Sport: la Cour des comptes demande une refonte totale des financements publics

22-01-2013  LIBRE
Pour la première fois de son histoire, la Cour des comptes a rendu un rapport qui dresse un constat très sévère de la politique du sport en France. Il faut dire que la situation l'impose car depuis 50 ans, rien a bougé ou presque. C'est le général De Gaulle qui a décidé de développer le sport tant amateur que de haut niveau en France après les résultats déplorables de la France aux Jeux olympiques de Rome en 1960.

Depuis ? Rien de vraiment nouveau pour ce vieux modèle des années 60 qui a montré certaines de ses limites et pourtant ce n'est pas faute d'argent, car l'Etat consacre tout de même 4,3 milliards d'euros par an au développement des différentes politiques sportives.

La ministre des Sports Valérie Fourneyron (décidemment sur tous les fronts), interrogée par l'AFP, a estimé que ce rapport confortait sa feuille de route. "Sur ses 19 recommandations de la Cour des comptes, il y en a 19 que je partage, dont la moitié que mon ministère a déjà engagées", a-t-elle déclaré.

En pleine forme elle s'est empressée d'ajouter que le rapport "montre très clairement que les inégalités sont encore très fortes et qu'il faut prendre des mesures énergiques pour les corriger parce que pour l'instant, le modèle sportif français est mal organisé"...

Que préconise ce rapport :
- que l'Etat doit "concentrer les moyens dont il dispose au service de priorités resserrées dans le cadre de deux grandes priorités qu'il a défini: le développement du sport pour tous, l'excellence du sport de haut niveau",

- que l'Etat doit éviter la dispersion des fédérations sportives en France : "elles sont 117 - dont deux de chiens de traineau et une de flying disc, alors qu'il y en a moitié moins en Allemagne, en Espagne ou en Italie",

- que l'Etat doit obliger des fédérations "riches comme celle de football de redéployer des conseillers techniques en trop grand nombre vers des sports moins connus et qui pourtant attirent de plus en plus de licenciés, comme le karaté ou le taekwondo"

- que l'Etat doit obliger le ministère du sport à "davantage d'exigence dans l'attribution des agréments aux fédérations, pour favoriser les rapprochements",

- que l'assiette de la taxe "Buffet sur les droits de retransmission des compétitions sportives soit revue afin d'y ajouter les droits cédés depuis l'étranger".

Il faut dire, en quelques mots, que les fédérations sportives se partagent 85,6 millions d'euros et 1.680 conseillers techniques sportifs, ainsi que des agents de l'Etat dont la masse salariale représente 110 millions d'euros par an, par le biais de conventions d'objectifs signées avec le ministère des Sports. Ce n'est pas une sinécure, mais cela y ressemble...

La refonte est donc nécessaire. Mais il faudra suivre avec beaucoup d'attention le résultat de cette remise à plat. Car la Cour des comptes, dans son rapport, distille une information que personne ne reprend et qui a pourtant son importance : "En se mondialisant et en se professionnalisant, le sport évolue dans un contexte de concurrence internationale avivée...".

On sait ce qu'a donné ce type de refontes dans le domaine industriel et bancaire... A suivre donc pour que la petite association sportive ne fasse pas les frais d'un regroupement effectué à la "serpe" pour le plus grand bonheur de quelques uns...

En savoir plus
Sport pour tous et sport de haut niveau : pour une réorientation de l'action de l'Etat - Le rapport de la Cour des comtes



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