Le CPF ou la chronique d'un fiasco annoncé

01-06-2015 SOCIETE LIBRE
Le CPF est l'abréviation de Compte Personnel de Formation. Tout comme Nicolas Sarkozy avait eu la très mauvaise idée de lancer le Pôle emploi au moment même où le nombre de chômeurs explosait, François Hollande n'a pas fait mieux en lançant le CPF dans une période charnière pour ce secteur qui emploie tout de même plus de 150.000 personnes. Sur les 23.000.000 de bénéficiaires potentiels, dont une grosse partie a bien été obligée de s'inscrire sur le site, une seule personne a pu aller jusqu'au bout d'une formation...

C'est une Bérézina, un Waterloo, une débâcle... Mais à qui la faute ? A notre fringant ministre du travail, François Rebsamen, aussi bronzé en été qu'en hiver et qui affiche en toute circonstance une tête satisfaite ? Sûrement, mais pas seulement.

Selon Jean Wemaëre, président de la Fédération de la formation professionnelle (FFP qui regroupe plus de 450 organisations de formation privées), cette réforme ambitieuse est déjà enterrée.

Lancé dans une précipitation incroyable, le CPF s'est très vite heurté à la réalité. Pour commencer, un site internet chargé des inscriptions qui ne communique pas les dossiers aux organismes paritaires collecteurs agréés (Opca) qui sont censés financer les formations. Plus de 25.000 demandes bloquées en quelques jours. Seuls 150 dossiers sont parvenus aux OPCA parce qu'ils ont été envoyés par...la poste.

Ouf, ce n'est donc pas M. Rebsamen qui est responsable, c'est l'informatique. Cette invention bien pratique pour masquer l'incompétence des preneurs de décision. En France, l'ordinateur est la victime expiatoire de certaines insuffisances...

Mais il faut dire que les partenaires sociaux ne sont pas non plus étrangers à la situation. Ils ont une légère tendance à privilégier les formations longues, au détriment des modules plus courts. Le problème, c'est que les salariés n'ont que très peu d'heures de formation pour le moment puisque les comptes CPF ne seront crédités qu'à partir du 1er janvier 2016 ! Ils ne peuvent donc utiliser que les reliquats DIF (Droit Individuel à la Formation) qui n'ouvrent des droits qu'à des formations courtes.

On préfère taire le fait que le CIF (congé individuel de formation) existe déjà pour les modules plus longs, sans cela on pourrait se demander à quoi sert le CPF...

Mais, on ne peut oublier les actifs (salariés ou demandeurs d'emploi) qui sont timorés face à cette réforme dont ils ne comprennent rien. Ils sont avant tout déçus de ne pas trouver les formations souhaitées et abandonnent très vite.

Voilà comment une bonne idée, la garantie des droits à la formation tout au long de la vie, échoue sur la plage encombrée de la complexité et du "maniérisme" de l'administration française. Que penser de termes comme : "portabilité des droits", "latéralisation des potentialités salariales", "renforcement de l'employabilité", "confrontation constructive avec la réalité"...

Il y a déjà une victime à déplorer dans ce fiasco : les entreprises du secteur de la formation qui ont vu une chute moyenne de leur chiffre d'affaires de 25% à 30%.

De Gaulle avait l'habitude de répondre à des ministres préoccupés par l'importance des réformes envisagées, une phrase très courte : "L'intendance suivra". Visiblement, l'intendance n'a pas suivi...

En savoir plus
"Devenez acteur de votre parcours professionnel" en consultant le site officiel du CPF

Publicité

Partenaire

Depuis 1999 au service des associations

Communic'Asso : pour communiquer auprès des associations

Logiciel comptable pour associations : Comptasso-win TXA

Votre site internet complet à un prix associatif

Please enable / Bitte aktiviere JavaScript!
Veuillez activer / Por favor activa el Javascript! [ ? ]