L'augmentation de la pauvreté : c'est le pari perdu du RSA

19-11-2013  LIBRE
Le Centre d'études de l'emploi est un établissement public de recherche. Il a pour mission de produire des recherches et connaissances susceptibles d'éclairer l'action des pouvoirs publics et des acteurs économiques et sociaux, dans le domaine de l'emploi. Ce n'est pas un repère de gauchistes, c'est le moins que l'on puisse dire.

Or, cet organisme vient de sortir un rapport accablant intitulé : "Le pari perdu de la réduction de la pauvreté par le RSA". En fait, cette note documentée sur le RSA date de juin 2013, mais elle vient seulement d'être rendue publique.

Voici en termes choisis la synthèse de ce document qui ne laisse aucune place à l'hésitation :
"Le revenu de solidarité active (RSA), entré en vigueur le 1er juin 2009 en remplacement du RMI et de l'API, était censé permettre de pallier l'enfermement des allocataires dans une « trappe » à inactivité, en alliant incitation à la reprise d'emploi et complément de revenus.

L'analyse des trajectoires des bénéficiaires du RSA montre que le dispositif n'est performant ni en matière de retour à l'emploi ni en matière d'amélioration des revenus :
- d'une part, 69 % des allocataires du RSA-socle seul en janvier 2010 y sont toujours en fin d'année,
- d'autre part, 68 % des éligibles au RSA-activité seul ne demandent pas la prestation.

Le RSA s'est révélé impuissant à réduire significativement la pauvreté. Faute de résultats probants, l'indicateur qui mesure la sortie de la pauvreté a d'ailleurs disparu, signant l'abandon de l'objectif initial.
"

Nous ne serions mieux dire... Les associations qui officient dans l'assistance aux personnes éligibles au RSA nous alertent depuis des années. Elles n'ont pas de mots assez durs pour qualifier ce "machin qui ne sert à rien" pour résumer une pensée partagée.

C'est le rapport Sirugue de juillet 2013 (1) qui, le premier, a posé la question d'une remise en cause de ce statut. La note documentée du Centre d'études de l'emploi (2) vient achever une description apocalyptique de ce Revenu de solidarité active qui n'est ni solidaire ni actif et qui n'a rien d'un revenu.

Dans la note de synthèse, le rapport explique que "Le RSA activité, créé en 2008, n'a pas trouvé son public : seul un tiers des bénéficiaires potentiels y recourent. Parmi les facteurs explicatifs, la nature même de ce dispositif, qui l'ancre dans une logique de minimum social, joue un rôle important. La complexité de la base ressources et les modalités de gestion administrative expliquent également que le dispositif ne soit pas monté en charge, après 5 ans d'existence."

Peut-on espérer que le RSA soit au moins amélioré sinon supprimé et remplacé par une allocation spécifique ? Ce n'est visiblement pas le souhait du gouvernement dont nous expliquions le 8 janvier 2013 que le RSA risquait de remplacer le SMIC...

En savoir plus
(1) Rapport Sirugue de juillet 2013 - Format PDF

(2) Le pari perdu de la réduction de la pauvreté par le RSA

Le pauvre est un riche qui s'ignore : l'Etat lui doit 6 milliards - Lettrasso du 23-04-2013



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