Le couple logiciels libres et ministères : mariage ou divorce ?

09-07-2013  LIBRE
Le 19 septembre 2012, la circulaire 5608 émanant des services du Premier ministre, définissait les orientations pour l'usage des logiciels libres dans l'administration. La sortie de cette circulaire a été saluée par de nombreuses associations dont l'Aful et l'April, il faut dire qu'elle était attendue. En période de crise, pourquoi continuer à dépenser plus alors que le logiciel libre est une excellente alternative dans pratiquement tous les domaines d'activités.

Plus de 10 mois après, qu'en est-il exactement ? Quelles suites ont été données à cette circulaire, notamment les études d'opportunités de migration de logiciels, l'intégration de ce critère dans les appels d'offres, les projets de migration de logiciels propriétaires vers des logiciels libres, etc.

De plus, il peut paraître intéressant de connaître le montant des dépenses en logiciel, en distinguant les logiciels propriétaires des libres, au sein de chaque ministère ou administrations qui en dépendent.

Réponse du ministère publiée au JO le 02/07/2013 (1)
Dans le domaine de l'informatique, le ministère délégué à la francophonie dépend des dispositifs mis en oeuvre par le ministère des affaires étrangères.

Dès 2005, celui-ci a orienté la stratégie de développement de son système d'information à partir de logiciels libres. Il a ainsi mis au point une filière de développement, ACUBE (2), entièrement basée sur des solutions ouvertes.

La dernière génération de cette filière, HORNET, répond aux exigences du référentiel général d'interopérabilité et d'accessibilité pour les administrations. Cette filière est disponible en tant que solution logiciel libre sur le portail dédié Adullact.

Les sites institutionnels du MAE sont développés à partir du logiciel libre SPIP.

Le MAE s'inscrit dans la démarche interministérielle de l'accord-cadre de support aux logiciels libres n° 12-005 du 25 mai 2012. Les agents de la direction des systèmes d'information (DSI) ont la possibilité, grâce à un marché subséquent, de commander (4727 € pour 2013) des unités de support (notamment pour Linux Debian ou Ubuntu).

En parallèle, la DSI participe aux groupes de travail interministériel sur le logiciel libre piloté par le ministère de la culture et de la communication depuis le 22 novembre 2011.

Le MAE est par ailleurs attentif à la stratégie de convergence des bases de données libres impulsée par la direction interministérielle des systèmes d'information et de communication (DISIC). Déjà utilisateurs d'une « forge de développement » associant les logiciels libres « Alfresco, Mantis, Subversion », le MAE doit participer au groupe de travail mené par le ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie consacré aux « forges de développement ».

Le support SILL (socle interministériel des logiciels libres) a été diffusé, avec une communication associée, à l'ensemble des acteurs de la DSI.

La suite bureautique LibreOffice est installée systématiquement sur les postes de travail informatiques, en parallèle de la suite MS-Office.

Une solution de PC portable sécurisé a été élaborée avec un socle système Linux Ubuntu. Le MAE n'a pas de comptabilité analytique séparant les investissements logiciels, propriétaires ou en libre.

La plupart des systèmes d'information mixent les composants propriétaires et libres dans leur architecture technique. (Étonnant, non ? NLDR)

Le décompte comparé entre les deux familles de logiciels, sur la période 2008-2012 n'est donc pas possible.

C'est là où la réponse de la ministre donne à penser qu'il y a du flottement dans l'air... Pourtant, à un moment où l'affaire Edward Snowden (3) nous aide à comprendre que savoir protéger ses données numériques n'est pas un jeu, il semble étonnant que les ministères ne se précipitent pas sur des logiciels libres qui offrent, en plus du prix, de solides garanties en matière de contrôles des données...

En savoir plus
Usage du logiciel libre dans l'administration

(1) Question posée par Mme Isabelle Attard (députée écologiste - Calvados) à Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie.

(2) Acube

(3) En juin 2013, Snowden a rendu publiques par l'intermédiaire des médias, des informations top-secrètes de la NSA concernant la captation des métadonnées ainsi que le système d'écoute sur internet du programme de surveillance PRISM du gouvernement américain.



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