Selon l'INSEE, la France a très mal au social

25-11-2014 SOCIETE LIBRE
Chaque année, l'Insee dresse un portrait social de la France. Celui de 2014 est le pire depuis les débuts de ces statistiques. France portrait social, s'adresse à tous ceux qui souhaitent mieux connaître la société française dans tous les courants qui la traversent. C'est dans la collection Insee Références que ce rapport est édité chaque année depuis octobre 2002.

Attention, ici nous sommes loin des enquêtes à la petite semaine qui nous disent que tout ne va pas si mal, que l'emploi va repartir et que les généreux donateurs ont bien compris l'utilité de leur don. Pas la peine de citer de nom, chacun reconnaîtra...

Et pourtant, dans ce portrait en creux d'une France qui se délite, quoi de plus froid que des lignes et des lignes de statistiques : chômage de longue durée, inégalités croissante des revenus, bénéficiaires des minima sociaux en hausse, des SDF en grand nombre, bref derrière les chiffres tous les clignotants sont au rouge.

- Un chiffre au hasard : le nombre de SDF a augmenté de 44% entre 2001 et 2012. Est-ce que l'on sait la misère qui se cache derrière ce pourcentage brut : 44%. L'Insee annonce 81.000 adultes et 31.000 enfants SDF en 2012 dans les agglomérations d'au moins 20.000 habitants. Un quart des sans-domicile travaillent. Les emplois qu'ils occupent sont très souvent précaires (contrats courts, temps partiel) et peu qualifiés.

l'Insee précise qu'elle a mené son enquête auprès des personnes fréquentant les services d'hébergement situés dans les agglomérations de plus de 20.000 habitants. De fait, elle ne peut pas "comptabiliser" ceux qui ne s'y rendent pas et ceux qui vivent dans les communes de moins de 20 000 habitants (qui sont les plus nombreuses). Ce qui multiplie au moins par deux ces chiffres.

- Le seuil de revenu des 10% de ménages les moins aisés a baissé de 1,3% chaque année entre 2007 et 2011, après avoir augmenté de 7,3% entre 2003 et 2007. Et l'INSEE de préciser que cette "évolution" a des "traductions locales contrastées", doux euphémisme pour dire que par endroit, c'est bien pire...

- De façon officielle (mais officieusement en intégrant les travailleurs pauvres et précaires, la France possède 5 millions de chômeurs - Baromètre Marianne), 2,8 millions de personnes sont au chômage, dont 1,1 million depuis au moins un an (ce ne sont que les chiffres de 2013). Ils sont 600 000 à être sans emploi depuis plus de 2 ans. Globalement, la hausse du chômage a été de 43% entre 2008 et 2013 et du coup le nombre de chômeurs de longue durée s'est accru de 56%.

Sans surprise, ce sont les jeunes, les sans-diplômes, les ouvriers et les employés, les parents isolés, les habitants des zones urbaines sensibles et les immigrés qui sont les grands gagnants de cet horrible course en sac.

- Le revenu salarial moyen s'établissait, en 2012, à 20.100 euros en moyenne pour l'ensemble des salariés du public et du privé. Ce chiffre n'a progressé que de 0,2% par an (contre + 0,6% par an entre 2002 et 2007).

- A fin 2012, plus de 1,7 million de personnes étaient allocataires du RSA socle. Mais si on rajoute les conjoints et les personnes à charge, ils sont plus de 4,5 millions à ne vivre qu'avec le RSA, soit une augmentation de 26% entre 2008 et 2012. Et on sait bien que ce chiffre ne reflète pas la réalité puisque de très nombreuses personnes qui pourraient prétendre au RSA ne le demandent pas. (1)

Ce n'est pas la peine d'en dire plus. Cette avalanche de chiffres peut donner le tournis, mais elle donne surtout la nausée quand on sait que les Diafoirus qui nous gouvernent vont administrer la potion jusqu'à la lie. Au moins, comme faisait dire Molière à ses personnages : le malade mourra en bonne santé.

En savoir plus
France, portrait social - Insee Références - Édition 2014

(1) Le pauvre est un riche qui s'ignore : l'Etat lui doit 6 milliards - Lettrasso du 23-04-2013



Depuis 1999 au service des associations

Abonnez-vous à LettrassoPlus

Abonnez-vous au Forum Juridique

Le pack Lettrasso + et Forum Juridique