Les associations sont la colonne vertébrale de la France

16-04-2019 ESS LIBRE
Les associations sont la colonne vertébrale de la France. Pas un seul secteur d'activité qui ne soit accompagné par une association. Nos structures sont l'alpha et l'oméga de notre société : premières arrivées, dernières à partir. Que serait la France sans les associations ? Un bateau ivre sans doute. Tenir la barre pour maintenir le cap, elles sont tout à la fois le sextant et l'étoile. Alors, comme une prière à nos hommes politiques : laissez les vivre.

Les associations ont embrassé tous les enjeux culturels, sportifs, sociaux et environnementaux grâce à la facilité avec laquelle deux personnes peuvent unir leurs moyens pour commencer à agir.

Si l'Etat et les collectivités pouvaient comprendre que l'immense majorité des 1 500 000 associations sont de petites tailles, avec peu ou pas de salariés, et qu'elles ne fonctionnent que par l'engagement des bénévoles, ce serait déjà une première victoire.

On cesserait d'entendre répéter, tel le perroquet, des mots aussi déconnectés de notre quotidien que "bonne gouvernance", "innovation sociale", "utilité sociale", "entrepreneuriat sociale", "social business", "mesure d'impact social", etc. Un vocabulaire d'entreprise qui doit rester aux entreprises.

Il y a peu, une députée LREM des Alpes-Maritimes, Mme Alexandra Valetta Ardisson, avait demandé à ce que les associations soient dans l'obligation de s'inscrire au registre du commerce et des sociétés avec transfert de compétence des préfectures aux tribunaux de commerces.

Heureusement, le ministre de l'intérieur de l'époque, M. Gérard Collomb, lui avait rappelé quelques principes de base : "1. La liberté d'association est constitutionnellement protégée en ce qu'elle constitue un principe fondamental reconnu par les lois de la République. 2. Le plein exercice de cette liberté implique une procédure simplifiée, rapide et gratuite de création des associations, telle que celle qui existe aujourd'hui."

Les hommes politiques sont "inspirés" pour construire leurs programmes par des "think tank" ou groupe de réflexion en bon français. La droite reçoit des propositions de l'Institut Montaigne, la gauche de Terra Nova, le Medef de La Fabrique de l'Industrie, etc. Hélas pour les associations, nous sommes également "conseillés" par un "think tank" (le terme a été remplacé par "Fabrique associative" puis "Plateforme d'intelligence collective"), j'ai nommé La Fonda.

La Fonda est à la réalité de la vie associative ce que certains hommes politiques sont à la vie réelle de leurs électeurs : totalement déconnectés. La Fonda est tellement hors sol qu'elle ne s'intéresse absolument pas à ce qui se passe en 2019. Non, ces penseurs voient toujours plus loin. En 2012, ils nous vendaient la Fonda 2020. Comme la date approche, la Fonda nous parle de 2030 avec "Faire ensemble 2030".

Avec ses "Ateliers du Faire ensemble", la Fonda rêve de "communautés d'action ouvertes aux associations et à leurs partenaires pour répondre à différents défis et bâtir un futur souhaitable". Que c'est beau. Ainsi, sont abordés des thèmes comme l'éducation pour tous, la transition énergétique et la santé qui devient inclusive comme il se doit.

Mais il ne faut pas se tromper, sous cette approche "centre mou" se cache en réalité une vision essentiellement économique du rôle futur des associations avec comme objectif de privatiser nos actions avec le "Contrat à impact social" (1).

Devant le scepticisme de nos "vieilles structures", ces penseurs orientent les différents gouvernements dans des décisions stupides et dangereuses comme la forte baisse des emplois aidés ; la hausse de la CSG qui entraîne la réduction des dons des retraités ; la suppression de l'ISF avec 50% de dons en moins ; etc.

Quand ils auront privé les associations des subventions, massacré nos secteurs de l'emploi, fait chuter les dons avec des lois imbéciles, nous n'aurons d'autres choix que d'accepter l'inacceptable : le "Contrat à impact social". C'est bien le but recherché.

En savoir plus
(1) Contrat à impact social : la grande illusion

L'innovation sociale est-elle d'utilité sociale ?

Allons-nous vers une réforme entrepreneuriale du modèle associatif ?



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