Que faire de ces salauds de pauvres ?

15-02-2016 BENEVOLAT LIBRE
Dans le film de Claude Autant-Lara, la Traversée de Paris, Jean Gabin traite les patrons et clients d'un bar qui ressemble au bouge des Thénardier de "Salauds de pauvres" ! Hugo dans ses Misérables en faisait une peinture plus littéraire : "Ces êtres appartenaient à cette classe bâtarde composée de gens grossiers parvenus et de gens intelligents déchus, qui est entre la classe dite moyenne et la classe dite inférieure, et qui combine quelques-uns des défauts de la seconde avec presque tous les vices de la première, sans avoir le généreux élan de l'ouvrier ni l'ordre honnête du bourgeois.".

Nous avons écrit le 21 décembre 2015, un article intitulé : "Les bénéficiaires du RSA comme bénévoles dans les associations". Il s'agissait, à l'époque de dénoncer la posture démagogique du président LR du Conseil départemental de la Drôme (Patrick Labaune) qui souhaitait remettre les bénéficiaires du RSA au travail en les obligeant à faire du bénévolat.

Mais depuis, cette initiative imbécile a fait des petits et si elle nous est toujours aussi insupportable, il est temps d'en expliquer les raisons. Cela ne rendra pas ces "annonces populistes" plus acceptables, mais cela aura au moins le mérite de démontrer le cynisme sans limite de ces élus qui pensent encore que, jouer la division entre les pauvres ramènera l'électeur frontiste dans le "droit" chemin.

Oser accepter de survivre avec 462 euros par mois n'est pas acceptable pour ces boursouflés de l'ego. De ce fait, il est facile au bateleur de foire devenu président d'un conseil départemental de taper sur un être qui n'a pas le surmoi gonflé au Botox. De plus, ces "misérables" ne votent pas, alors pourquoi se gêner.

Oser dire que le bénéficiaire du RSA est un "profiteur" du système qui refuse de travailler est une honte. Conditionner le versement de cette "généreuse" manne à l'obligation d'oeuvrer bénévolement pour une association est une saloperie. Et c'est surtout une bien triste façon de cacher l'impuissance de ces élus, incapables qu'ils sont, de proposer un travail rémunérateur à presque deux millions de bénéficiaires.

Mais le pire est à venir. L'Etat, qui devait rembourser intégralement aux départements la prestation du RSA, n'est plus en capacité d'honorer ses engagements. De 100%, on est passé à un pénible 60% qui ne suffit bien évidemment pas à boucler le budget RSA.

Mais comment les départements se sont-ils retrouvés avec le RSA sur les bras ? En 2010, le gouvernement de l'époque envisageait la suppression des départements dans le redécoupage prévu de notre géographie nationale.

La peur au ventre, les présidents de l'époque ont accepté de prendre en charge la gestion du RSA contre le maintien de leur existence. L'Etat s'est frotté les mains et a promis en échange le reversement d'une taxe sur les produits pétroliers et d'une hausse des "droits de mutation", sorte de taxe immobilière (1).

Sauf que la crise s'éternise, que le pétrole baisse, que l'immobilier stagne et que le nombre de bénéficiaires au RSA explose. De fait, les départements peinent à verser cette prestation sociale et bottent en touche en forçant l'Etat, par des annonces "coup de poing", à compenser le manque à gagner.

Bref, les bénéficiaires sont les otages d'une négociation qui tarde à venir et qui les dépasse largement. Pour obliger l'équipe gouvernementale à ouvrir les cordons de la bourse, les présidents LR menacent d'obliger les bénéficiaires du RSA à s'inscrire au chômage. Inscription qui aurait pour effet de gonfler les statistiques, ce qui obligerait Hollande à renoncer à se représenter et aux socialistes à préparer leur primaire.

Nous sommes bien loin de l'intérêt général, loin du sens de la mission de service public d'un élu, loin des attentes des associations, loin de tout et surtout de l'Humain.

En savoir plus
(1) Les droits de mutation (aussi appelés droits d'enregistrement) correspondent à tous les droits et taxes perçus par le notaire pour le compte de l'Etat et des collectivités à chaque changement de propriétaire. Leur montant varie selon que l'acquisition porte sur un logement neuf ou sur un logement ancien. Ils sont exigibles lors de la signature de l'acte authentique et sont destinés à l'Etat, au Département et à la Commune où est situé le bien. La taxe départementale s'élève à 3,60 % du prix, la taxe communale à 1,20 % et celle pour l'État est de 2,50 % qui s'applique au montant du droit départemental. Le total représente donc 4,89 % du prix de cession.



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