Ne dites pas à ma mère que je suis fumeur elle me croit alcoolique

21-11-2017 SOCIETE LIBRE
Cela a commencé par la suppression de la cigarette dans les albums de Lucky Luke à partir de 1984 sous la pression américaine. Je ne sais pas pour vous, mais voir le héros de notre enfance mâchouiller un brin de paille en lieu et place de son mégot... Et puis, ce furent les photos retouchées de Jacques Prévert qui était pourtant un fumeur de pipe invétéré. Sans compter les multiples disparitions de l'herbe à Nicot, sur de nombreux portraits d'une liste interminable de stars.

Le fumeur devenait l'ennemi, le proscrit, le criminel. Et commencèrent les hivers sur les balcons pour tirer sur la clope, chez des amis devenus intransigeants et qui pourtant, la veille encore, fumaient avec vous.

Eloignons tout de suite les prétendues raisons de santé publique pour bannir ainsi les fumeurs. Le nombre de morts liés à la consommation du tabac serait de 73.000 décès prématurés chaque année en France (INPES, 2014). L'alcoolisme en revendique 49.000.

Mais, à ce second chiffre, il faudrait rajouter tous les morts et blessés à cause de la consommation d'alcool de l'un des protagonistes : accidents de voiture, meurtres, coups et blessures et j'en passe. Cela fait du monde. Consommer de l'alcool rend beaucoup plus agressif que de tirer sur sa pauvre clope. Le premier énerve, la seconde calme. Or, la croisade est bien dirigée contre les fumeurs, pas les buveurs.

Pour clore la parenthèse santé, jetons un voile pudique sur les 48.000 morts par an que la pollution nous emporte auxquels il faudrait rajouter ceux que l'amiante trucide encore, que le glyphosate attend, que l'aluminium espère et j'en passe. Là encore, que je sache, pas de croisade virulente en vue. Tout juste des raclements de gorges à la pelle, des toux persistantes et des cancers inconnus.

Le fumeur gêne, il fait tâche dans le paysage plus blanc que blanc que souhaitent nous destiner nos libres censeurs. Comme le sexe qui gêne au cinéma alors que nos publicités le suggèrent à chaque carrefour sur des affiches géantes.

Agnès Buzyn, ci-devant ministre des Solidarités et de la Santé, était une parfaite inconnue jusqu'à sa récente sortie sur l'interdiction de l'usage de la cigarette dans les films français. Faire le buzz quand on se nomme Buzyn était une prédestination. On imagine sans mal cette brave femme réunir son "staff com" pour un "brainstorming" afin de définir une stratégie pour la faire enfin sortir de l'ombre médiatique.

Elle aurait pu se pencher sur l'avenir de nos hôpitaux, elle a choisi de taper sur les fumeurs. Sûr que pour faire le buzz, les seconds sont plus rentables que les premiers. Si le cancer tue, le ridicule aussi. Et la dame montre rapidement les limites de son raisonnement fumeux.

Demander aux cinéastes de faire du sanitairement correct dans leurs oeuvres est une vaste blague. Mais puisque la ministre est en forme dans son costume de Barbarella, allons jusqu'au bout de son raisonnement. Montrer un fumeur à l'écran peut inciter nos enfants à faire de même ? Soit.

Mais dans ce cas, que faut-il faire des scènes de torture, de massacre à la kalachnikov, tronçonneuse et autres objets contondants sans compter les viols, la mafia et autres gentils membres qui débordent des écrans que nos chers enfants consomment sans modération ? Ces faits n'ont-ils aucune influence sur nos bambins ?

A en croire la ministre, seule la clope est transgressive. Seul le fumeur est dangereux. Cette fumée bleue cache le feu rougeoyant de l'enfer, signons-nous mes biens chers frères.

La cigarette tue à petit feu, c'est indéniable. Des chercheurs ont même estimé le manque à vivre : onze minutes de vie en moins par clope ! Mais pour un vrai fumeur, c'est cinq minutes de bonheur en plus. Et comme le minutage négatif nous est décompté en fin de vie, alors fumons mes frères. A quoi bon mourir en bonne santé dans une maison de retraite hors de prix et finir tué par la maltraitance involontaire d'un personnel médical en trop petit nombre ?



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