Une solution pour sortir de la crise

31-01-2012  LIBRE
Encore une fois, les associations sont en première ligne. Encore une fois, elles prouvent avec audace et intelligence qu'elles ont les moyens de faire cesser l'énorme casse sociale qui se prépare. Encore une fois, la mobilisation citoyenne peut payer, on peut faire quelque chose, il est possible d'inverser la marche folle, il y a des solutions dont pourtant aucun candidat à la présidentielle ne parle. Pour tout savoir sur ce formidable espoir : suivez le guide...

La France est endettée, elle a besoin des marchés pour poursuivre, il faut donc rassurer les marchés. Pour cela, pas d'autre alternative que la rigueur, nous n'avons plus le choix. L'air grave, les politiques entonnent tous cette chanson là. La menace de la faillite grecque est agitée comme un drapeau.

Tous les décideurs publics, qui sont incapables d'imaginer une autre façon de penser, exigent une politique de rigueur draconienne, dont ils notent pourtant très rapidement les effets dévastateurs, tout en demandant encore plus de rigueur alors même qu'ils assistent impuissants à l'échec de cette folie.

Écoutons les : ils veulent la rigueur totale mais exigent en même temps le redémarrage de la croissance.

Ils sont même capables de s'alarmer de ce que l'effondrement de la croissance empêche d'atteindre les objectifs de remboursement de la dette affichés. On les entend même dire la bouche en coeur, qu'il y a un lien possible entre cet empêchement et la rigueur forcenée qu'ils imposent aux pays, tout en obligeant ces mêmes pays à conserver le même cap et à surtout n'en pas dévier... C'est bien le cas du dernier rapport du FMI sur l'état de l'économie britannique.

Peut-on encore faire confiance à ces gens qui se sont toujours trompés et qui n'ont jamais vu venir la moindre crise (lire la presse économique de ces dix dernières années) ?

La réponse est non bien sûr. Alors que faire ?

Il y a depuis quelque temps, une autre musique qui commence à dépasser le cercle des initiés. Cette lueur d'espoir a ceci de particulier, qu'elle ne repose pas sur l'habituel cantique révolutionnaire. Pas de têtes à couper, pas de bain de sang, pas de sueur inutile...

L'idée est simple. Il ne s'agit pas de contester l'existence de la dette. Il s'agit de connaître son origine, de comprendre les raisons de son gonflement démesuré, de savoir qui sont les prêteurs, comment l'État s'est trouvé engagé à ce point, par quelle décision, prise à quel titre, quels sont les montants des intérêts à payer, à quel taux, et quelle part du principal a déjà été remboursée... Cette liste n'est pas exhaustive....

Cela se nomme un audit. Laissons la parole aux initiateurs de ce concept : l'audit citoyen de la dette (1)
L'exercice de l'audit n'est pas un exercice réservé à des experts. Ils sont évidemment bienvenus et peuvent apporter beaucoup au travail collectif de l'audit citoyen. Mais un collectif peut commencer le travail sans nécessairement être assuré d'une telle participation.

C'est en entreprenant les recherches et en provoquant un débat public qu'en cours de route les collectifs s'étofferont et réuniront différentes expertises.

Chacun d'entre nous peut y prendre part et se mettre au travail pour mettre en lumière le processus d'endettement public.

En 2011, un collectif national s'est mis en place en France pour un audit citoyen de la dette.
Il rassemble de nombreux mouvements sociaux et politiques, et l'appel à sa constitution a été signé par plusieurs dizaines de milliers de personnes. Dans le cadre de cette démarche, des collectifs locaux se sont mis en place un peu partout dans l'hexagone. On peut d'ailleurs partir de réalités locales afin de participer à l'audit des dettes publiques.

Un champ d'action très riche
Le champ d'action d'un audit de la dette publique est infiniment prometteur et n'a rien à voir avec sa caricature qui le réduit à une simple vérification de chiffres faite par des comptables routiniers. Au-delà du contrôle financier, l'audit a un rôle éminemment politique, lié à deux besoins fondamentaux de la société : la transparence et le contrôle démocratique de l'État et des gouvernants par les citoyens.

Il s'agit là de besoins qui se réfèrent à des droits démocratiques tout à fait élémentaires, reconnus par le droit international, le droit interne et la Constitution, bien que violés en permanence. Le droit de regard des citoyens sur les actes de ceux qui les gouvernent, de s'informer de tout ce qui concerne leur gestion, leurs objectifs et leurs motivations est intrinsèque à la démocratie elle-même. Il émane du droit fondamental des citoyens d'exercer leur contrôle sur le pouvoir et de participer activement aux affaires publiques et donc communes.

Le fait que les gouvernants s'opposent à l'idée que des citoyens osent réaliser un audit citoyen est révélateur d'une démocratie bien malade, qui d'ailleurs n'arrête pas de nous bombarder médiatiquement avec sa rhétorique sur la transparence. Ce besoin permanent de transparence dans les affaires publiques se transforme en un besoin social et politique tout à fait vital, et pour cette raison, la véritable transparence est le pire cauchemar pour les élites.


Cette démarche a un intérêt premier : nous mobiliser !
Nous nous sentons tous dépassés par l'ampleur des évènements et l'opacité des informations. En fait, nous nous sentons totalement impuissants à comprendre et à résoudre cette situation. Et c'est bien sur ce renoncement que comptent les gouvernants pour maintenair le cap d'une folie qui nous conduira très rapidement dans le mur. L'Audi citoyen de la dette permet à chacun de se sentir concerné, de comprendre et enfin et surtout d'agir.

L'audit citoyen pour le refus de payer une dette illégitime est tout à fait légitime
La réalisation de cet audit a un double objectif : suspendre le remboursement de la dette publique dans un premier temps (pendant l'audit) et annuler la partie illégitime de la dette publique et réduction drastique du reste de la dette.

En savoir plus
(1) Signataires à ce jour du texte de référence (membres du collectif) :
Act Up-Paris, Agir ensemble contre le chômage (AC!), AITEC, Amis de la Terre, Attac, CADTM, CEDETIM, Collectif National pour les Droits des Femmes, Collectif Richesse, Confédération CGT, Convergence SP, Coopérative DHR, Economistes Atterrés, Emmaüs International, Fédération Syndicale Unitaire, Finances CGT, Fondation Copernic, Indecosa-CGT, L'Appel des Appels, Ligue des Droits de l'Homme, Marches Européennes, Mouvement Utopia, Réseau Education Populaire, Résistance Sociale, SNESUP, Sud BPCE, Union SNUI-SUD Trésor Solidaires, Union syndicale Solidaires, etc.
Pour un audit citoyen de la dette - le site



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