Expérimentation animale : le singe n'est pas l'égal de l'homme

13-01-2015 SOCIETE LIBRE
Niederhausbergen est une petite commune résidentielle, située à 6 km au nord-ouest de Strasbourg. Assis au pied de la colline de Hausbergen, c'est un petit village tranquille et sans histoire. Outre son joli clocher typique, Niederhausbergen possède une entreprise assez étonnante : une primaterie. Il s'agit en fait d'un élevage de primates qui servent de modèles d'expérimentation pour des pathologies humaines.

Si ce village est dans l'actualité, c'est au sujet d'un agrandissement de la capacité d'accueil de cette primaterie afin de lui permettre de passer de 800 primates à 1 600.

Ce doublement du nombre de primates, principalement des lemuridés (1) et la nouvelle famille des callithricidés (2) pose problème. Un nombre croissant d'associations s'opposent à cette extension pour des raisons scientifiques, écologiques et éthiques.

Sur le plan écologique, la nouvelle famille des callithricidés est une espèce menacée d'extinction. Sur le plan scientifique, des questions restent en suspens. L'expérimentation sur des singes pris comme modèles des pathologies humaines est aujourd'hui contestée par un nombre croissant de scientifiques, pour la raison qu'aucune espèce ne peut être le modèle biologique fiable d'une autre espèce. (3)

Sur le plan éthique, les souffrances infligées aux primates, animaux sensibles, interpellent de plus en plus nos concitoyens, cela d'autant plus que de nombreuses études scientifiques et éthologiques témoignent de l'étendue des capacités sociales et cognitives des primates et des animaux en général.

De plus, cette extension de la primaterie est en contradiction avec la règle des 3 R de l'Union européenne (réduction, raffinement, remplacement de l'expérimentation animale) confirmée par la directive 2010/63/UE, imposant aux gouvernements de l'Union de réduire le nombre d'animaux employés dans les laboratoires mais également de mettre en place des alternatives à l'expérimentation animale.

Enfin, en 1997, le ministre de la santé avait rejeté un projet d'ouverture identique des même requérants à Holtzeim (Bas-Rhin) au motif que le primate n'est pas un modèle biomédical pour l'homme.

Alors pourquoi agrandir cette primaterie ? La réponse du ministère de l'agriculture est du bois dont on fait les langues...

"Les conditions d'autorisation des établissements hébergeant des primates relèvent du code de l'environnement et de ses prescriptions relatives à la détention des animaux non domestiques. C'est l'association Silabe - Adueis (association pour le développement des liens universités-entreprises dans les industries de santé) qui assure désormais la gestion du site du centre de primatologie de Niederhausbergen. En ce qui concerne les activités de recherche sur animaux, ils relèvent de la compétence des services en charge du contrôle de la réglementation relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques (ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt).

Les domaines de recherche autorisés à ce jour sur le site sont les suivants :
- la recherche fondamentale ;
- la recherche médicale humaine ;
- la recherche zootechnique et médicale vétérinaire ;
- les essais d'activité d'efficacité ou de toxicité des médicaments et d'autres substances biologiques et chimiques.

La demande d'extension du centre a notamment été motivée par une réflexion concernant l'aménagement d'une zone de sanctuaire dans le centre permettant l'accueil d'animaux en sortie de projet expérimental...
"

Aucun mot sur le doublement de la capacité... Curieuse idée que la création d'une zone de sanctuaire dont on ne sait rien. Est-ce un hôpital pour réparer les dégâts causés par les expérimentations ?

En savoir plus
(1) Les lémuridés (Lemuridae), ou grands lémurs, constituent l'une des cinq familles actuelles de primates lémuriformes. Ce sont les les lémurs ou les makis. Leurs têtes présentent un museau allongé et des gros yeux.

(2) La famille des Callithricidés, comptent les ouistitis et les tamarins.

(3) Des outils de recherche performants et fiables, issus des récents progrès scientifiques, sont désormais disponibles et utilisés par les chercheurs, rendant le modèle singe obsolète voire anachronique. Ces méthodes sont non invasives et efficaces, elles permettent d'explorer le fonctionnement et les pathologies de nos cellules (biologie moléculaire et cellulaire, recherche in silico) et de nos organes (IRM, caméra à positrons pour suivre l'activité cérébrale).



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