Les associations du service à domicile sont dans le rouge

15-06-2010  LIBRE
Les structures d'aide à domicile, indispensables au maintien de la dignité des personnes âgées présentent de nombreuses failles : déficits d'exploitation, dépôts de bilan et surtout, absence d'une autorité de régulation qui pourrait empêcher les distorsions de concurrence entre les différentes structures qui ne font qu'ébranler le système de solidarité national.

Selon les associations du service à domicile, 60 000 personnes et 10 000 salariés d'une centaine de structures françaises sont aujourd'hui en grandes difficultés. 400 autres structures seraient également menacées.

Si la qualité du service rendu aux familles ou personnes en situation de fragilité ou de perte d'autonomie exige logiquement une professionnalisation des personnels en matière de qualification sanitaire et médico-sociale, cette dernière n'est pas valorisée par une tarification pour le moins peu adaptée.

En effet, la tarification de nombre d'interventions est déconnectée des besoins, du contenu même des prestations et donc du prix de revient réel. Parallèlement, les compensations de l'État sont nettement incomplètes, ce qui ne permet pas aux organismes concernés de faire face à leurs dépenses croissantes en matière d'action sociale.

Il y a bien, semble-t-il, urgence à créer une instance de régulation : celle-ci permettrait d'enrayer la distorsion de la concurrence actuellement constatée entre les différents modes d'intervention fragilisant le système d'aide à domicile, et éviterait que ne se renforcent les inégalités territoriales.

De surcroît les organisations de l'aide et du soin à domicile en ont appelé à l'État, afin que les propositions issues de la table ronde du 22 décembre 2009 organisée par la DGAS soient effectivement mises en oeuvre.

Convaincu de l'insoutenabilité actuelle de la prise en charge de la perte d'autonomie, tant sur ses volets financier que social, de très nombreux députés demandent au gouvernement de réagir vite pour aider un secteur au bord de l'implosion.

Réponse du ministère du travail publiée au JO le 08/06/2010
L'aide à domicile, et particulièrement la situation financière des services d'aide à domicile, est un sujet auquel le ministre du travail, de la solidarité et de la fonction publique a été sensible. Ce secteur est complexe car il fait appel à des financements publics variés, ceux des conseils généraux, des caisses de retraite, à des exonérations fiscales et sociales, et à des financements privés, ceux des usagers.

Les exonérations fiscales et sociales pour le secteur représentent par exemple à elles seules 6,6 MdEUR en 2009.

Une table ronde sur le financement de l'aide à domicile a été organisée à la demande des ministres concernés par la direction générale de la cohésion sociale le 22 décembre 2009. Elle a permis de dresser un premier état des lieux des difficultés et des attentes du secteur.

À la suite de cette table ronde, le ministre du travail a souhaité, avec Mme la secrétaire d'État chargée des aînés et Mme la secrétaire d'État chargée de la famille et de la solidarité, pouvoir lancer des travaux qui devront nous permettre de mieux appréhender l'origine des difficultés du secteur et de définir les améliorations susceptibles d'y remédier.

À cet effet, le ministre du travail, de la solidarité et de la fonction publique a signé, le 29 mars 2010, des lettres de mission à l'attention du directeur général de la cohésion sociale (DGCS) et du directeur de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA).

La DGCS est ainsi chargée de l'animation d'un groupe de travail permettant d'établir un état des lieux territorialisé de l'offre de services d'aide à domicile.

Cette « cartographie » a pour objectif de mieux appréhender les profils et les besoins des personnes aidées ainsi que de comparer les pratiques des départements en termes d'autorisation et de tarification. Nous devrions ainsi disposer d'un observatoire de ce secteur qui souffre d'un manque de données partagées, objectivées et disponibles pour tous.

Ce groupe travaillera également sur l'efficience des structures, avec pour objectif de recenser et de proposer des solutions opérationnelles en termes de modernisation, de mutualisation et d'adaptation des services.

La CNSA est, quant à elle, chargée d'animer un groupe de travail sur le contenu qualitatif des plans d'aides qui sont mis en place pour le maintien à domicile des personnes âgées ou des personnes handicapées pour aboutir à des référentiels partagés entre les différents acteurs.

Enfin, le ministre du travail, de la solidarité et de la fonction publique va saisir dans les prochains jours les trois inspections générales (IGAS, IGF et IGA) d'une mission large sur le financement et la tarification des services d'aide à domicile.

Elle portera sur les facteurs déterminant les coûts des prestations, sur les règles de tarification, sur la solvabilisation des besoins et des plans d'aide par l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) et la prestation de compensation du handicap (PCH) et sur les contrôles d'effectivité des dépenses publiques d'aide à domicile.

L'ensemble de ces travaux devront être remis pour le 30 septembre 2010. D'ici là, le ministre du travail, de la solidarité et de la fonction publique sera évidemment attentif aux difficultés signalées au plan local pour pouvoir y répondre au mieux.



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