Vers l'universalisation du service civique ?

27-06-2016 ACTUASSO LIBRE
Le 8 juin 2016, François Chérèque, qui assurait depuis 2013 le poste de président de l'Agence du service civique a été remplacé par Yannick Blanc. Ce dernier est l'ancien préfet du Val-d'Oise et le toujours président de la Fonda (le "think tank" du secteur associatif). Enarque et ancien élève de Normale Sup, l'homme a traversé bien des difficultés dont une sale rumeur sans fondement qui aurait pu avoir sa peau. Autrement dit, ce passionné de la vie associative a les nerfs solides et une réelle connaissance du terrain.

On peut ne pas être d'accord avec le rôle de la Fonda, ce qui est notre cas (1), et reconnaître les mérites réels de l'homme qui la dirige et qui maintenant va assumer la présidence de l'Agence du service civique, ce qui n'est pas rien.

Au chapitre des drôleries, l'homme de par son CV, possède le titre de fonctionnaire ayant signé le plus gros "bon à tirer" de l’histoire de l’imprimerie : les 46 millions d'exemplaires du traité sur la Constitution européenne. Que ceux-ci se soient retrouvés à la poubelle n'enlève rien au mérite d'un tirage "sans une seule coquille".

Assurer le développement de l'engagement civique.
Parmi les premières mesures que Yannick Blanc compte prendre, figure en bonne place une meilleure implication des élus locaux, en particulier les maires, sur le service civique; la construction d'alliances locales "Etat-collectivités-associations" autour de la réserve citoyenne (lancée en mai 2015, elle reste beaucoup trop sur la réserve...) ainsi qu'une réelle "territorialisation" de la charte des engagements réciproques entre pouvoirs publics et associations. Bref, un vaste chantier...

Pas d'obligation d'effectuer un service civique
Il existe en France une formidable capacité d'engagement avec 16 millions de bénévoles et plus de 200.000 jeunes qui sont candidats à des missions de service civique. Le pari de Yannick Blanc est de donner à cette envie de mobilisation les moyens de se réaliser. Pour cela, il compte faciliter les procédures et accompagner la conception des missions. C'est donc un travail d'information et de facilitation qu'il souhaite entreprendre et en aucun cas l'introduction, même à dose homéopathique, d'une quelconque obligation ou même de tenter de reconstituer sous une forme ou sous une autre un service national obligatoire.

S'appuyer sur le local pour "universaliser" le service civique
Il y a 36.000 communes en France et 500.000 élus locaux. Le conseil municipal, par sa constitution de citoyens engagés bénévolement au service de l'intérêt général, sera donc le fer de lance de l'engagement civique afin de réussir le pari des 350.000 jeunes en mission de service civique à l'horizon 2018.

Tenter d'endiguer les dérapages constatés
Dans une tribune parue dans Libération le 14 juin 2016, les associations "Génération Précaire" et "Voix des volontaires" expliquent que dans les missions de service civique, on a constaté, depuis quelques temps, un certain nombre de dérapages et un risque de substitution à l'emploi, notamment dans les services publics. Ces deux associations alertent donc sur un risque de dérapage généralisé en cas d'universalisation du service civique.

C'est pour cette raison que Yannick Blanc entend accompagner la conception même des missions proposées. En effet, une mission de service civique doit correspondre à un objectif collectif. C'est un projet monté avec une forte dimension civique, et pas une tâche que l'on donne à un jeune dans le fonctionnement habituel du service ou de l'association. En agissant en amont, il espère éviter les dérapages constatés.

En savoir plus
La réserve citoyenne

L'agence du service civique

(1) Associations et gouvernance selon la Fonda et La Fonda tape le carton en attendant 2020



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