Veille educative

29-03-2004  LIBRE
Voilà plus de deux ans maintenant que le plan d'action sur la veille éducative a été lancé. Et la démarche, même si elle demeure encore fragile, suscite cependant un intérêt grandissant. C'est pour tenter de trouver une réponse concrète et efficace au problème des jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans qualification ou le quittent prématurément (60 000 environ) qu'a été lancé, le 27 novembre 2001, le plan d'action sur la veille éducative. Il s'agit de mobiliser et de coordonner les intervenants éducatifs et sociaux, les professionnels de l'insertion et de la santé, les associations pour repérer les jeunes en rupture ou en voie de rupture et leur proposer une solution éducative et d'insertion. Le maire ou le représentant de l'intercommunalité est le garant de cette démarche.

Des villes s'engagent
En 2002, une trentaine de villes se sont engagée dans la démarche. En 2003, on en comptait plus d'une cinquantaine. Les premiers éléments de bilan laissent apparaître que de plus en plus de villes se montrent intéressées et que les derniers projets se font au niveau intercommunal, comme à Toulouse, Quivrechain et Rennes, ou concernent de grandes villes dont Paris (13e et 18e arrondissements) et Lyon (1e, 8e, 9e arrondissements). L'intercommunalité présente l'intérêt de pouvoir mieux répondre à certaines problématiques comme l'accès à la formation, à l'emploi ou même au lycée.

Les acteurs
Les acteurs ayant le libre choix de “raccrocher” la veille éducative à un dispositif existant, il a été constaté que la démarche s'inscrit davantage dans le champ de l'éducation que dans celui de la prévention de la délinquance et de la sécurité, même si un certain nombre de projets ont émergé au départ de certains CLSPD (contrats locaux de sécurité et prévention de la délinquance). L'existence du PEL (plan éducatif local) ou d'un CEL (contrat éducatif local) n'est cependant pas déterminante pour la mise en œuvre d'un projet. En revanche, la démarche de veille éducative, en favorisant la réflexion des partenaires sur l'action éducative à l'échelle du territoire, constitue une incitation à mettre en place de tels dispositifs. Des études réalisées entre octobre et novembre 2003 sur une dizaine de sites, font ressortir que la veille éducative est globalement bien perçue par les acteurs locaux qu'ils jugent, cependant, encore fragile. Cette fragilité provient non seulement de ce questionnement éthique mais aussi du fait que la démarche en est encore à un stade expérimental et qu'il n'existe pas véritablement de méthode. De plus, la veille éducative repose souvent sur des volontés individuelles, qu'il s'agisse de personnalités politiques ou de chefs d'établissement. Néanmoins, les acteurs locaux reconnaissent à la démarche plusieurs avantages dont celui d'affiner le diagnostic partagé, de réévaluer la pertinence des dispositifs existants dans le domaine de l'éducation et de la prévention, d'interroger les pratiques professionnelles et institutionnelles et enfin, ce n'est pas le moindre, d'avancer vers la construction d'une culture professionnelle commune.

Et alors, comment ça marche (en 4 points) ?
1. La cellule de veille éducative est placée sous la responsabilité du maire (ou du représentant des élus de l'intercommunalité) qui s'assure du concours de toutes les institutions sur le territoire communal.

2. Un coordonnateur a en charge de structurer le réseau d'acteurs (équipes éducatives des établissements scolaires, intervenants sociaux, professionnels de l'insertion, de la santé, élus, parents, associations, etc.) et de mobiliser ces intervenants pour examiner les situations individuelles et leur apporter une réponse.

3. Cela passe par l'établissement d'un état des lieux à l'échelle communale ou intercommunale qui permettra d'identifier l'offre éducative, de repérer les jeunes en rupture ou en voie de rupture et les besoins du territoire. Cela passe également par une réflexion sur les fonctionnements institutionnels et les pratiques des professionnels.

4. Tout doit être entrepris pour permettre une réinsertion scolaire. Mais lorsque cela n'est pas souhaité ou possible, il convient alors de construire un parcours individuel comportant un emploi du temps structurant, un lieu d'accueil et l'élaboration d'un projet.

Une veille éducative intéresse votre association ? Contactez votre mairie ou bien la DIV (Délégation Interministérielle à la Ville) ainsi que l'association PRISME. Il y a de quoi faire face à un projet qui semble intéressant à plus d'un titre.

En savoir plus :

PRISME promotion des initiatives sociales en milieux éducatifs 77260 La Ferté sous Jouarre www.prisme-asso.org

Délégation Interministérielle à la Ville 194 av du Psdt Wilson St denis La Plaine 01 49 17 45 72
www.ville.gouv.fr




Depuis 1999 au service des associations

Abonnez-vous à LettrassoPlus

Abonnez-vous au Forum Juridique

Le pack Lettrasso + et Forum Juridique

Veuillez activer Javascript sur votre navigateur. [ ? ]