1746 personnes sont retrouvées mortes pour une cause inconnue

20-07-2015 SOCIETE LIBRE
Dans une vallée retirée de l'ouest du Cameroun, près d'un lac, 1746 personnes sont retrouvées mortes pour une cause inconnue dans un paysage quasi intact. Aucune destruction, les maisons des 3 villages situés à proximité sont en parfait état, mais femmes, enfants, hommes et bêtes sont tous morts. Que s'est-il passé dans cette vallée perdue située à 300 km environ au nord-ouest de la capitale camerounaise ? Nous sommes le 25 août 1986, les faits sont là, bruts inexplicables et bien réels.

Il n'y a plus âme qui vive dans un rayon de 30 km. Le paysage autour du lac Nyos est intact, tout juste peut-on voir qu'un pan de falaise semble avoir glissé dans les eaux calmes de ce lac d'origine volcanique. De fait, le seul est unique changement est la couleur de l'eau, qui d'un bleu horizon, est devenu rouge boueux.

Depuis des années, des scientifiques venus du monde entier se succèdent pour tenter d'élucider ce mystère. Diverses hypothèses s'affrontent sans pour autant donner une réponse unanimement acceptée. Ce qui semble certain en revanche, c'est que la mort a frappé par empoisonnement.

De ce fait, les populations environnantes sont, depuis la nuit du 25 août 1986, réfugiées dans des camps en attendant que la controverse qui divise les scientifiques cesse, afin de proposer une prévention des risques digne de ce nom, pour les populations environnantes.

Parmi les très nombreuses thèses scientifiques avancées, il en est une qui semble être la plus crédible, en attendant la preuve irréfutable de sa réalité.

Les victimes sont mortes empoisonnées par du gaz de dioxyde de carbone. Les vulcanologues affirment que ce gaz était stocké au fond du lac par l'activité sismique du volcan. L'écroulement d'une partie de la falaise dans les eaux profondes du lac aurait libéré une énorme poche de gaz provocant une explosion gazeuse qui a projeté dans les airs une colonne d'eau à une hauteur dépassant les 80 mètres.

Cette gigantesque quantité de dioxyde de carbone libérée d'un seul coup, poussée par les vents, ce serait ensuite rabattue au ras du sol en asphyxiant toute forme de vie jusqu'à 30 km du lac.

Mais cette thèse a été vivement combattue par Haroun Tazieff (mort en 1998) et son équipe qui ont prouvé, analyses de la chimie des gaz et de celle des eaux à l'appui, que l'hypothèse d'un dégazage des eaux profondes consécutif à un éboulement même important ne peut attester du phénomène.

Le seul point d'accord entre scientifiques reste l'empoisonnement par du gaz de dioxyde de carbone et la possibilité que le lac puisse en contenir en grande quantité. Depuis 1995 une opération de dégazage est réalisée avec succès par un système de pompage réalisé par autosiphon. Un jet d'eau et de dioxyde de carbone jaillit à l'orifice de la colonne immergée dans le fond du lac et le dioxyde de carbone se dissipe en quantité inoffensive dans l'atmosphère. Depuis 2011, ce sont deux colonnes supplémentaires qui assurent le dégazage définitif du lac.

Mais, en 2015, nous ne savons toujours pas comment la mort a frappé, en plein sommeil, au bord d'un lac tranquille, 1746 personnes en même temps...

En savoir plus
La Vallée tueuse de Frank Westerman (Christian Bourgois)
Dans son livre, Frank Westerman déconstruit tous les aspects de cette catastrophe et nous transmet les milliers d'histoires nées de l'accumulation de faits et de preuves. Car vingt-cinq ans plus tard, le mystère demeure entier. Les troupes camerounaises restent postées aux alentours de la vallée où il est toujours interdit de s'installer…



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