23-11-2015  SOCIETE LIBRE

Fluctuat Nec Mergitur versus Odi Ergo Sum

Ses Fluctuat Nec Mergitur, c'était pas d'la littérature, n'en déplaise aux jeteurs de sort, les copains d'abord... Nous connaissons tous les paroles de la chanson de Brassens sortie en 1964. Ne pas sombrer malgré le tangage est une belle image. Les réseaux sociaux s'en sont emparés comme un logo fier et maritime. Et le petit bateau, toutes voiles dehors, vogue alerte dans cet océan numérique où le bleu et le blanc l'emportent sur notre rouge sang. On revient de loin, mais il en manque...

Depuis le 13 novembre, des heures d'images et de commentaires remplissent le silence. Ne rien nous cacher, nous inonder d'enquêtes, d'expertises, de "faut qu'on" et "y'avait qu'à" jusqu'à la nausée; sans compter les pubs qui s'invitent dans cette logorrhée comme autant de rappels au "temps de cerveau humain disponible"...

Et puis ce mot dièse étrange sur Twitter : #PrayForParis. "Priez pour Paris". 6.5 millions de "Priez pour Paris" en moins de 10h. Quelle drôle d'idée de prier pour la ville capitale d'un Etat laïc...

Joann Sfar, coauteur du célèbre "Chat du rabbin", envoya, en guise de réponse aux prieurs, un dessin très "français" : "Chers amis du monde entier, merci pour le hashtag #PrayForParis, mais nous n'avons plus besoin de religion ! Nous avons foi en la musique ! Aux baisers ! En la vie ! Nous croyons au champagne et à la joie !". Et il dessina notre bateau parisien avec une traduction très indiquée : "ça veut dire merde à la mort !".

Fluctuat Nec Mergitur ! Et la devise de Paris, dans cette langue qu'on croyait morte, se répandit sur les écrans du monde entier pour nous revenir comme une évidence oubliée...

Que la France, dans sa tragédie, soit soutenue par la grande majorité des pays du monde fait chaud au coeur. Mais combien d'entre nous savent que le 12 novembre, dans le quartier chiite de Burj El Barajneh à Beyrouth, deux attentats-suicides quasi-simultanés ont fait 41 morts et près de 200 blessés ? Attentats revendiqués par Daesh et commis avec une sauvagerie rare : un premier kamikaze se fait sauter près d'une boulangerie et le second attend que les secours arrivent avant d'actionner à son tour sa ceinture d'explosifs.

Que cet attentat soit éclipsé chez nous est compréhensible, quoique... Mais que les télévisions du monde entier l'ignorent pour ne parler que de ceux de Paris laisse songeur. Les rares images montrent la même douleur, les mêmes larmes et nous font entendre les mêmes cris d'horreur. Et sur les trottoirs, le sang des victimes est aussi rouge que le nôtre. Il y a dans cet ostracisme autant de questions à se poser que de réponses à redouter.

Rue du Corbillon à St Denis le 18 novembre. Les riverains ont été expulsés au moment de l'assaut des forces de l'ordre contre les terroristes réfugiés dans un appartement situé au numéro 8 de cette rue. Après la lutte et les explosions, le quartier est dévasté. Appartements éventrés, rue défoncée, "on dirait Beyrouth" pleure un libanais installé dans cette rue depuis 10 ans. Pas un geste de la préfecture, silence complet. Que vont devenir les habitants ? Qui va les reloger ? St Denis n'est visiblement pas Paris et n'a même pas eu droit à son mot dièse #stdenisattentats. Le périphérique est une vraie frontière...

Les "jeteurs de sort" de Brassens sont devenus jeteurs de mort. Ils font du suicide une arme redoutable avec pour seul dieu la mort, pour pauvre culte le meurtre et pour unique aspiration, le néant. Odi Ergo Sum : Je hais donc je suis.

Voici le tag Internet à sélectionner, à copier et à coller sans transformation dans la page du site où vous allez utiliser cet article. D'avance merci.

Sélection du texte ci-dessous
Fluctuat Nec Mergitur versus Odi Ergo Sum 
Ses Fluctuat Nec Mergitur, c'était pas d'la littérature, n'en déplaise aux jeteurs de sort, les copains d'abord... Nous connaissons tous les paroles de la chanson de Brassens sortie en 1964. Ne pas sombrer malgré le ...  <a href="https://www.loi1901.com/intranet/a_news/index_news.php?Id=2342" target="_blank">Lire la suite sur Loi1901.com</a>

D'autres articles de la rubrique : SOCIETE

99 992 abonnés et moi et moi et moi

Oui, après 16 années d'existence, notre lettre d'information associative Lettrasso atteindra bientôt 100 000 abonnés gratuits. Il n'en manque que huit. Quand 99 992 personnes s'abonnent à une lettre, c'est sans doute qu'elle apporte quelque chose. Lettrasso est là, dans le paysage, depuis 2002. Nous étions tous plus jeunes et certains n'étaient même pas nés. Alors bien sûr, entre

Lire la suite...

Comment j'ai raté un train qui n'est jamais parti

La SNCF n'aime pas les usagers, mais elle adore ses clients. L'aventure que je vais vous conter illustre très bien ce qui pourrait être une maxime et qui n'est, hélas, qu'un constat. Voici le récit de mon odyssée ferroviaire. Comme un bon petit soldat du rail, j'avais réservé mon billet à l'avance via la plateforme OUI. La différence de prix entre un TGV et un OuiGO étant ce

Lire la suite...

Et la neige est venue poser ses grandes ailes

Et la neige est venue poser ses grandes ailes sur le manteau frileux d'une nature en sommeil. Et l'homme d'aujourd'hui, dans sa tour de verre, paralysé sera, devant le naturel. Tel un grain de sable, le flocon bloquera nos machines, se moquera de nos applications, de notre assurance, de notre morgue. Resteront, suspendus et fragiles, les sourires des enfants sous les bonnets de

Lire la suite...

Génération Bataclan : du rififi dans le commémoratif

Deux jours après la tragique soirée du 13 novembre 2015, une association dénommée "Génération Bataclan" est créée. Elle se donne comme objet de regrouper les personnes physiques ou morales qui sont en faveur de l'édification d'une statue commémorative. Une "oeuvre mémorielle citoyenne", selon le terme utilisé par son président, qui aurait été érigée boulevard Voltaire, sur le

Lire la suite...

Et mon attente finira par payer

Cette semaine, l'envie est à l'écrémage. Vous livrer une succession de petites nouvelles aérées façon purée en sachet plutôt que l'article parfois plus lourd à digérer. Passe ton chemin Parmentier, bienvenue à toi Oh Vico, Roi de la patate en poudre. Après la crème, ne pas oublier l'oeuf qui donne le petit goût inimitable. Et surtout, laisser quelques grumeaux de poudre. Comme pour

Lire la suite...
Si les articles suivants ne s'affichent pas, veuillez rafraîchir la page en cliquant sur Rafraîchir la page

Depuis 1999 au service des associations

Inscrivez votre association dans l'Intranet et rejoignez les 29 050 associations inscrites

L'annuaire des 29 050 associations inscrites dans l'Intranet du site

Pour déposer gratuitement vos offres d'emploi ou bien les consulter

L'annuaire BlogAsso : 259 sites internet sélectionnés

Présentation de toutes les subventions allouées par l'Etat aux associations