Benoît Hamon, ministre délégué auprès du ministre de l'Economie et des Finances, chargé de l'Economie sociale et solidaire et de la Consommation, a présenté le projet de loi sur l'ESS en Conseil des Ministres le 24 juillet 2013. Cette présentation était attendue par tous les acteurs de l'ESS. Notamment sur un point très important : qui sera ESS et qui ne le sera pas. Dans l'idéal du ministre, l'économie sociale et solidaire (ESS) rassemble les entreprises qui cherchent à concilier activité économique et utilité sociale, donnant la primauté aux personnes sur la recherche de profits. Ainsi rassemblée, elle est un acteur économique de poids. L'ESS représente 10 % du PIB et près de 10 % des emplois en France. On compte environ 200 000 entreprises et structures et 2,35 millions de salariés dans le secteur. Comment définir les contours de l'ESS C'est bien le problème que soulève cette proposition de loi, car, de réponse point ! Voici, selon le ministère, la définition d'une entreprise ESS (notez bien que le projet de loi ne parle plus que de l'entreprise ESS) : Il s'agit d'un modèle tempérant, soucieux de l'impact social et environnemental de la création de richesse. Il s'agit d'un modèle patient dont la performance s'inscrit délibérément dans le temps long. Il s'agit d'un modèle non lucratif qui assigne aux profits réalisés par les entreprises de l'ESS la mission de servir systématiquement une part d'intérêt général. Il s'agit enfin d'un modèle résilient, moins perméable aux convulsions des marchés financiers. L'ESS n'est pas seulement une réponse à la crise parce qu‘elle permet de créer des activités et des emplois pour satisfaire les besoins sociaux nés de la crise. Elle est une solution à la crise parce qu'elle démontre que l'on peut combiner performance économique, innovation et utilité sociale. C'est beau, c'est bien, c'est bon, mais c'est quoi ? Une définition ? Le projet de loi va définir le périmètre de l'Economie sociale et solidaire pour la première fois. Il comprendra non seulement les acteurs historiques de l'ESS (associations, coopératives, mutuelles, fondations), mais aussi les entreprises sociales qui auront fait le choix de s'appliquer à elles-mêmes les principes fondateurs du secteur et qui se seront déclarées comme telles. Ah bon et quelles sont ces entreprises ? Pas de réponse... Cette clarification du champ de l'Economie sociale et solidaire permettra aux financeurs publics et privés de mieux identifier les structures de l'ESS, d'orienter vers elles des outils de financement adaptés, et ainsi d'amplifier les investissements dans ce secteur. En d'autres termes, nous serons plus nombreux à partager un plus petit gâteau... Nos lecteurs connaissent notre opposition à cette ESS fourre-tout dans laquelle, les associations petites et moyennes n'ont rien à gagner. Dans les faits, l'économie sociale et solidaire est composée par un ensemble de coopératives, mutuelles, syndicats, fondations et grosses associations fonctionnant sur des principes d'égalité des personnes (1 personne égale 1 voix), de solidarité entre membres et d'indépendance économique. C'est en tout cas, à ce jour, la définition officielle. Mais, réellement, l'ESS c'est avant tout une référence beaucoup plus précise : ce sont des organisations identifiées par leur statut et occupant une place importante dans la vie économique (banques, mutuelles, coopératives, etc.). Alors que vient faire la petite association dans cette appellation fourre-tout ? Osons le dire : rien, elle n'a rien à y faire. Elle a d'autant moins de raisons de se retrouver en si différente compagnie, qu'elle est la première victime des obligations comptables et autres appels d'offres qui ne devraient en aucun cas s'appliquer à une structure si peu adaptée. Quasiment aucune des mesures juridiques, fiscales et sociales prises ces dernières années ne la concernent directement et pourtant, elle doit s'y soumettre également. Que les grosses structures de l'ESS s'organisent, nous n'y voyons aucun inconvénient. Mais pourquoi mélanger dans un même moule le Crédit agricole et le sou des écoles de Fitilieu (petit village de l'Isère) ? En savoir plus Benoît Hamon présente le projet de loi sur l'Economie sociale et solidaire - 24/07/2013 Le projet de loi au format PDF Dis papa, c'est quoi l'économie sociale et solidaire ? - Lettrasso du 06-11-2012 Les ratés de la loi relative à l'économie sociale et solidaire - Lettrasso du 19-03-2013 Pendant l'été, au moment même ou là loi sur l'ESS était présentée en conseil des ministres, un rapport était remis à la ministre des sports et des associations par le préfet Jean Pierre Duport et le sénateur Claude Dilain. Titre du rapport : "Pour une nouvelle charte des engagements réciproques entre l'Etat, les collectivités territoriales et les associations". Un rapport de plus ? Sûrement, mais les pistes envisagées sont intéressantes. Le rapport formule des propositions visant à garantir l'effectivité des engagements qui seront pris par chacune des parties signataires à la charte et leur déclinaison au plan sectoriel et territorial. Il propose également que soit créé un délégué interministériel à la vie associative pour assurer une cohérence au sein de l'Etat dans le portage institutionnel de la politique de soutien au développement de la vie associative et dans la mise en œuvre de la future charte. Il formule également plusieurs propositions qui trouveront un débouché dans la charte et qui pourraient refonder les bases du partenariat entre les associations et les collectivités : - conforter la place des habitants et des citoyens au sein des instances de concertation ; - rendre plus lisibles et plus transparents les critères d'octroi des subventions ; - favoriser la création de lieux d'accueil, d'information et de conseil aux associations en partenariat avec les acteurs associatifs ; - améliorer la gouvernance démocratique des associations (non cumul des mandats, parité, non discrimination). La nouvelle charte devrait être signée d'ici fin 2013 par le Premier Ministre, les grands réseaux de collectivités et la Conférence permanente des coordinations associatives (CPCA). Pour une nouvelle charte des engagements réciproques entre l'Etat, les collectivités territoriales et les associations - Format PDF
Voici le tag Internet à sélectionner, à copier et à coller sans transformation dans la page du site où vous allez utiliser cet article. D'avance merci.
L'économie sociale et solidaire se cherche un contour Benoît Hamon, ministre délégué auprès du ministre de l'Economie et des Finances, chargé de l'Economie sociale et solidaire et de la Consommation, a présenté le projet de loi sur l'ESS en Conseil des Ministres le 24 ... <a href="https://www.loi1901.com/intranet/a_news/index_news.php?Id=2073" target="_blank">Lire la suite sur Loi1901.com</a>
Comment créer un groupement associatif sans perdre son âme ?
14-07-2026
L'union fait la force. Quelle autre alternative opposer à l'état de la situation financière de tant d'associations ? Nos structures, souvent petites par la taille, mais grandes
Panorama associatif numéro 163 : juillet 2026
Le Panorama associatif de Loi1901 a pour objectif de vous détailler plusieurs mesures qui ne peuvent pas faire l'objet d'un article complet, à l'unité, car trop courtes. Au
Histoire d'une préfète déboutée
Il y a des préfètes et des préfets qui souhaitent tellement faire plaisir à ceux, par lesquels leur bonne fortune est arrivée, qu'ils en oublient la réalité de leur fonction qui
NAF 2025 : nouvelle nomenclature d'activités dès 2027
07-07-2026
Les nomenclatures d'activités française (NAF) et européenne, évoluent. La NAF 2025 entraînera la modification des codes APE de toutes les associations déclarées. Cette évolution
Consignes de sécurité adaptées : le manque d'informations est préjudiciable
Lors d'une activité sportive ou de loisir encadrée par une association, les consignes de sécurité doivent être clairement affichées afin d'informer les adhérents et membres.
Panorama associatif numéro 162 : début juillet 2026
Subvention : la lucrativité du demandeur en question
30-06-2026
Fiscalement, une association ne percevant que des revenus patrimoniaux (imposables à l'impôt sur les sociétés au taux réduit) sans autre d'activité lucrative et ou répondant aux
Panorama associatif numéro 161 : fin juin 2026
Dirigeant de fait versus dirigeant de droit
On précise, sous cette qualification de dirigeant de fait, les personnes qui ne sont pas désignées conformément aux statuts de l'association, mais qui remplissent des fonctions
Le nouveau Guide d'usage de la subvention est publié
23-06-2026
Le ministère chargé de la vie associative (Direction de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative - DJEPVA) publie un nouveau Guide d'usage de la subvention
Présentation d'une vieille dame très digne
La France compte une association pour 43 habitants, soit 1,6 million en activité. Chaque année, plus de 70 000 structures sont créées et un Français sur quatre y est bénévole.
L'accompagnement associatif pour renforcer le pouvoir d'agir des associations
Oui, il existe en France, un réseau de structures de proximité qui proposent un service gratuit d'information, d'orientation, de conseil et d'accompagnement pour que chaque
Le bilan 2020-2026 de Claire Hédon à la direction du défenseur des droits
"Protéger les droits des personnes, c'est protéger leur dignité. La dignité est ce que l'humanité a en commun, et ce qui prévient de toute forme de déshumanisation." Claire Hédon.
Intérêt général et prépondérance de l'activité philanthropique
Une association dont l'activité consiste, pour l'essentiel, à assister des personnes en situation de détresse matérielle et de grande précarité est-elle d'intérêt général ? Une
La lutte contre la fraude aux prestations sociales
16-06-2026
Depuis de nombreuses années, la lutte contre la fraude aux prestations sociales, (premier rapport du Défenseur des droits dès 2017), constitue un sujet de préoccupation politique
Harcèlement et discriminations en milieu scolaire, enquête sur les réactions des parents
09-06-2026
La Convention internationale des droits de l'enfant (CIDE) a été adoptée le 20 novembre 1989 par l'Assemblée générale de l'ONU. Il s'agit du premier traité international à énoncer
La protection des lanceurs d'alerte en France
02-06-2026
Depuis l'année 2016, le Défenseur des droits a également pour mission l'accompagnement des lanceurs d'alerte. Il se charge d'informer, d'orienter et de défendre les auteurs de
CER : le HCVA n'est ni pour ni contre
26-05-2026
Suite à une saisine de 102 associations du secteur de l'information et de la communication, le Haut Conseil à la vie associative (HCVA) était appelé à se prononcer sur les dérives
Les outils d'action économique ont un nouveau guide
19-05-2026
Il est la référence incontournable pour les acteurs publics. Oui, le Guide des outils d'action économique est l'un des guides les plus téléchargés de ce secteur d'activité. Il
Pacte sur la migration et l'asile : la mise en oeuvre française
12-05-2026
Le pacte sur la migration et l'asile est un ensemble de nouvelles règles régissant la gestion des migrations et établissant un régime d'asile commun à l'échelle de l'UE, qui
Associations et IA : l'étude 2026 de France générosités
Votre association utilise-t-elle l'Intelligence Artificielle sans le savoir comme Monsieur Jourdain avec la prose ? La réponse est oui, bien sûr. Mais combien de structures,
La loi du 1er juillet 1901 a 125 ans
Avec 1,6 million d'associations actives et plus de 15 millions de bénévoles, le secteur associatif reste, 125 ans après sa naissance, un pilier de la cohésion sociale, de
Simplification de la vie économique : une loi anti ESS ?
Allégement des normes qui pèsent sur les petites entreprises, accès amélioré à la commande publique, nouveaux droits en matière d'assurance dommages et de banque, etc. Mais aussi,
Les pauvres existent, l'Europe les reconnait
Le 6 mai 2026, la 1ère Stratégie européenne de lutte contre la pauvreté a vu le jour. Elle vise à l'éradication de la pauvreté à l'horizon 2050. Bien sûr, il n'y aura aucun
Comment concilier son activité professionnelle et le bénévolat
Le bénévolat est un des piliers essentiels de la vie associative et du lien social en France. Mais il est également profondément chronophage et peut impacter durablement
Les tables Informatique et libertés 2026 de la CNIL publiées
La Cnil vient de publier la version 2026 de ses tables Informatique et libertés. Les tables de la Cnil s'analysent avant tout comme un instrument de droit souple et non
L'entrepreneuriat coopératif et autres débats publics
Depuis de nombreuses années, la question du développement territorial revient au premier plan des débats économiques et politiques. Il faut dire que face aux défis conjoints de la
France Enfance Protégée : enfin une éclaircie dans la prévention de l'enfance ?
France Enfance Protégée (1), mis en place le 5 janvier 2023, regroupe en son sein plusieurs acteurs de la protection et prévention de l'enfance : adoption, enfance en danger et
Comment devenir un fundraiser responsable ?
Le fundraiser, ou collecteur de dons, travaille au service d'organisations faisant appel à la charité. Il organise des campagnes de dons et collecte des fonds pour faire rentrer
La contribution des bénévoles à la Culture en France
La collection "Culture chiffres" présente des repères quantitatifs sur les phénomènes culturels observés dans les champs d'étude et de recherche du Département des études (1), de