Un verre ça va deux verres... Il est vain de vouloir du vin sans pesticide

11-03-2014 SOCIETE LIBRE
Alors que le lundi 24 février 2014, comparaissait devant le tribunal de Dijon, un viticulteur de Côte-d'Or pour avoir refusé de traiter ses ceps contre la flavescence dorée, une maladie grave de la vigne, l'enquête de l'Association de défense des consommateurs UFC-Que choisir tombe bien.

Que dit-elle cette enquête ? Elle relève la présence importante de pesticides dans de très nombreux vins. Elle établit de façon formelle que les pesticides utilisés dans certains vignobles se retrouvent directement dans nos verres.

Les viticulteurs ont en effet recours à de nombreux fongicides et autres pesticides pour lutter contre les maladies de la vigne. C'est même le secteur agricole qui utilise le plus de pesticides (20 % de la quantité totale appliquée en France).

L'enquête révèle que tous les vins issus de la viticulture conventionnelle contiennent des traces de pesticides, mais heureusement pour la plupart à des doses souvent faibles.

Mais le plus étonnant, c'est que l'on retrouve des résidus de pesticides même dans des vins issus de raisins certifiés biologiques.

Les viticulteurs bio expliquent que ces traces de polluants sont liées à des contaminations accidentelles, les parcelles biologiques étant proches des vignes conventionnelles qui utilisent des produits phytosanitaires.

C'est en fait le nombre de molécules différentes trouvées dans une bouteille de vin qui interpelle sur l'état alarmant de l'environnement. De plus, si indépendamment les unes des autres, ces molécules sont à priori inoffensives (ce qui reste à prouver), on ignore l'impact sanitaire lié aux éventuels cocktails de molécules.

Ne serait-il pas temps de fixer des limites maximales de résidus (LMR) pour le vin ? Car seuls les raisins de cuve sont soumis à une LMR, pas les bouteilles...

Réponse du ministère de l'agriculture et publiée au JO le 04/03/2014 (1)
Le magazine UFC-Que choisir a publié les résultats d'une enquête sur la présence de certains résidus de produits phytopharmaceutiques dans les vins français. Les enquêteurs ont retrouvé des résidus dans la majorité des échantillons testés et s'interrogent sur la nécessité de définir des limites maximales de résidus sur le vin, d'un point de vue du risque pour le consommateur.

Afin de protéger la vigne de certains ravageurs, les viticulteurs peuvent avoir recours à des produits phytopharmaceutiques. Ces utilisations sont susceptibles d'entraîner la présence de résidus dans les raisins de cuve, utilisés pour la vinification.

Des limites maximales pour ces résidus sont réglementairement définies au niveau européen sur les denrées alimentaires brutes, dans le cas présent les raisins de cuve, et non pour les denrées transformées, comme le vin.

Les contrôles de conformité s'effectuent donc majoritairement sur des denrées brutes. Cette question est néanmoins prise en compte dans le cadre de l'évaluation des risques préalable à l'autorisation des produits phytopharmaceutiques.

L'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) évalue l'exposition alimentaire du consommateur via la consommation tant de denrées brutes que d'aliments transformés.

Ce sont les buveurs de Coca-cola qui se réjouissent. Ils savent que leur breuvage est mauvais pour la santé depuis si longtemps...

En savoir plus
(1) Question posée par M. André Schneider (député UMP - Bas-Rhin).



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