Les employeurs de l'ESS emboîtent le pas du Medef

08-07-2014 ESS LIBRE
C'est une petite ligne dans un compte rendu d'info qui nous a alerté. L'union des employeurs de l'économie sociale et solidaire - UDES - a demandé au gouvernement une égalité de traitement avec les entreprises classiques. Egalité qui passe naturellement par des allègements de charges sociales sur les bas salaires.

"Réduire le coût du travail, c'est la seule voie possible pour sortir de la crise". Ce n'est pas un haut responsable du Medef qui le dit, mais Alain Cordesse, président de l'UDES.

On peut comprendre que l'ESS réclame aussi sa part d'allègements, mais au lieu de tirer vers le bas, comme le fait le Medef, on aurait pu s'attendre à une autre approche économique.

Un effort sur la transparence notamment, sur les conditions sociales de travail voire même sur l'exercice de la démocratie en son sein. Autant de points qui font tâches dans des entreprises à "tailles humaines".

On peut admettre le débat sur le coût du travail, le débat est toujours salutaire. Mais, que l'ESS considère que les cotisations sociales ne sont que des "charges" et pas une répartition des possibilités de soins, d'assistance, de solidarité, "une juste protection sociale pour le plus grand bien de tous" laisse entrevoir ce que sont ces "entreprises différentes pour une économie au service de l'Homme."

Et pourtant, on pouvaient espérer que l'ESS serait porteuse d'une autre organisation du travail, ce ne sera visiblement pas le cas.

Faisant appel aux associations qui représentent plus des trois quarts de l'emploi dans l'ESS (chiffres à vérifier...), l'UDES enfonce le clou : "la baisse des financements publics, octroyés par l'Etat et les collectivités locales ; la paupérisation des publics pris en charge ; un phénomène de concurrence accrue avec les entreprises privées lucratives qui investissent des marchés jusque-là principalement occupés par le secteur non lucratif ; ainsi que la généralisation des pratiques d'appels aux marchés publics et, sous l'effet de la crise, la priorité laissée au moins-disant".

Si l'analyse est juste, elle ne s'applique pas à la totalité des entreprises ESS mais uniquement aux associations qui ne vont pas bénéficier des mêmes avantages et qui souffrent déjà de la "concurrence accrue avec les entreprises privées ESS qui investissent des marchés jusque-là principalement occupés par le secteur associatif non lucratif". Car l'ESS, c'est aussi cela.

Inutile de tenter d'expliquer aux responsables de l'UDES que la crise n'est pas due au coût du travail mais à celui du capital. Inutile, car on comprend bien que les entreprises de l'ESS qui revendiquent le fait de "vouloir nouer un autre rapport à la lucrativité" souhaitent surtout profiter des avantages que la loi ESS va leur apporter.

Cette attitude démontre que, tout comme le Medef, l'ESS pense que l'avenir appartient au "renard libre dans le poulailler libre..."

En savoir plus
L'UDES, union des employeurs de l'économie sociale et solidaire, regroupe 27 groupements et syndicats d'employeurs (associations, mutuelles, coopératives) et 14 branches et secteurs professionnels. Avec plus de 70 000 entreprises, employant plus d'1 million de salariés, l'UDES est l'organisation multiprofessionnelle de l'économie sociale et solidaire. Elle rassemble 80% des employeurs fédérés de l'économie sociale et solidaire. L'UDES, union des employeurs de l'économie sociale et solidaire

Pourquoi le MEDEF s'intéresse-t-il autant à l'Economie Sociale et Solidaire ? Lettrasso du 29-10-2013



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