Ministère affolé cherche enseignants désespérément

25-07-2016 SOCIETE LIBRE
Aujourd'hui, ne pas avoir son Bac, est un véritable parcours du combattant. On peut répondre à côté du sujet. On peut copier sur le voisin, ont peux m'aime fère vain fotte part fraze, on termine toujours son année de Terminale avec le diplôme tout neuf. Certes, c'est la mention qui fait la différence et nul besoin d'être grand clerc pour comprendre que les "Bacs sans" ont encore moins de valeur que le certif de nos jeunes années... Il n'empêche : 88.5 % des candidats l'ont obtenu ! Notre pays possède l'une des jeunesses la mieux éduquée du monde.

Je vous vois faire la moue. Vous en doutez ? Vous n'êtes pas le seul. Même les postulants au professorat en doute, à tel point qu'ils se font de plus en plus rares à répondre aux sirènes éduquées d'une Education Nationale qui est plus nationale qu'éducative...

Pour la rentrée 2016, le Capes de mathématiques proposait 1 440 postes pour... 1 134 candidats. Idem pour celui d'anglais qui offrait à 1 055 candidats 1 225 postes sans compter les Lettres modernes, l'allemand, etc. Pour le latin et le grec, nous sommes au-delà du delà puisque 70% des postes n'ont pas été pourvus. Une véritable hécatombe.

Il faut dire que tout a été fait pour rebuter les aspirants potentiels : les réformes idiotes (la dernière en date a même décroché le pompon), la dévalorisation du métier par les médias et les politiques (même Télérama n'y croit plus, c'est vous dire...), le salaire de misère (1 660 euros après 10 ans d'ancienneté pour un professeur des collèges) et surtout l'impression de ne pas pouvoir aider les élèves à progresser. Alors pourquoi s'engager dans une voie à laquelle l'Etat lui-même semble ne plus croire.

Du coup que va-t-il se passer à la rentrée, quand devant des classes surchargées, le manque se fera sentir ?

C'est oublier un peu vite que nous possédons une administration pleine de ressources et que le monde entier nous envie à tel point que d'aucun souhaite sa délocalisation...

Et cette administration admirable a trouvé la parade : puisqu'il est impossible de recruter de vrais professeurs diplômés, formés et sous payés, il n'y a qu'à embaucher des faux professeurs sans diplôme ni formation et mieux les payer. Elémentaire mon cher Dupond !

Aussitôt dit, aussitôt fait et nos ronds de cuir ont immédiatement contacté tous ceux qui ont été recalés au Capes pour leur proposer, séance tenante, un poste de contractuel avec un indice moyen de 498 contre 376 pour ceux qui ont obtenu le Capes.

Cette différence de points entre deux indices peut paraître obscure pour le non initié. Mais il suffit de savoir que cela peut faire une différence de 500 euros par mois, selon les rectorats, au bénéfice des non diplômés pour comprendre que la rentrée risque d'être intéressante à suivre...

Bien sûr ces nouveaux précaires seront, dès que juillet sera venu, renvoyés à Pôle emploi. Et que faisiez-vous toute l'année ? J'enseignais dame fourmi. Eh bien dansez maintenant !

Cette situation est tellement triste que l'on ne peut que constater que l'Ecole républicaine, celle des Hussards noirs que Charles Péguy adorait (lire son beau roman l'Argent), est définitivement enterrée. A la place, subsiste un champ de ruines sur lequel ne peuvent pas pousser ces "jeunes maîtres beaux comme des hussards noirs ; sveltes, sévères, sanglés, sérieux et un peu tremblants de leur précoce, de leur soudaine omnipotence." Sur les 88.5 % de bacheliers en 2016, combien savent qui est Charles Péguy ?



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