C'est nouveau : les dépenses sont publiques mais les recettes privées

09-12-2014 SOCIETE LIBRE
On a beau devenir de plus en plus anesthésié par des années de néolibéralisme, de temps en temps si ce n'est hélas plus le citoyen, c'est le contribuable qui somnole en nous qui sursaute à l'écoute de certaines aberrations. Alors que l'on demande à l'ensemble des contribuables (mais avec des pourcentages différents...) de financer la dette et aux salariés de se serrer la ceinture, on découvre avec sidération que la France a encore les moyens d'exonérer d'impôts et taxes à tour de bras.

Rendez-nous Dominique Rocheteau
Personnellement, je n'aime pas le foot. Marre de voir des professionnels surpayés qui ne sont que des gamins en short jouer les stars planétaires avec un vocabulaire de 250 mots et des rêves de nouveaux riches. Mais au moins, pouvait-on penser que cet "opium du peuple" permettait à notre pays d'engranger, via les impôts et taxes, des recettes fiscales non négligeables. On a les espoirs que l'on peut...

Aujourd'hui, pour qu'un pays puisse espérer accueillir une compétition sportive internationale, il doit assurer aux organisateurs que rien ne viendra entraver la bonne marche des affaires. En d'autres termes, oublions impôts, taxes et autres nécessités. On ne va pas empêcher les supporters de rêver avec de sombres histoires de fiscalité tout de même....

Et on nous parle d'esprit sportif...
Constituée sous la forme juridique d'une société par actions simplifiées, Euro 2016 SAS a été créée quelques mois après l'obtention par la France de l'organisation du tournoi, le 28 mai 2010. C'est la Fédération française de football (FFF) qui a mis en place cette entité avec l'UEFA. Cette société est chargée de promouvoir l'événement et de commercialiser ses droits (marketing, retransmissions télévisées, billetterie, hospitalité). Pour un événement comme la coupe d'Europe, les profits sont assurés : on parle de recettes qui dépassent le milliard d'euros, dont 400 petits millions juste pour le sponsoring.

Les dépenses sont publiques mais les recettes privées
Pour l'Etat et les collectivités, accueillir un tel événement a un coût. La France a réalisé 2 milliards d'euros d'investissements, dont 1,6 milliard pour les stades et 400 millions pour améliorer l'accès et les transports. Même les plus enthousiastes, comme l'ex ministre des sports Jean-François Lamour, admettent que : "Ce type d'événements coûtent toujours plus cher qu'ils ne rapportent, et ceux qui disent l'inverse se trompent".

En résumé, nos impôts sont un investissement dont les dividendes attendus sont offerts à l'organisateur.

On savait que les grosses multinationales parvenaient à imposer aux Etats un diktat économique, on découvre avec stupeur la soumission des Etats aux normes des fédérations internationales. A quand la défiscalisation des bénéfices réalisés par les cartels de la drogue ?



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