Petite note en bas de page

10-08-2010  LIBRE
Nous avons reçu de très nombreuses réactions d'associations très choquées par les propos qui ont été tenus à Grenoble le 30 juillet par le président de la république. Nous ne pouvons que les comprendre. Mais, si le mois d'août est traditionnellement réservé à la bronzette intégrale ou pas, il faut bien reconnaître que depuis quelques années, une nouvelle activité a fait son apparition : la mise à sac des centres villes. La délinquance, en col blanc ou en casquette, doit être traitée dans toute la sévérité de la loi, c'est pour nous une évidence. Et cette évidence doit être partagée par tous.

Mais, que le président de la République précise lors d'un discours à Grenoble le 30 juillet 2010, que "la nationalité française puisse être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un policier, d'un gendarme, ou de tout autre personne dépositaire de l'autorité publique" pose question...

Bien sûr, nous ne sommes pas dupes. En pleine affaire Woerth-Bettencourt, il était urgent pour lui de reprendre la main. Ce n'est pas la forme qui est en cause, car une grande partie de la France n'attend plus rien de ce président là, c'est le fond.

Comment un président de la République, dépositaire de la loi et de la parole de l'Etat peut-il proposer de revenir sur l'un des acquis de la révolution française ? Seuls avant lui, Laval et Pétain avaient osé avec les sinistres résultats que l'on connait.

Nicolas Sarkozy est l'homme qui en 2003 supprima la double peine qui permettait de renvoyer dans son pays d'origine un étranger condamné en plus de l'exécution de sa peine de prison. En 2010, il demande le retrait de la nationalité française... Un grand écart qui pose problème.

Car ce président n'est ni pétainiste, ni raciste et encore moins facho comme aime à le représenter l'extrême gauche. Non, cet homme est simplement capable de tout pour conserver le pouvoir. En cela, il ne respecte pas la fonction présidentielle. Mais, nous nous devons de la respecter à sa place. Non par grandeur d'âme ou démagogie, mais simplement par besoin d'une France une et indivisible. L'insulter, c'est insulter la France.

En 2003, Sarkozy avait besoin pour contrer Chirac de se trouver des soutiens au sein de la gauche "bien pensante". Cette gauche souvent représentée par le journal Le Monde. Il fallait donner des gages, la suppression de la double peine en était un.

Aujourd'hui, le problème est tout autre. La remontée du Front national avec à sa tête une Marine Lepen très convaincante et sans doute plus "fréquentable" que papa lui pose un réel problème. Il ne peut en aucun cas aborder 2012 avec un tel risque à sa droite. Alors il droitise encore plus son discours.

Ce qui est navrant et dangereux, c'est que dans le pays de l'Affiche rouge(1), le président de la république puisse se permettre de tenir de tels propos en pensant rallier à lui une partie de la population. Sans doute cette population existe-t-elle... Et si elle n'existe pas encore, cet homme a les moyens avec tous les médias à sa disposition, de créer l'atmosphère nécessaire à son existence...

Les associations doivent se mobiliser pour que 2012 ne soit pas l'année de toutes les outrances. La France n'a pas besoin de cela, les français non plus. La repression qui stigmatise toute une communauté n'a jamais été la réponse intelligente à nos insuffisances, à nos manques de discernement et à nos imprévoyances. Nous sommes confrontés à de graves problèmes, c'est une évidence. Mais ces "réponses" ne sont pas les bonnes.

En savoir plus
(1) L'affiche rouge symbolise la lutte de français ou étrangers contre l'occupant nazi. Les 23 résistants du groupe Manouchian ont tous été fusillés au Mont Valérien 21 février 1944, sauf Olga Bancic la seule femme du groupe qui fut décapitée dans la prison de Stuttgart le 10 mai 1944.

Dans la foulée de ces exécutions, la propagande allemande placarde 15 000 exemplaires de ces fameuses affiches rouges portant en médaillons noirs les visages de dix fusillés. Au centre, la photo ­de Manouchian, avec cette inscription : « Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés. ». Mais l'affaire de l'Affiche rouge, placardée sur les murs de Paris par l'ennemi, produit l'effet contraire à celui escompté : pour toute la Résistance, elle devient l'emblème du martyre. Les soutiens de sympathisants se multiplient.



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