Et si on visitait le portail Histoire des arts du ministère de la Culture

25-04-2017 SOCIETE LIBRE
La Culture est sans contestation le parent pauvre de l'élection présidentielle. C'est bien dommage. C'est même totalement idiot, car même vu sous le seul angle économique (c'est comme ça qu'il faut présenter les choses aujourd'hui), ce secteur pèse 61,4 milliards d'euros contre 60,4 milliards pour l'automobile et 52,5 pour le luxe et emploie 1,2 million de personnes soit 5% de l'emploi intérieur total. Pas mal pour une absence injustifiée.

Mais, dans la mémoire collective, la Culture, c'est le gaucho à cheveux longs qui vit grâce aux subventions généreusement versées par les vrais travailleurs. On en est encore là en 2017.

Les deux derniers présidents de la République ont en commun de n'y connaître rien en matière culturelle. C'est à pleurer quand on pense aux grands travaux de Mitterrand qui ont transformé ce pays et donné à sa capital le titre envié de "plus belle ville du monde". Et nous incitons fortement nos lecteurs à visiter le musée des arts et civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques situé quai Branly dans le 7ème arrondissement de Paris créé sous l'impulsion de Jacques Chirac. La Culture était alors un indice d'appartenance, sinon de bienveillance.

Sarkozy nous aura laissé la restauration de la façade du Fouquet's et Hollande sans doute l'inauguration de quelques parkings de deux-roues. Bilans culturels bien maigres... Faudra-t-il mettre au bilan du prochain le classement de la façade du restaurant la Rotonde parce qu'il aura abrité des agapes électives et sélectives ou bien la réouverture du théâtre l'Escapade de Hénin-Beaumont fermé pour cause de programmation trop internationaliste ? L'avenir nous le dira.

En attendant, la Culture poursuit sa route. Un peu comme la Recherche poursuit la sienne. Ces oubliés des programmes qui font pourtant l'âme, le coeur et le futur de ce pays.

Histoire des arts'Lab est né d'une collaboration entre l'Institut de Recherche et d'Innovation (IRI) et le Ministère de la Culture et de la Communication. Ce projet de recherche et développement a permis la réalisation d'une interface de recherche et de navigation destinée à montrer le potentiel du "tagging sémantique".

Les tags ou mots-clés sont la plupart du temps de simples chaînes de caractères utilisés comme des étiquettes pour décrire une ressource. On connaît le désormais célèbre "hashtag" (mot dièse en français) qui est un mot clé précédé d'un dièse afin de permettre son indexation. Le tag est simple d'utilisation mais soulève des ambiguïtés en français où l'homonymie est courante. Notre langue est belle, mais peu adaptée aux nouvelles technologies.

Or, de son adaptabilité dépend sa survie. Avec le tagging sémantique, on passe d'une indexation par mot-clé à une indexation par concept issu d'un référentiel. Il s'agit d'expliciter le sens des informations afin que les machines puissent les exploiter de façon automatique, sans ambiguïté et à grande échelle.

Le portail Histoire des arts compte un grand nombre de ressources couvrant tous les arts et s'étendant de la préhistoire au XXIème siècle, sans limite géographique. Il était difficile de trouver un thesaurus suffisamment riche, en ligne et dont le contenu serait légalement réutilisable. C'est de ce constat qu'est née l'idée d'utiliser l'encyclopédie en ligne Wikipedia comme référentiel, d'autant plus qu'elle est disponible sous une forme structurée selon les standards du Web sémantique, via le projet Dbpedia.org.

L'encyclopédie en ligne joue un rôle d'indicateur et permet d'affiner l'indexation mais n'est pas prise pour référence pour son contenu. Utiliser Wikipédia avec ses plus d'1 million articles, dont de très nombreux sur les arts, s'est révélé particulièrement pertinent. Ainsi, grâce à cette indexation référentielle, le module de tagging sémantique a pu voir le jour. Les simples mots-clés ont pu être liés aux entrées (les titres des articles de l'encyclopédie) de Wikipédia et enrichis grâce à un ensemble de métadonnées.

Cela vous semble compliqué ? Je vous assure que cela l'est. La Culture d'un pays doit, pour continuer à exister et à progresser, être visible. Aujourd'hui, cette visibilité est internationale. De Pékin à Washington en passant par Berlin et Grenoble, l'Art et ses corollaires culturels se visionnent sur le net. Pour ne pas disparaître, nous devons nous adapter et la Culture est notre avant-garde dans le monde.

Ainsi, nous sommes bien loin du "gaucho à cheveux longs qui vit grâce aux subventions généreusement versées par les vrais travailleurs." Qui saura l'expliquer à nos élus ?

En savoir plus
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Association des professionnels de l'information et de la documentation - Méthodes, techniques et outils. Le tagging sémantique du corpus Histoire des arts : à la croisée du 2.0 et du 3.0



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