Faire suer le burnout

09-03-2015 SOCIETE LIBRE
Bon d'accord, notre titre est un rien provocateur. Mais nous souhaitons, avec cet article, aider à la reconnaissance en tant que maladie professionnelle, du burn-out ou burn out, anglicisme à la mode, qui cache mal l'état d'épuisement profond, synonyme d'angoisse permanente causée par l'accumulation du stress au travail.

Si ce mot s'est imposé, c'est par sa simplicité. Chaque salarié comprend immédiatement l'état dans lequel se trouve son collègue quand le mot est lâché.

L'épuisement professionnel ! Comment en est-on arrivé là ? Comment peut-on se suicider sur son lieu de travail ? Comment imaginer qu'un salarié soit dans un tel stress que la mort est la seule issue possible à son état ? Personne n'est à l'abri, le dérapage est complet : cadres, employés, agriculteurs, tout le monde est touché. Une enquête récente du cabinet Technologia estime que plus de 3 millions d'actifs sont aujourd'hui en risque élevé de burn out en France. 3 000 000 !

Certes, le burn-out peut être reconnu comme une maladie professionnelle au titre de l'article L. 461-1 du code de la sécurité sociale (1).

Mais soyons sérieux : seuls une dizaine de cas par an sont effectivement reconnus. Pourquoi ?

Parce que selon l'article L. 461-1, la maladie doit :
- entraîner une incapacité permanente de travail de plus de 25 %,
- avoir un lien direct et essentiel avec le travail,
- être accepté par un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles qui ne risque pas le burn-out pour cause de suractivité...

Or, selon l'étude du cabinet Technologia (2), le lien "direct et essentiel" avec le travail est établi et les pathologies que développent les personnes victimes de cette maladie ne concernent que la sphère professionnelle. Il n'y a, visiblement, aucune contestation possible.

Un groupe de travail sur les pathologies professionnelles mandaté par le Conseil d'orientation des conditions de travail (COCT) permet en effet de situer le burn out à la frontière de trois pathologies précises :
- la dépression d'épuisement professionnel,
- l'état de stress répétés conduisant à une situation traumatique,
- l'anxiété généralisée.

De nombreux pays européens reconnaissent le burn-out comme maladie du travail. Le burn-out français est-il moins grave ?

Il faut non seulement apporter réparation au salarié par la reconnaissance officielle de son état, mais également condamner et modifier les conditions de travail délétères et totalement contre productives.

Certes, les partenaires sociaux souhaitent que la prévention des risques psychosociaux figure dans les priorités resserrées du Plan Santé au Travail, le PST3. Des travaux sont en cours associant l'administration, des experts et les principaux organismes de prévention pour produire un premier document visant à mieux caractériser le syndrome du burn-out et, surtout à produire des recommandations. C'est un premier pas.

Mais, pour citer le député UMP des Yvelines, Jean-Frédéric Poisson : "Entre le constat d'une dépression et le constat d'un épuisement professionnel il y a un monde ! Le burn-out n'est pas lié à un tempérament prédisposé, c'est le résultat d'une certaine organisation du travail." Tout est dit.

En savoir plus
La véritable expression : "Faire suer le burnous" a été utilisée dans les pays du Maghreb durant la colonisation. Elle peut se traduire par "Exploiter la main-d'œuvre"...

(1) Code de la sécurité sociale. - Article L461-1

(2) Burn out – Etude clinique et organisationnelle (janvier 2014)



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