11-09-2017  ESS LIBRE

Enfin un Haut-commissaire pour l'ESS

Alors que le gouvernement ne semblait pas montrer un intérêt particulier pour l'ESS et les associations, voici qu'il nomme, le 4 septembre dernier, un Haut-commissaire à l'ESS. Cette nouvelle tombe à pic, en pleine crise de la suppression des contrats aidés. Un peu comme si, en nommant l'un, on tentait de faire oublier l'autre... C'est Christophe Itier, le candidat LREM malheureux lors des législatives dans le nord, qui décroche la timbale. Un lot de consolation ?

Dans un entretien accordé à La Croix, l'homme se dit "conscient de l'émotion qu'a suscitée l'annonce de la suppression des contrats aidés dans le secteur associatif".

Mais c'est pour rajouter aussitôt : "Derrière le terme générique de contrats aidés, il existe plusieurs types de contrats, de statuts, de publics concernés… Tous ne se valent pas." Le problème, c'est que c'est le gouvernement qui a employé le terme de "contrats aidés" et que c'est lui qui les supprime sans discernement.

Plus loin dans la même interview, Christophe Itier nous confie cette réflexion : "Bien des structures utilisent les contrats aidés comme une stratégie pour faire face à un déficit de moyens. Certes, elles travaillent à l'insertion professionnelle du salarié mais, au bout du compte, lorsque le contrat s'arrête, elles reprennent un autre contrat aidé faute d'avoir stabilisé le modèle économique. C'est ça le sujet qu'il faut traiter."

Nous sommes d'accord avec lui sur ce point. Mais la suppression avant la réflexion, c'est un peu comme si pour soigner la jambe d'un boiteux, on commençait par lui retirer ses béquilles... Le journaliste lui demande si l'annonce brutale de la suppression était la bonne solution ? Notre Haut-commissaire à l'ESS lui répond : "C'est tout le problème lorsqu'on veut réformer. Si on ne fixe pas un objectif – qui peut paraître radical, je le reconnais –, on ne fait rien. Or, nous avons un besoin urgent de réformer ce dispositif, notamment, disons-le, en raison des contraintes budgétaires. Maintenant, il faut surtout aider les associations à sortir de cette précarité."

Le terme est enfin lâché : "contraintes budgétaires". Il ne s'agit donc pas de remplacer ce type de contrats par un dispositif plus adapté, mais simplement de faire des économies budgétaires.

Le Haut-commissaire à l'ESS nous propose une potion magique pour sortir les associations de la précarité :
- ouvrir des champs de réflexion sur l'investissement à impact social,
- promouvoir la collaboration entre association et entreprise pour consolider les modèles économiques,
- encourager la constitution de "joint-ventures" sociales (1).

Le MEDEF l'a rêvé, le Haut-commissaire pour l'ESS va le réaliser. Ce pauvre Proudhon (2) va encore se retourner dans sa tombe...

En savoir plus
(1) Une "joint-ventures" est une coentreprise, également appelée une entreprise commune. Il s'agit d'un accord passé entre deux ou plusieurs entreprises qui acceptent de poursuivre ensemble un but précis pour une durée limitée.

(2) Proudhon est souvent considéré comme un père fondateur de l'économie sociale et solidaire. Pierre-Joseph Proudhon est un autodidacte, penseur du socialisme libertaire non étatique, partisan du mutualisme et du fédéralisme, il est le premier à se réclamer anarchiste : "La liberté est anarchie, parce qu'elle n'admet pas le gouvernement de la volonté, mais seulement l'autorité de la loi, c'est-à-dire de la nécessité."

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