Le rôle primordial de la petite association de proximité

11-06-2013  LIBRE
Que l'association soit rurale ou urbaine, son rôle premier et fondamental reste celui de consolider le lien social. Inutile de tergiverser, on s'éloigne de plus en plus de cette fonction première. En effet, au fur et à mesure de l'étranglement des finances publiques, les critères de financement des collectivités territoriales ont fortement évolué favorisant, mécaniquement, les associations les plus importantes en nombre et les plus structurées.

Et pourtant, nous le constatons tous : la petite association de proximité n'en reste pas moins l'un des éléments fédérateurs du territoire. Mais elle est aussi la grande oubliée des lois et son cheminement ne croise presque plus celui des subventions. Inutile de lui parler du mécénat pour lui mettre un peu de baume sur le cœur, ce dernier n'a aucun intérêt à aider une petite structure qui ne lui renverra pas l'ascenseur "médiatique".

On peut donc craindre, à terme, la disparition de ces associations au bénéfice des grandes fédérations "représentatives" (de quoi d'ailleurs ?). On sent bien que le bénévolat va petit à petit disparaître au profit de professionnels du monde associatif. Et ce n'est pas la préparation de la loi sur l'ESS qui nous contredira.

Cette loi qui devait être l'occasion de faire le point sur l'essence associative se révèle être le cheval de Troie de la professionnalisation excessive.

Pire, elle prévoit même l'ouverture du secteur aux entreprises qui n'ont aucun point commun avec les associations, Fondations et coopératives.

Nous avons toujours été opposé au fait de mélanger dans une appellation fourre-tout comme l'est l'ESS, des structures qui n'ont pas de réels points communs et bien souvent des intérêts divergents. Nous défendons l'avenir de la petite association de proximité qui n'a rien à gagner à cette loi.

Mais ce combat semble perdu pour le moment et il nous faut bien envisager cette loi ESS comme le nouvel avenir commun. (1)

Heureusement, nos confrères commencent eux aussi à s'en rendre compte même si les craintes exprimées ne recouvrent pas les mêmes objectifs, ni ne conduisent, hélas, aux mêmes constats.

Peu importe, saluons l'initiative du site Ressources Solidaires qui a mis en ligne un article très bien fait intitulé : "Economie sociale et solidaire : le gouvernement veut-il supprimer la démocratie d'entreprise ?". (2)

Après un début d'article qui salue le travail de Benoit Hamon (Ministre délégué à l'économie sociale et solidaire), l'auteur, François Longérinas, plonge dans le projet et nous pêche des inquiétudes tout à fait justifiées.

"... Mais à parcourir le texte du projet de loi, le lecteur attentif retiendra tout d'abord que le cabinet de Benoît Hamon aura voulu proposer des bouts de réforme, répondant chacun à une revendication de l'un des secteurs concernés. Une pincée de retour aux subventions pour le mouvement associatif, un zeste de facilitation des reprises en coopérative par les salariés, deux cuillères à café d'accompagnement, par l'élargissement de la révision coopérative à toutes les structures… Et j'en passe. Ce saupoudrage ne constitue pourtant pas une orientation cohérente de transformation sociale. C'est même l'inverse qui se profile...."

Il poursuit avec la même force :

"...A force de vouloir contenter tout le monde, l'ancien dirigeant de la gauche du PS fait la part belle aux courants les plus libéraux de l'ESS. Constatant depuis quelques années un véritable engouement de la part de jeunes créateurs d'entreprise pour un modèle dont l'objectif principal n'est pas l'accumulation de bénéfices et leur distribution, le ministre en déduit qu'il faut leur ouvrir la porte et les inclure dans le champ de l'ESS. La loi va donc intégrer dans le secteur de l'ESS des entreprises au statut capitalistique classique mais qui se revendiquent de l'économie sociale et solidaire..."

Pour notre part, nous pensons qu'à trop laisser entrer le loup, on finit par être obligé de l'inviter à dîner... Nous nous sommes beaucoup battus contre les lois successives qui n'ont eu de cesse que de rapprocher la gestion associative de celle de l'entreprise. Nous étions bien seuls dans ce rôle d'empêcheur de "moderniser en rond". Le rapprochement est fait, quoi de plus normal que de faire entrer le modèle "entreprise" dans le cirque de l'ESS. C'est même à nos yeux, la seule cohérence de ce projet de loi...

Est-il trop tard ?
La discussion du projet de loi à l'Assemblée Nationale sera sans doute l'occasion d'une vraie confrontation de "valeurs". Espérons que cela ne se transforme pas en dernier baroud d'honneur pour les petites associations de proximité. Nous continuerons, quoi qu'il en soit, à être aux côtés de celles et ceux qui en sont l'âme et le cœur.

En savoir plus
(1) Voici quelques uns des 25 articles qui traitent du sujet, bonne lecture :
Les Banques coopératives : du pire au meilleur pour l'Economie sociale ! - Lettrasso du 20-01-2009

Entrepreneuriat social et association : pas le même monde - Lettrasso du 15-05-2012

Dis papa, c'est quoi l'économie sociale et solidaire ? - Lettrasso du 06-11-2012

Ecrire ensemble un manifeste pour la petite association de proximité - Lettrasso du 27-11-2012 (appel lancé en commun avec le site Association1901.fr

Les ratés de la loi relative à l'économie sociale et solidaire - Lettrasso du 19-03-2013

Première étape de l'avant-projet de loi relatif à l'économie sociale et solidaire - Lettrasso du 30-04-2013

(2) Economie sociale et solidaire : le gouvernement veut-il supprimer la démocratie d'entreprise ? - Ressources Solidaires



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