De la housse à la carpette et autres contes de Noël

19-12-2017 SOCIETE LIBRE
Au début, j'ai cru qu'il s'agissait de l'émission "Secrets d'Histoire" la célèbre émission de télévision diffusée sur France 2 et présentée par Stéphane Bern. Mais notre Tintin national n'était pas là. Certes, il y avait bien un grand personnage, notre président de la République, mais fait-il déjà partie de l'Histoire ? Il est trop tôt pour le dire. Stéphane était-il en vacances ? Malade peut-être ? Que nenni. Il s'agissait simplement d'un "échange filmé" dans les couloirs de l'Elysée entre Laurent Delahousse et Emmanuel Macron.

Deux bons copains qui ont passé une bonne soirée et qui nous ont invités. C'est plutôt sympa, ils n'étaient pas obligés de nous convier à partager cette si jolie complicité.

Gros plans sur les visages, des plans de taille pour mettre en valeur l'élégance du sujet, plongées, champs-contre-champs, bref comme au cinoche. Il ne manquait que des effets spéciaux remplacés, à juste titre, par des effets spécieux du plus bel effet.

Si le sens de l'expression "Servir la soupe" vous avait jusqu'à présent échappé, vous en avez eu un exemple tout en nuances et en couleurs. Je comprends mieux pourquoi notre président a dit que le secteur public de l'audiovisuel était une honte.

Le Marave challenge ou Knock-out game
Une "marave" est un mot d'argot qui signifie bagarre. A ne pas confondre avec "bouillave" qui veut dire faire l'amour ou "chourave" qui est un vol. Bref, un champ lexical que Michel Audiard maîtrisait à la perfection. J'ai appris, incidemment, qu'un nouveau jeu très rigolo faisait fureur à Metz (et peut-être ailleurs) : le "Marave challenge".

Un groupe attend à la sortie d'un lycée ou près d'un arrêt de bus. Objectif : frapper le premier jeune qui passe sur un coup de dés et bien sûr filmer la scène. Une récompense de 10 euros serait offerte (et 30 euros si la victime est une fille). Pour la police, il s'agirait plutôt d'un système de classement et "de points attribués aux auteurs de violences et comptabilisés sur les réseaux sociaux". C'est un phénomène très en vogue aux Etats-Unis appelé "Knock-out game".

La question que je me pose est la suivante : Pourquoi gratifier les coups portés à une fille de la somme de 30 euros au lieu de 10 pour un garçon alors qu'il y a moins de risque ? Une misogynie à l'envers sans doute...

Comment savoir si mon fils est gay ?
Une société éditrice de logiciels espions (Fireworld) s'honore, dans un article, de permettre aux parents suspicieux de connaître la sexualité de leurs enfants afin de savoir s'ils sont ou pas homosexuels. C'est l'association "L'amicale des jeunes du Refuge", une association LGBT d'entraide et de solidarité qui lutte contre l'homophobie, qui nous a signalé l'info. Nous avons retrouvé, sur Twitter, un extrait de l'article. Il vaut son pesant de cacahuètes.

Sur le site de l'éditeur, l'article a depuis été supprimé. Mais la page subsiste (savoir-si-mon-fils-est-gay-espionner-ordinateur.htm) et son intitulé ne fait aucun doute sur les intentions. Un cadeau de Noël très apprécié par les adhérents de l'association "Sens commun".

Dans ce cas, la misogynie est fidèle à la tradition puisqu'il s'agit de calmer les inquiétudes des parents sur la sexualité du fils, du garçon, du mec quoi. Une fille lesbienne, tout le monde s'en fout.

Quelques paradoxes d'un monde paradoxal :
- Uber est aujourd'hui la première compagnie de taxi du monde. Paradoxe : elle ne possède aucune voiture.
- Airbnb est aujourd'hui le premier hébergeur du monde. Paradoxe : il ne possède aucun lit.
- Facebook est aujourd'hui le premier média du monde. Paradoxe : il ne produit aucun contenu.
- Bitcoin est aujourd'hui la première monnaie transnationale. Paradoxe : elle n'a pas de banque centrale.

Ce qui entraîne bien sûr d'autres paradoxes :
- Nous sommes de plus en plus informés mais de moins en moins concernés par ces informations.
- Notre connaissance devient de plus en plus large et notre esprit de plus en plus étroit.
- Nous sommes capables de nourrir les pigeons et d'ignorer les SDF.

Un scientifique de mes amis répétait sans cesse que : "Nous achetons des choses dont nous n'avons pas besoin avec l'argent que nous n'avons pas pour impressionner des gens que nous n'aimons pas."

Parfois j'aimerais bien être mon chien
Des tas d'avantages sans l'ombre d'un souci, lever ou pas la patte pour signifier mon avis et remuer la queue en toutes circonstances. Mais je ne suis qu'un homme et vieillissant de surcroît. Et quand on commence à vieillir, on a du mal à lire de près... En revanche, les cons, on les voit venir de loin. Notre président a sans doute raison : la situation économique va s'améliorer a l'horizon 2018. Hélas, le dictionnaire nous apprend que l'horizon est une ligne imaginaire qui recule à mesure qu'on avance. Alors, En Marche ou on marche ?

Pour mémoire :
"D'ici la fin de l'année, je ne veux plus personne dans les rues, dans les bois." Le président a pris cet engagement le 27 juillet 2017. La fin de l'année est dans 15 jours...

Avec tout ça, je n'ai toujours pas pu caser les mots "disruption" et "disruptif" dans cet article. Je suis désespérant. Mais cela ne m'empêche pas de vous souhaiter un Joyeux Noël à tous.

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