14-10-2008   LIBRE

La restauration du patrimoine national en danger

Onze milliards d'euros, c'est le montant total des travaux dont auraient besoin les monuments historiques classés en France pour être sauvés des dégradations causées par le temps qui passe... Ce chiffre, qui donne le vertige (encore que la bourse aura coûté beaucoup plus cher), est donné par le ministère de la culture (qui a un budget de 2,9 milliards d'euros) et par les acteurs du secteur. Et la situation s'aggrave : le devis a augmenté de 4 milliards d'euros depuis 2002. En 2007, dernier recensement connu, 41 % des monuments classés présentaient un état sanitaire défectueux, contre 32 % en 2002. Et 2 844 d'entre eux étaient en situation de péril, souligne le Rapport sur l'état du parc monumental français.

Face à cette situation périlleuse pour le patrimoine national, les associations s'inquiètent, elles qui sont presque toujours en première ligne dans la restauration des batiments anciens, d'autant que la sauvegarde sollicite des disciplines scientifiques de plus en plus diverses et spécialisées et donc de plus en plus onéreuses.

M. André Wojciechowski (député UMP - Moselle) attire l'attention de Mme la ministre de la culture et de la communication sur les inquiétudes émanant des associations et particuliers engagés dans la construction et la restauration du patrimoine national, particulièrement au niveau des monuments situés en province. Il lui demande quelles seront les mesures envisagées afin de ne pas décourager ceux qui restaurent les monuments anciens.

Réponse de la ministre publiée au JO le 23/09/2008
En ce qui concerne les crédits affectés au secteur des monuments historiques, la ministre de la culture et de la communication précise qu'en 2007 les monuments de l'État ont bénéficié du versement d'une partie de la taxe sur les droits de mutation, qui s'élève à 70 MEUR.

Ce financement étant rétroactif au titre de 2006, le budget en faveur des monuments historiques a alors atteint, grâce au doublement exceptionnel de cette taxe, 380 MEUR.

En 2008, les 70 MEUR correspondant au montant annuel de la taxe ont été intégrés dans le budget du ministère de la culture et de la communication, les crédits consacrés à la restauration des monuments historiques, d'un montant de 303,81 MEUR, revenant au niveau de ceux de 2006.

Le financement de la conservation du parc monumental ne peut cependant reposer sur le seul apport de l'État, mais doit également bénéficier du concours de l'ensemble des collectivités territoriales.

S'agissant des monuments historiques privés protégés, près de mille six cents opérations d'entretien et de restauration ont été financées l'année dernière par les directions régionales des affaires culturelles (DRAC), soit près d'un quart des opérations réalisées sur les monuments historiques.

L'ensemble des crédits de paiement consacrés par le ministère de la culture et de la communication à la conservation du patrimoine privé s'élève à 23,08 MEUR (3,4 MEUR pour l'entretien et 19,68 MEUR pour la restauration).

Les crédits pour ces monuments, qui comprennent les immeubles et meubles appartenant à des personnes privées, à des associations, à des fondations et à des SCI, constituent ainsi 10 % des crédits de paiement consommés par les DRAC pour les monuments historiques. Le niveau fixé par le Gouvernement en 2006 pour les monuments privés est par conséquent atteint.

Par ailleurs, dans un objectif de simplification et de modernisation du régime des travaux sur les monuments historiques, l'ordonnance du 8 septembre 2005 relative aux monuments historiques et aux espaces protégés confirme que la maîtrise d'ouvrage des travaux de restauration d'un monument revient à son propriétaire.

Afin d'aider les propriétaires les plus démunis, et notamment les petites communes, à mettre en oeuvre ces travaux, un décret d'application précisera les conditions dans lesquelles les services de l'État chargés des monuments historiques pourront apporter une assistance gratuite à la maîtrise d'ouvrage.

Enfin, l'ordonnance du 8 septembre 2005 confirme la possibilité de versement d'un acompte avant le début des travaux de restauration lorsque ces travaux bénéficient d'aides publiques. Pour ce qui concerne l'État, le décret d'application prévoit sous certaines conditions d'augmenter le taux de cet acompte, actuellement limité à 5 %, versé lors du commencement de l'exécution des travaux.

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