07-02-2017  ESS LIBRE

La FACE cachée dans la lutte contre le chômage et la pauvreté

En 1993, François Mitterrand disait : "Dans la lutte contre le chômage, on a tout essayé". Outre l'effet déplorable d'une telle déclaration sur les chômeurs, il faut bien reconnaître que l'homme avait tort : tout n'avait pas été essayé pour éradiquer ce mal qui ronge les âmes et les corps. C'est maintenant chose faite. Depuis le 17 janvier 2017 pour être précis. A cette date, le chef de l'Etat a lancé l'arme absolue contre le chômage.

Terminé la courbe qui monte qui monte comme la méchante petite bête qu'elle est. Dorénavant et à partir de tout de suite, la guerre est déclarée et gagnée.

Quel est donc le nom de cette arme fatale contre le chômage et son corollaire, la pauvreté ? La Fondation pour l'Investissement Social et le Développement Humain. "Avec cette fondation, nous renforçons les liens entre acteurs sociaux, entreprises et pouvoirs publics. Sur la base d'une évaluation scientifique, nous repérerons des projets innovants que nous généraliserons au profit du plus grand nombre" a déclaré la ministre Marisol Touraine.

La ministre du travail, Myriam El Khomri, est encore plus enthousiaste : "Pour briser la spirale du chômage et de l'exclusion, nous misons sur la création d'emplois manquants. C'est toute la philosophie de l'expérimentation Territoires zéro chômeurs de longue durée, qui préfère mobiliser des financements pour rémunérer des chômeurs de longue durée en leur confiant des emplois non assurés et utiles à la collectivité plutôt que d'être laissés sans activité et indemnisés pour un coût équivalent."

Devant l'assurance de ces deux ministres, qui en plus nous certifient que l'évaluation des projets sera scientifique (pourquoi cette précision ??), on ne peut que s'interroger sur ce que cache le titre ronflant de cette fondation pour l’Investissement Social et le Développement Humain.

Pour commencer, une déclaration de Myriam El Khomri nous apprend que pour elle, "la solidarité est tout sauf de l'assistanat : elle est au contraire un investissement." Et une pierre dans le jardin de Benoit Hamon et son Revenu universel. On peut également s'étonner de l'absence du ministère de l'Economie et du secrétariat d'Etat en charge de l'Economie sociale et solidaire, qui portent déjà l'appel à projets sur les contrats à impact social (1).

Mais le principal est ailleurs comme dirait le poète... La Fondation pour l'Investissement Social et le Développement Humain sert de cache sexe à l'intronisation, par l'Etat, des cadors d'une autre fondation : la FACE ou Fondation pour Agir Contre l'Exclusion.

Créée en 1993 à l'initiative de Martine Aubry, cette fondation est aujourd'hui dirigée par Gérard Mestrallet. Homme d'expérience en matière d'exclusion, cet énarque a été PDG de GDF Suez, (rebaptisé Engie en 2015) et président de Paris Europlace, (organisme de représentation des marchés financiers français). C'est sa retraite-chapeau de 21 millions d'euros qui a fait polémique en 2013, dans un contexte où son groupe GDF-Suez enregistrait des pertes record et préparait un plan d'économies drastiques.

Difficile donc de trouver homme mieux placer pour combattre le chômage et vaincre l'exclusion sociale. C'est un peu comme si on confiait les rênes du pouvoir à un président capable de détourner des fonds publics en créant un emploi fictif pour son épouse. Inconcevable...

Pour rester en famille, c'est Isabelle Kocher, directrice générale d'Engie qui va diriger la Fondation pour l'Investissement Social et le Développement Humain. Cette femme énergique, grande spécialiste elle aussi de l'exclusion et du chômage, sera tout à fait qualifiée pour permettre à cette fondation "d'innover à travers des démarches d’évaluation croisant des politiques publiques et la responsabilité sociale des entreprises."

Visiblement, les collectivités locales sont les grandes oubliées de cette arme fatale contre le chômage et l'exclusion. A moins bien sûr que départements, communes ou encore centres communaux d'action sociale ne soient désignés par le terme d'"acteurs sociaux" dans la belle plaquette de présentation. On sent bien toute l'importance que la fondation accorde à ces "acteurs sociaux".

Bref, cette fondation cache en fait un partenariat public-privé (PPP), qui vient compléter la mise en oeuvre des Contrats à impact social. L'art et la manière de privatiser la misère de l'exclusion sociale que le chômage impose avec la participation de ceux qui en sont les premiers responsables. Le grand jeu du pompier pyromane se poursuit...

En savoir plus
La plaquette de présentation de la Fondation pour l'Investissement Social et le Développement Humain

(1) My name is Bonds, Social Impact Bonds et Social Impact Bonds : Casino Royale ou Dangereusement vôtre

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La FACE cachée dans la lutte contre le chômage et la pauvreté 
En 1993, François Mitterrand disait : "Dans la lutte contre le chômage, on a tout essayé". Outre l'effet déplorable d'une telle déclaration sur les chômeurs, il faut bien reconnaître que l'homme avait tort : tout <a href="https://www.loi1901.com/breves_associatives.php?moteur1=912" target="_blank">Lire la suite sur Loi1901.com</a>

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