Un homme fabrique des glaciers à 4000 mètres d'altitude dans l'Himalaya

12-06-2018 SOCIETE LIBRE
Les technocrates, si on leur donnait le Sahara, dans cinq ans il faudrait qu'ils achètent du sable ailleurs. Cette citation de Coluche s'adapte parfaitement à la situation climatique qui prévaut dans l'Himalaya et ailleurs. A 4000 mètres d'altitude, il n'y a plus de glaciers dès la fin du mois de mars. Je répète : à 4000 mètres d'altitude, il n'y a plus de glaciers dès la fin du mois de mars.

Situation qui entraîne une désertification des vallées habituellement riches en torrents et rivières. Par comparaison, peut-on imaginer nos herbeuses vallées en manque d'eau dès la fin du mois de mars ?

Certes, avec la pluie qui nous assaille depuis près d'un mois, le manque d'eau n'est pas à prévoir dans l'immédiat. En revanche, le pourrissement des cultures et l'érosion des sols ne sont pas des situations plus enviables. Le réchauffement climatique nous montre, beaucoup plus rapidement que prévu, les difficultés qui nous attendent. La COP 21 est loin derrière nous et le thermomètre se moque bien de nos atermoiements.

Un désert de terres arides s'étend au pied du village de Phyang, hameau perché sur le haut plateau himalayen du nord de l'Inde, non loin de Leh, la capitale du Ladakh. Coiffé d'un béret français et habillé d'une robe de laine épaisse typique, l'ingénieur Sonam Wangchuk ne ressemble pas à nos Centraliens. Ce qui ne lui retire aucun talent bien au contraire. Puisque la glace fond trop vite, on va créer un frigo grandeur nature.

L'idée est très simple : offrir une réponse himalayenne à un problème himalayen. Dès le mois de novembre, il construit des dômes recouverts de branchages à partir desquels l'eau détournée d'un ruisseau voisin jaillira sous pression. Par moins quinze, l'eau gèle en retombant et tel un stalagmite commence son érection qui peut atteindre jusqu'à 50 mètres de hauteur.

A la fin du mois de mars, alors que ne règne que la sécheresse, le glacier artificiel délivre au compte-gouttes ses quelques 16 millions de litres d'eau et permet d'irriguer les environs. Certes, il ne s'agit que d'une expérimentation réalisée en partenariat avec le monastère voisin. Fin tacticien, notre ingénieux ingénieur sait qu'il lui faut composer avec les religieux pour que son idée s'impose petit à petit dans les autres villages.

A terme, il envisage l'implantation de 90 glaciers autour de Phyang. Modeste, Sonam Wangchuk l'est sans aucun doute puisqu'il cite abondamment le nom de l'inventeur du procédé : Chewang Norphel autre ingénieur. Mais, cet autre "homme des glaces" a fait une erreur en implantant ses "frigos" trop haut (5200 mètres d'altitude). Trop difficile à gérer, l'expérience a été stoppée faute de moyens. Erreur que Sonam Wangchuk s'est bien gardé de reproduire.

Si le développement durable est un développement qui répond "aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins", alors Sonam Wangchuk démontre son sens aiguë de l'intérêt général. Et si nos Centraliens partaient faire un stage dans l'université que l'ingénieur a créé pour former des disciples ?

En savoir plus
Le Facebook de Sonam Wangchuk

Territoires zéro chômeur de longue durée
Dans la série, ici et maintenant, l'expérimentation de l'association TZCLD démontre, tout comme le fait à sa façon, le projet de Sonam Wangchuk, qu'il est possible de sortir du chômage de longue durée sans perdre son âme ni son temps. Rediriger les budgets publics issus des coûts de la privation d'emploi pour financer les emplois manquants en assurant de bonnes conditions de travail au sein d'entreprises à but d'emploi (EBE) est une idée simple qui fonctionne. Une visite sur le site de l'association s'impose.
Territoires zéro chômeur de longue durée - TZCLD



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