05-09-2017  SOCIETE LIBRE

La bonne nouvelle dont personne ne parle

Et si nous commencions cette rentrée par une bonne nouvelle ? De ces bonnes nouvelles dont personne ne veut parler parce qu'elles ne font pas vendre, et pourtant... D'autant plus que celle-ci avait fait la une, en septembre 2016, dans la chaleur épaisse d'un incendie volontaire. Vous y êtes ? Non ? Forges-les-Bains, cela ne vous dit rien ? Des élus vent debout contre un projet imposé d'en haut ? Toujours pas ?

C'était au mois de septembre 2016, la ville de Paris propriétaire du domaine de l'ancien hôpital de Forges avait passé une convention avec Emmaüs pour accueillir des demandeurs d'asile sur le territoire communal.

Pas ou peu de concertation, il est vrai et encore moins de préparation. L'ordre venait d'en haut et il ne se discutait pas. Réponse immédiate : le local qui devait accueillir les migrants est incendié. Devant la révolte générale, la préfète organise en urgence une réunion d'explications. Nous sommes le 7 septembre 2016 et, pour la première fois de son histoire, plus de 700 personnes en colère envahissent la salle polyvalente qui devient un vaste défouloir déraisonnable et déraisonné.

Pas de migrants chez nous !
C'est le mot d'ordre et les médias décrivent une haine qui coule autant que la bière dans les rue de la ville habituellement tranquille et qui vit au rythme de son tennis, de son golf, de ses soirées et de son école de musique. Le gouvernement semble reculer devant cette "révolution"... Mais au fil des mois, par petits groupes, les migrants, une fois le local réparé, arrivent à Forges-les-Bains.

Bien sûr, on peut regretter l'absence de camps de migrants implantés dans les 16ème, 8ème, 7ème, 6ème et 5ème arrondissements de Paris. Avouez que cela aurait "de la gueule" et que pour une fois, l'exemple viendrait d'en haut. Mais ces braves gens font déjà un gros effort en employant des "gens venus d'ailleurs", difficile pour eux d'en faire plus. On peut les comprendre...

La bonne nouvelle vient donc d'en bas, de cette France dite cramoisie. Un an après, même si les rares opposants du projet n'ont guère changé d'avis, la situation s'est largement apaisée. Pour une raison toute simple : il ne s'est rien passé ! Aucun incident, aucune agression, aucune confrontation entre migrants afghans et habitants supposément furieux.

Les journalistes sont partis les uns après les autres faute de quelque chose à filmer. Les Afghans ont fait valoir qu'ils n'étaient pas des terroristes mais plutôt des victimes des talibans. Les rapports sont courtois avec leurs voisins. Et cerise sur le gâteau, Marine Le Pen est arrivée quatrième au scrutin de mai dernier. Les migrants se sont fondus sans heurts dans le paysage feutré de la petite ville.

Il semble donc que la télévision et la presse ont, comme souvent, utilisé un "énervement" passager en le transformant en une rébellion raciste contre les migrants. Et la France d'en bas, après sa colère légitime contre l'obligation d'accueillir sans concertation préalable, a démontré tranquillement que l'accueil de l'autre est tout à fait possible lorsque l'autre le souhaite. Ce qui est le cas à Forges-les-Bains. C'est une bonne nouvelle, non ?

En savoir plus
Communiqué officiel de la Mairie de Forges-les-Bains : Vendredi 2 septembre 2016

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