euros en 2010 et 6,9 millions d'euros en 2011.

Dans ce contexte, les Préfets de région ont reçu instruction par circulaire du 30 juillet 2010 de limiter l'impact de cette baisse en maintenant les PAEJ sur l'ensemble du territoire, partout où ils ont prouvé leur efficacité.

Il apparait également que certaines régions bénéficient d'un fort engagement des collectivités territoriales qui devrait éviter des fermetures.

Le programme 177 a bénéficié par ailleurs, en 2010 et 2011, de décrets d'avance exceptionnels, qui ont permis de rendre les arbitrages dans de meilleures conditions. Enfin 102 maisons des adolescents ont été ouvertes qui répondent à des préoccupations proches du soin et de la prévention.

En savoir plus
(1) Question posée par Mme Monique Iborra (députée PS - Haute-Garonne) à Mme la ministre des solidarités et de la cohésion sociale.

(2) Lire absolument cet article pour bien comprendre l'hypocrisie de cette réponse (Gilets pare-balles contre logement d'urgence - Lettrasso du 10-01-2012)



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