L'épistémè de l'été

06-08-2018 SOCIETE LIBRE
Sous le printemps pluvieux qui noya la France sous des trombes d'eau, le réchauffement climatique n'avait pas bonne presse. Difficile de croire à une hausse du thermomètre quand les données climatiques visibles démentent les prévisions. Depuis le 20 juillet, il en va autrement. Et nos bistrots bruissent des conversations de nos contemporains suants et ahanants sous un soleil de plomb. Ainsi allons-nous entre scientisme pointu et croyances archaïques.

"L'épistémè d'une époque renvoie à une façon de penser, de parler, de se représenter le monde, qui s'étendrait très largement à toute la culture". Ainsi l'expliquait le philosophe Michel Foucault, lors d'un débat avec Noam Chomsky en 1971.

Plus tard, lors d'un entretien en 1977, il approfondira encore le concept : "comme le dispositif stratégique qui permet de trier, parmi tous les énoncés possibles, ceux qui vont pouvoir être acceptables à l'intérieur d'un champ de scientificité, et dont on pourra dire : celui-ci est vrai ou faux. C'est le dispositif qui permet de séparer, non pas le vrai du faux, mais l'inqualifiable scientifiquement du qualifiable."

Foucault qui ne passait pas pour un grand vulgarisateur est resté sur sa montagne nous laissant, de fait, orphelin de sa connaissance. Mais on perçoit tout de même, intuitivement, ce que le philosophe veut nous dire. L'épistémè ou l'esprit d'une époque. Et la nôtre en manque cruellement. Non pas que les sujets de s'interroger soient absents, mais ils passent trop vite. Un Benalla chasse l'autre, difficile de poser une question, à peine le temps de lever le doigt et déjà...

Ainsi, d'après Michel Foucault, il paraît évident qu'à un moment de l'histoire et dans une culture donnée, les manières de penser sont relativement homogènes, puis qu'elles changent pour se recomposer d'une autre manière à l'époque suivante. Oui Michel, il est certain que, d'une époque à l'autre, on ne pense pas de la même manière, car le monde change et que les individus puis les sociétés, s'adaptent.

Partant de cette assertion, on peut se risquer à une constatation. Le Moyen-Age et la Renaissance n'avaient que peu de points communs. Il y a incontestablement, un avant et un après Révolution. Les Lumières avait un esprit que le 19ème siècle a perdu. L'avant grande guerre n'avait que peu à voir avec l'entre-deux guerres. Les années 50 ont sombré dans les années 60 qui ont coulé dans les années 70. Puis les années 80, 90, 2000. Ne trouvez-vous pas que l'épistémè est de plus en plus rapide ? L'épistémè, l'esprit d'une époque ou d'une année ? En 2018, on ne dit plus "qu'est-ce que l'homme ?", mais "où va-t-il ?".



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