FEAD : Fonds Européen d'Aide aux plus Démunis

17-10-2016 ESS LIBRE
Au moment où l'Europe est entrée dans une crise économique sans précédent, avec de lourdes conséquences pour un grand nombre d'Européens qui peinent à assouvir un besoin aussi vital que de se nourrir, le programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD) a été abandonné. A quoi bon maintenir la distribution des surplus communautaires constitués grâce à la PAC, à plus de 18 millions d'Européens, dont 4 millions de Français affamés ?

Il faut rajouter, à ce tableau bien sombre, une flambée des prix des biens de première nécessité devenus le nouvel eldorado des traders. L'abandon du PEAD est essentiellement l'oeuvre d'un homme : José manuel Barroso, l'ancien président de la Commission européenne recruté depuis par la banque Goldman Sachs.

De fait, le PEAD était considéré comme trop contraignant par la commission européenne. Le PEAD est mort, vive le FEAD ! La différence ? Un "Programme" européen s'étale sur plusieurs années ce qui assure un fonctionnement pérenne à tous les acteurs. Un "Fonds" dépend totalement de ceux qui émargent. Le calcul des comptables européens est simple : en cas de reprise de l'activité, le Fonds s'arrêtera de lui-même. Que le monde est simple derrière les écrans, bien à l'abri des tableaux financiers, des courbes et autres graphiques...

Comment fonctionne le FEAD en France ?
La France, à travers un marché public annuel, met à la disposition des associations têtes de réseau des denrées alimentaires à hauteur d'environ 80 millions d'euros par an. Elles sont réparties en fonction des capacités de redistribution et des besoins de chaque structure.

Quand la gratuité gêne...
Les denrées alimentaires qui proviennent du FEAD sont données gratuitement. Ce qui a provoqué la colère du réseau des épiceries sociales et solidaires qui s’appuient sur la participation, même symbolique, des bénéficiaires. L'ANDES (Association Nationale de Développement des Épiceries Solidaires) a obtenu, après un lobbying forcené, la création du "crédit national pour les épiceries solidaires" (CNES). Il permet, chaque année, l'achat de denrées spécifiquement dédiées aux épiceries sociales et solidaires implantées sur tout le territoire national, pour un montant d'environ 10 millions d'euros.

Deux pilotes pour un seul poste
Ce nouveau programme (crédits C.N.E.S.) qui a été réparti entre la F.F.B.A. (Fédération Française des Banques Alimentaires) et l'A.N.D.E.S. sur la base du nombre d'épiceries adhérentes dans chacun des réseaux, s'appuie sur 2 approches totalement différentes. Sur le terrain, il semble que le réseau de l'A.N.D.E.S. soit plus efficace que celui de la F.F.B.A. Cette bataille d'épiciers permet-elle aux 4 millions de Français affamés de se remplir le ventre ?

Cette guerre de chiffonniers a eu, heureusement, une issue favorable. Elle a en effet obligé l'Etat à légiférer beaucoup plus vite qu'il ne l'aurait sans doute souhaité. Et c'est ainsi qu'est née la la loi du 11 février 2016 relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire, qui prévoit l'obligation pour tout magasin de denrées alimentaires ayant une surface de vente supérieure à 400m2 de chercher à signer une convention avec une association d'aide alimentaire afin d'organiser le don des denrées invendues.

En savoir plus
LOI n° 2016-138 du 11 février 2016 relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire

Gaspillage alimentaire : de nouvelles mesures qui vont dans le bon sens

Gaspillage alimentaire : évaluation du don et contenu du reçu fiscal

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