Le philanthrocapitalisme ou comment prendre en donnant

17-04-2012  LIBRE
Aujourd'hui la philanthropie est partout, les dons petits ou grands aux associations sont devenus le BA BA de la politique associative et l'horizon indépassable de l'économie sociale. Nous l'avons déjà beaucoup dit dans ces colonnes, la défiscalisation du don est une aberration.

Or, ce principe est tellement ancré dans les habitudes que pas une seule question sur la finalité des dons n'a été posée lors de la journée du samedi 10 mars 2012, lorsque les 5 candidats ont présenté leur vision de la vie associative.

Vision d'ailleurs tellement semblable dans le fond que seule la forme pouvait sauver un semblant de diversité. Visiblement, le désengagement de l'Etat se poursuivra quel que soit le vainqueur du 6 mai.

Oui nous comprenons que sans les dons, les associations ne peuvent pas boucler le budget. Oui, nous entendons les inquiétudes des uns et des autres. Oui, nous savons que sur le terrain, la réalité est encore plus difficile que ne le laissent deviner les différents sondages.

Mais puisqu'une association, pour défiscaliser les dons reçus, doit être d'intérêt général, il est évident que l'intérêt général concerne tout le monde, donc l'Etat, et pas seulement les donateurs privés.

Baisser les impôts des plus aisés, puis créer une niche fiscale par la défiscalisation des dons, pour permettre à ces plus riches de redistribuer (un peu) de ce que l'Etat leur a abandonné est une aberration. C'est comme si on demandait à un pyromane d'éteindre son incendie.

L'Etat doit reprendre la main, car plutôt que cette restitution après coup, il est tout de même plus cohérent de revenir à une meilleure répartition des richesses à la source.

Instaurer des mécanismes d'équité, qui ne dépendent pas du bon vouloir des riches, pour aider les associations qui oeuvrent pour l'intérêt général est l'une des solutions. Il y en a sûrement d'autres. Mais, nous ne voyons même pas poindre l'esquisse d'une reflexion en ce sens...

Cette philanthropie (qui nous vient tout droit des USA) n'a rien de gratuit et elle n'est en aucun cas désintéressée. Car, il apparait aujourd'hui évident qu'elle n'a d'autre but que d'imposer, sous couvert de générosité, la logique de rendement et de performance propre au secteur marchand.

Allons plus loin, c'est bien la question de l'État qui est posée : la philanthropie s'alimente de la crise de l'État et dans le même temps, contribue à l'accentuer. Les philanthropes se retrouvent avec un pouvoir d'arbitrage sur la redistribution et peuvent ainsi imposer des projets de société qui ne vont pas tous, loin s'en faut, dans le sens de l'intérêt général.

En d'autres termes, l'attribution des financements ne doit pas dépendre du bon vouloir des plus riches ! C'est à l'État qu'il appartient de décider de ce qui est juste, et à travers lui, le citoyen.

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