Où commence la violence faite aux femmes ?

15-10-2013  LIBRE
Les associations d'aides aux femmes victimes de violence nous remontent des chiffres alarmants. En effet, selon la sixième étude nationale des décès au sein du couple, réalisée chaque année par la délégation aux victimes, sur les 146 personnes décédées en France en 2012 sous les coups de leur partenaire ou ex-partenaire, 122 sont des femmes. Sur les 24 femmes auteurs d'homicides commis sur des hommes, 12 d'entre elles étaient victimes de violences conjugales.

Dans plus de 60 % des cas, les violences ont lieu dans la sphère familiale. Aujourd'hui en France, on estime à 1,3 million le nombre de femmes victimes de faits de violences au sein de leur couple.

L'Etat a conscience de cette situation dramatique
Les crédits pour la promotion des droits, prévention et lutte contre les violences sexistes s'élèvent à 14,47 millions d'euros, dont 3,56 millions sont consacrés aux subventions à destination des associations ; 1,37 millions d'euros sont consacrés au fonctionnement de 180 lieux d'accueil, d'écoute et d'orientation des femmes victimes de violences ; 2,77 millions d'euros sont alloués au financement du troisième plan (2010-2013) interministériel de lutte contre les violences faites aux femmes.

Mais que faire pour lutter plus activement encore contre les violences conjugales ?
Il y a beaucoup à faire. Il faut reconnaître aussi que ce gouvernement fait plus. Par exemple, la loi du 6 août 2012 a rétabli le délit de harcèlement sexuel, renforcé les peines encourues et mis en place un dispositif de prévention, notamment dans le champ du travail. L'accueil des femmes victimes, dès la première alerte, a été renforcé avec l'ouverture de lieux d'accueil dans 62 départements en 2012, ce qui représente un investissement de plus de 3 millions d'euros.

La honte de la république
Mais, le machisme qui conduit souvent (pas toujours heureusement) les hommes a adopter, vis à vis des femmes, des comportements qui sont trop souvent à la limite du harcèlement, a trouvé la semaine dernière, une illustration parfaite de ce que les femmes endurent.

Qu'un crétin, dans un milieu professionnel, moque, brime, casse toute proposition féminine n'est pas nouveau. Le harcèlement commence souvent là. Mais qu'un crétin député fasse la poule pour moquer les propos d'une collègue lors d'un débat portant sur les retraites, sujet grave s'il en est, est totalement inacceptable. (1)

Les députés doivent comprendre que l'exemple vient toujours d'en haut. Comment accepter que nos représentants se permettent non seulement ce genre de "plaisantriste" débile que même les élèves de cm2 ont délaissé, mais bien pire, adoptent vis à vis de leurs attachées parlementaires (et pas seulement elles), un comportement de harceleur primaire ?

Il ne s'agit pas seulement de l'attitude stupide de ce pauvre garçon. Le plus grave, c'est que ce geste n'a pas été condamné par l'UMP, parti dont la "poule" est issue.

On croyait, on espérait même, que les insultes insupportables endurées par Simone Veil lors du débat sur la loi autorisant l'avortement en 1975 (2) étaient à ranger dans le bêtisier d'une génération depuis renouvelée. Il n'en est rien et ce n'est pas une bonne nouvelle pour la parité homme femme dans toutes les sphères de la société française.

Parité pour laquelle l'UMP préfère payer une amende très élevée plutôt que de la faire respecter dans ses propres rangs. On ne peut s'étonner, ensuite, qu'un de ses députés soit aussi bête qu'une poule qui aurait trouvé un couteau...

En savoir plus
(1) Mardi soir, Véronique Massonneau a été chahutée lors de son intervention sur les retraites par des imitations du caquetage d'une poule. Le fautif, le député UMP Philippe Ray, sera privé d'un quart de son indemnité parlementaire pendant un mois (1.378 euros) par décision du président de l'Assemblée approuvée par tous les groupes politiques.

(2) Au-delà des mouvements féministes, une femme va incarner le combat pour la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse - IVG. Il s'agit de Simone Veil, alors ministre de la Santé sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing. Patiemment, longuement, elle mène cette bataille avec conviction et élabore un projet de loi qu'elle présente à l'Assemblée Nationale le 26 novembre 1974. Il vise à permettre aux femmes d'avoir recours à une IVG si elles le souhaitent, dans un délai de dix semaines après la conception.

Le débat à l'Assemblée dure quatre jours. Le sujet suscite un tel intérêt qu'il est retransmis à la télévision. Simone Veil doit subir les attaques violentes, et même les insultes répétées de nombreux députés, souvent au sein même de la majorité à laquelle elle appartient. Les propos vont jusqu'à s'envenimer et dépasser les limites du raisonnable. Ainsi, un député en vient à comparer l'avortement au génocide des juifs…

Mais Simone Veil tient bon. Ne perdant jamais sa dignité même dans les moments les plus difficiles, elle poursuit sa démarche contre vents et marées. Le vote à l'Assemblée a lieu dans une tension extrême. A la plus grande joie de la Ministre, les députés approuvent finalement le projet de loi. 285 parlementaires ont voté pour, 189 ont voté contre, dont 181 députés de la majorité. Six ce sont abstenus.

La nouvelle loi est promulguée par le président de la République le 17 janvier 1975.

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