Pour réfuter l'accusation, il faut détruire l'accusateur

13-02-2017 SOCIETE LIBRE
En 2016, Le Canard enchaîné a fêté dignement ses 100 ans d'existence. Qui mieux que ce journal connaît la vie politique française ? Le général de Gaulle réclamait chaque semaine son volatile. Il savait, lui, que les politiques n'auront jamais aucune prise sur les journalistes du "Canard". Il faut dire qu'ils sont totalement indépendants et qu'ils ne vivent que des ventes sans aucune publicité. Inutile d'essayer d'intimider quelqu'un qui n'a pas peur.

Le seul recours contre les articles du "Canard" reste le procès en diffamation. Un outil à manier avec précaution car non seulement le volatile les gagne à 99%, mais la publicité faite autour de l'affaire risque d'aggraver encore le mal.

Alors que l'ensemble de la presse est dans une situation financière catastrophique, le "Canard" est bénéficiaire depuis les années 1960, ce qui en fait sans conteste, l'Ovni de la presse française. Son prix de vente (1.20 euros en France métropolitaine) est le même depuis 1991. Son slogan est une belle illustration de l'idée que se font ses journalistes de leur métier : "La liberté de la presse ne s'use que quand on ne s'en sert pas."

Le "Journal satirique paraissant le mercredi" est à l'origine de la révélation de 90% des affaires sorties en France. Depuis ses origines, le "Canard enchaîné" est considéré comme un journal politiquement indépendant. Il n'a jamais hésité à dénoncer toutes les dérives quel que soit leur couleur politique. Cette double indépendance, financière et politique, fait du "Canard" une forme alternative de presse qui n'a aucun équivalent dans le monde.

Alors, quand un candidat à la présidentielle est accusé par le "Canard" d'avoir détourné près d'un million d'euros d'argent public en "employant" son épouse "à l'insu de son plein gré", la France de droite et de gauche commence par se "gondoler". Le Français est bonne pâte sur l'honnêteté de ses dirigeants...

Mais, lorsque le "Canard" sort l'affaire "2F Conseil", la société du candidat, le lecteur ne rit plus et découvre stupéfait, les implications possibles dans le programme politique voulu par le candidat en question. Candidat qui se disait près à remettre en cause la sécurité sociale pour "apurer" les comptes...

Bien sûr, le candidat en question est victime d'une tentative d'assassinat politique doublée d'un lynchage médiatique le tout orchestré par des officines vouées à sa perte et dont les ramifications mèneront jusqu'à la CIA et la Corée du Nord en passant par Daech et Al qaida... Et on le découvrira quand la justice fera enfin son travail plutôt que de perdre son temps à lui chercher des poux dans les sourcils.

En attendant ce jour béni entre tous mais oh combien hypothétique, le candidat et ses soutiens tentent de décrédibiliser les journalistes et les juges. Tout comme un certain Trump dans un autre monde...

La justice enquête ? On la récuse. La presse informe ? On la fait siffler dans les meetings. Le "Canard" devient même un journal grassement subventionné et donc aux ordres du financeur. Heureusement, le volatile a su expliquer en détail, dans son numéro du mercredi 8 février 2017, qu'en guise de subventions, il s'agissait simplement du dégrèvement postal auquel toute la presse à droit.

Le candidat se sent acculé, à juste titre, alors pour unique défense, il brandit le vote populaire exprimé lors de la primaire, face auquel les enquêtes journalistiques et judiciaires ne pèsent rien. Qu'attend donc ce candidat pour reprendre à son compte les arguties de Trump sur les "faits alternatifs" ? (1)

En savoir plus
Le Canard enchaîné : 100 ans : un siècle d'articles et de dessins. Le roman du Canard

Le site du Canard enchaîné

D'où vient le nom du Canard ?
Fondé en 1913, L'Homme libre puis L'Homme enchaîné fut le journal de Georges Clemenceau, qui critiquait ouvertement le gouvernement de l'époque. En français familier, journal se dit Canard. Les deux journalistes fondateurs, Maurice et Jeanne Maréchal, décidèrent alors d'appeler leur journal : Le Canard enchaîné en "hommage" au vieux tigre.

Les faits alternatifs (AlternativeFact) ou comment la vérité devient une option.
(1) Kellyanne Conway, directrice de la campagne devenue conseillère de Donald Trump, a marqué les esprits en appelant les mensonges du porte-parole de la présidence de "faits alternatifs". Celui-ci avait assuré que plus de personnes avaient assisté à l'investiture de Donald Trump que pour n'importe quel autre président. Et ce malgré photos et vidéos qui démontraient le contraire.



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