04-09-2017  ESS LIBRE

Les contrats aidés ont besoin de notre aide

Dans son programme électoral, le candidat Macron se disait être "favorable aux contrats aidés mais uniquement dans le privé." En d'autres termes, il pensait que ce type de contrat était utile aux associations et entreprises, mais pas aux collectivités. Aujourd'hui, c'est donc la douche froide dans le landerneau associatif qui découvre, mais un peu tard, que les promesses n'engagent que ceux qui les croient.

Cette politique d'accompagnement social du marché de l'emploi, telle que définie par le premier ministre n'est donc plus d'actualité. Nous avons pu le vérifier auprès de Pôle Emploi. Cet organisme explique tranquillement que les CAE ne sont plus financés par l'Etat.

Dans le "Grand Entretien" que le président de la République a donné au magazine Le Point le jeudi 31 août, il a précisé un peu de sa pensée, concernant les contrats aidés. Pour lui, il s'agit "d'une politique conjoncturelle, quand elle n'est pas clientéliste." Il persiste un peu plus avant dans l'entretien : "les contrats aidés constituent trop souvent une perversion de la politique de l'emploi. Certains sont utiles, d'autres non."

Très en verve, le président poursuit sa démonstration sur un ton "jupitérien" : "Un contrat aidé, c'est une subvention déguisée pour les collectivités locales ou le secteur associatif. Ces secteurs ont toute leur utilité, mais, dans ce cas, cela doit entrer dans la dotation des collectivités locales ou dans les subventions aux associations, mais qu'on ne nous dise pas que c'est une politique de l'emploi."

Décidément très en forme, notre athlète approfondit sa pensée en lâchant, quelque peu martial : "Il s'agit essentiellement d'une politique conjoncturelle, quand elle n'est pas clientéliste, et qui suit souvent le cycle électoral."

On ne peut passer sous silence que le taux de retour à l'emploi durable des personnes concernées est en effet très faible. Que les formations qui devraient accompagner ces emplois ne sont pas toujours au rendez-vous et que plus l'association est importante, plus la fin du contrat pousse le salarié vers la porte.

Mais, nous avons également de très nombreux exemples de petites (moins de 153 000 euros de CA annuel) et d'associations moyennes (plus de 153 000 euros de CA annuel), qui ont su utiliser les emplois aidés comme une période d'essai avec une formation à la clé et que dans 90 cas sur 100, le contrat se transformait en CDI.

Enfin et surtout, pour nombre de jeunes, ce coup de pousse leur aura permis d’entrer dans le monde du travail et de mieux cerner leurs attentes. Les associations qui ont ainsi recruté par contrat aidé ont bien souvent été plus loin que la réponse à leur propre besoin. Elles ont encadré, repris des jeunes qui ne trouvaient plus leur place dans le système scolaire.

Cette approche rentre difficilement dans un plan comptable, mais combien coûte à la collectivité l'échec répété d'une intégration par le travail ?

La politique consiste aussi bien à avoir une vue d'ensemble des problèmes que de savoir préserver ce qui fonctionne, voire d'aider à son développement, sans idéologie ni parti pris. Le président fait du neuf avec du vieux comme on pouvait s'y attendre.

Gageons qu'après avoir facilité le licenciement dans les entreprises avec un code du travail "light", la courbe du chômage plongera dans les abîmes. Il ressortira alors de sa manche une politique d'accompagnement social du marché de l'emploi qu'il nommera sans doute "contrat accompagné", tout en prétextant ne pas refaire du "contrat aidé" à vocation conjoncturelle, voire clientéliste... Pendant ce temps là, combien d'associations auront encore disparu ?

En savoir plus
l'UDES (Union des employeurs de l'économie sociale et solidaire) interpelle le Premier ministre sur la réduction des contrats aidés annoncée par le gouvernement qui aurait de graves conséquences

Le Mouvement associatif dénonce l’annonce sans préavis et sans concertation de la réduction brutale des contrats aidés en 2017 et leur diminution drastique en 2018.

Voici une liste de pétitions à signer pour obliger le gouvernement à reconsidérer sa position sur la fin des contrats aidés :

Suppression des contrats aidés : vers la fin des associations ?

Suppression des Contrats Aidés, c'est la fin des Associations !

La fin des CAE-CUI signifie la fin des subventions gouvernementales à l'embauche.

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Les contrats aidés ont besoin de notre aide 
Dans son programme électoral, le candidat Macron se disait être "favorable aux contrats aidés mais uniquement dans le privé." En d'autres termes, il pensait que ce type de contrat était utile aux associations et <a href="https://www.loi1901.com/breves_associatives.php?moteur1=1066" target="_blank">Lire la suite sur Loi1901.com</a>

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